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    L'Ecclésiaste

     

     

    « Illusion, tout est illusion.

    À quoi bon toute la peine des humains sous le soleil ?

    Les générations se succèdent, la Terre est encore là.

    Le soleil se lève, le soleil se couche.

    Il va vers là d'où il vient, le vent tourne,  du midi au nord, il retourne au vent.

    Les fleuves coulent vers la mer et la mer n'est pas remplie, ils n'en finissent pas de couler.

    Toutes les paroles sont usées, incapables de dire, l’œil n'est jamais satisfait de ce qu'il voit, l'oreille n'est jamais remplie de ce qu'elle entend.

    Ce qui fut sera, rien de nouveau sous le soleil.

    Quelqu'un dit : « Voici du nouveau » ; cela était dans les siècles qui nous ont précédés.

    On ne se souvient pas de ce qui était, on ne se souviendra pas de ce que nous sommes.

    Moi, Qohélet, j'ai été roi d'Israël à Yeroushalaïm.

    De tout mon cœur j'ai cherché la Sagesse et observé tout ce qui se passe sous le ciel ; c'est un dur travail qu'Elohim, « l'Être qui fait être tout ce qui est », donne aux enfants des hommes pour qu'ils s'y exercent.

    J'ai observé tout ce qui se passe sous le soleil : tout est illusion et illusoire, poursuite du vent.

    Ce qui est tordu reste tordu, ce qui manque ne peut être mesuré.

    Je me suis dit à moi-même : voici que j'ai amassé et accumulé toutes sortes de savoirs plus que quiconque avant moi à Yeroushalaïm.

    J'ai acquis science et sagesse pour comprendre la bêtise et la folie : je sais maintenant que cela aussi est illusion, poursuite du vent. »


    L'Ecclésiaste (Le Qohélet)
    Adaptation de Jean-Yves Leloup
    (Presses du Châtelet, 2016)

     

     


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  •        Ce que dit Christiane Singer dans le texte cité précédemment n'a rien d'exceptionnel.

            C'est en parfait accord avec ce qu'écrivait Aurobindo dans ce passage cité sur mon blog il y a quelques années :

     

    «    Ce n'est que lorsque le voile est déchiré et le mental divisé dominé, silencieux et passif sous l'action supramentale, que le mental lui-même retourne à la Vérité des choses.

         Là nous trouvons une mentalité réflectrice, lumineuse, qui obéit et sert d'instrument à l'Idée-réelle divine. Là nous percevons ce qu'est réellement le monde ; nous savons de toutes les manières que nous-mêmes sommes en autrui, qu'autrui est nous-mêmes et que nous sommes tous l'Un universel qui s'est multiplié.

            Nous perdons la position individuelle rigoureusement séparée qui est la source de toute limitation et de toute erreur.  »

    ( La Vie divine, Albin Michel Spiritualités vivantes, tome 1, p.226)

     

          Nous nous souviendrons aussi de ce qu'écrivait Ivan Wyschnegradsky, dont "la Journée de l'Existence" m'a si longtemps poursuivie de ses questionnements métaphysiques :

     

    Quelque chose de nouveau, d’immense, de sublime s’accomplit,
    Un miracle comme il n’y en a pas eu jusqu’ici…

    Ah… Les flots d’un amour ineffable m’envahissent
    Et me portent sur leurs ailes.

    Ô vous, mes proches et mes lointains,
    Et vous, choses de tout l’univers,
    Je suis en vous, vous êtes en moi,
    Dans mon souffle - dans mon amour -
    Unique, tout-puissant, illimité… !


    Ivan Wyschnegradsky, La Journée de l'Existence,

    L'obtention - Entrée dans l'état final parfait
    (écouter ici de 44'58 à 45'50) 

      

    Autrement dit...


    Quand tout converge, on sait que l'on se rapproche de la Réalité...

     

     


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  •       À la demande de Capitaineecho dans son commentaire à l'article précédent, je reproduis ici le merveilleux texte de Christiane Singer que j'ai trouvé il y a quelques jours sur facebook (publié par Milko Angelo Mestdagh le 26 juillet).

            Il témoigne de ce que l'on découvre lorsque l'on se détache du corps qui nous emprisonne.


          

    Christiane Singer

     

    « C’est du fond de mon lit que je vous parle, et si je ne suis pas en mesure de m’adresser à une grande assistance, c’est à chacun de vous que je parle au creux de l’oreille. J’ai toujours partagé tout ce que je vivais. Toute mon œuvre était un partage de mon expérience de vie. J’ai voulu faire de la vie un haut lieu d’expérimentation.

    Ma dernière aventure ? Deux mois d’une vertigineuse et assez déchirante descente et traversée. Avec surtout le mystère de la souffrance. J’ai encore beaucoup de peine à en parler de sang froid. Je veux seulement l’évoquer. Parce que c’est cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence, calcinée jusqu’à la dernière cellule.

    Il y a eu une nuit surtout où j'ai dérivé dans un espace inconnu. Et ce qui est bouleversant, c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure ! Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, c’est l’immersion. L’Amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création. Et c'est pour en témoigner finalement que j'en sors parce qu'il faut sortir pour en parler. Comme le nageur qui émerge de l'océan et ruisselle encore de cette eau. C'est un peu dans cet état d'amphibie que je m'adresse à vous. On ne peut pas à la fois demeurer dans cet état, dans cette unité où toute séparation est abolie et retourner pour en témoigner parmi ses frères humains. Il faut choisir.

    Je croyais jusqu’alors que l’Amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige. Au fond, je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n’y a en vérité rien à craindre. Oui c’est la bonne nouvelle que je vous apporte.

    Ma voix va maintenant lentement se taire à votre oreille ; vous me rencontrerez peut-être ces jours errant dans les couloirs car j'ai de la peine à me séparer de vous.

    La main sur le coeur, je m'incline devant chacun de vous. »


    Christiane Singer

     

    « L’Amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création. »

    « On ne peut pas à la fois demeurer dans cet état, dans cette unité où toute séparation est abolie et retourner pour en témoigner parmi ses frères humains. Il faut choisir. »

    « Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. »

     

     

          


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