•          Pour ceux que mes allusions précédentes à "la mort" ont effrayés, je ne peux résister à l'envie de vous faire découvrir, comme je viens de le faire, cette vidéo d'un enseignement de Jean-Yves Leloup sur le baptême dans le Jourdain.

           "Trépasser" selon lui, c'est "faire trois pas", qui correspondent à ceux du véritable baptême (de "baptidzeïn" en grec qui signifie "plonger dans l'eau").

        - le premier, c'est la purification : par l'immersion dans l'eau, on se nettoie complètement de son passé et c'est ce qu'on appelle communément "la mort du vieil homme".

        - le second, c'est l'illumination : par l'onction d'huile on devient soi-même Messie ou Christ, Celui qui est "oint", c'est-à-dire Fils Unique de Dieu.

        - le troisième, c'est l'union : par l'Eucharistie, c'est-à-dire par la nourriture on devient UN avec Tout ce qui est.

     

        Ce discours est d'une grande richesse, puisqu'il nous rappelle que le Jourdain, fleuve dont on ne peut voir la source, est une image de ce qu'est le Fils, que l'on voit et qui est issu du Père que l'on ne voit pas, animé par l'Esprit qui est le Mouvement reliant les deux en permanence ; et que nous plonger en lui c'est nous plonger dans le "JE SUIS", pure sensation d'être dont la Source nous devient perceptible par cette seule plongée ...

     

     

         Une fois le fleuve "Je Suis" découvert (qui doit être, le souligne Leloup, une "eau vive" !), une fois cette plongée réellement effectuée, à nous de nous maintenir dans la profondeur  jusqu'à ce que d'autres pas soient possibles... Car l'action effectuée devant les prêtres n'est jamais qu'un symbole !

           Et c'est là que Jean-Yves Leloup s'avère plus que jamais le frère jumeau de Nisargadatta Maharaj, dont la formule "Sois !" rappelle que la seule voie vers notre Vérité consiste à demeurer plongé dans l'Être pur, dans la simple Présence à soi-même.  

            Et comme il l'ajoute ensuite, cette vérité a justement pu être redécouverte par un de ses amis converti au Yoga, quand se plongeant dans le Gange il s'est soudain souvenu de son baptême, et a réalisé les effets puissants de cette pratique !

     


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    Seigneur, où que j'aille, c'est Toi que je vois.

    Où que je sois, Tu es.

     

    La beauté de ta maison

     

    Domine, dilexi decorem domus tuae
    Et locum habitationis gloriae tuae.

    Seigneur, j'aime la beauté de ta maison
    Et le lieu où habite ta gloire.

    Psaume 26, 8

     

        Ce verset de psaume est merveilleusement mis en musique par Olivier Messiaen à la fin de son œuvre "La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ", dans la section qu'il intitule : "Choral de la Lumière de Gloire".

         Malheureusement l'enregistrement ci-dessous, qui est excellent, est accompagné d'une image bien sombre ... Cependant il n'est pas interdit de s'interroger sur l'idée que, si tout est Sa Lumière, on trouve celle-ci même dans la douleur et l'obscurité.

     

     


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  •        Certains d'entre vous ont peut-être été désarçonnés l'autre jour en lisant que les pieds du Maître représentaient l'Univers entier (voir ici) et que la totalité de la manifestation n'était jamais que l'ongle de l'orteil de Dieu, de cet Être infini qui est la seule Réalité.

           Mais comment être libéré si ce n'est en prenant conscience de l'insignifiance de ce que nous sommes et de ce qu'est le monde face à l'immensité de l'Être ? L'Univers, la Vie, ne sont qu'une somme de perceptions et de pensées surgies on ne sait comment de la Conscience suprême ; une "apparition spontanée" selon Nisargadatta Maharaj et un rêve ou un simple jeu pour bien d'autres ; et de même qu'elle est marquée par la dualité, de même ayant eu un commencement elle aura une fin.

            Aussi, pourquoi ne pas en profiter dans la joie, en nous éveillant à cette chance extraordinaire que nous avons de ressentir, d'expérimenter ? En nous la Conscience divine se projette et se contemple, c'est pourquoi nous sommes appelés "ses enfants".

     

               Voici une série d'images relatant cette merveilleuse aventure. Il s'agit de montages que j'ai confectionnés à partir d'images du net, en me souvenant que la Pleine Lune de mercredi était aussi celle du Wesak, celle qui rappelle la venue puis le départ et surtout l'Illumination du Bouddha.

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       Au commencement (avant que nous n'apparaissions) était l'infini de l'Être absolu.

     

    Être suprême

       

           Mais voici que de cet Être magnifique surgit un Lotus dans lequel Il se mira.

     

    D'après un tableau d'Altayr


       Alors apparut au Cœur du Lotus un Joyau ...     

     

    Naissance

     

           Et ce fut l'Univers ! La Vie !

     

    Naissance

     


         Si vous activez ce lecteur de musique, vous entendrez le thème splendide de Rachmaninoff (1) qui a inspiré tant de compositeurs de musiques de film (particulièrement John Barry pour Somewhere in Time) et déborderez peut-être de gratitude.

          Pourtant, il faut savoir qu'il n'avait fait que retourner (et donc reproduire à l'envers) le thème agité et grinçant de Paganini qui était le sujet de son œuvre ; et qu'au début puis à la fin de cette Rhapsodie il ajoute une citation du Dies Irae, thème chanté depuis le moyen-âge aux messes de Requiem et représentant la terreur devant la mort (voir ici).

          Eh oui ! L'Ineffable ! La Beauté absolue, l'Amour parfait, tout le monde essaie de l'exprimer ! Tout le monde voudrait les dire, les chanter, les crier ! Mais personne n'y parvient ; car chacun n'en exprime qu'une partie... Et ainsi, c'est la Totalité qui les exprime, c'est l'immensité des choses qui crie la Beauté et l'Amour, dans un ensemble où Vie et Mort, Joie et Douleur, Puissance et Faiblesse sont indissolublement liées.

          ... Et ce n'est qu'un claquement de doigts dans le rêve de Dieu ; un sourire furtif, l'éclair de la Lumière.

              Et nous sommes Cela.

     



    (1) Rachmaninoff, Rhapsodie sur un thème de Paganini, Variation n°18 qui clôt la partie centrale de l'oeuvre.


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