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    Voici pourquoi est apparue la Séparation :

    Pour que l'Amour soit ressenti ;

    Puis la Souffrance ;

    Puis la Tristesse ;

    Puis la Joie.


    Pour que l'Amour soit extériorisé,

    Que la Beauté soit perçue,

    Que la Forme soit vue,

    Et les sons entendus,

    Et les saveurs goûtées ;

    Et que le Miracle naisse dans le Cœur comme éclot une Fleur.

     

    Ainsi naquit la Trinité :

    De la Source ou Sujet ou Père

    S'extrait la Créature ou Objet ou Fils,

    Ce qui libère entre eux un puissant courant d'Amour appelé aussi Vision ou Esprit Saint.

    De la Source Vide, Immobile et Silencieuse émane la Vie qui est Mouvement et Forme, et entre elles circulent les opérations mentales - ressentis, émotions, pensées.

    De cette Séparation est né l'Espace, distance du Père au Fils qui est aussi Esprit Saint, Blessure d'Amour que rien ne peut guérir ;

    Et le Temps, attribut de l'Espace né du désir de Retour.

    Toutes les relations humaines reflètent ce modèle de base.

    Toute la douleur humaine a son fondement dans cette Vérité.

     

    Ainsi nos rencontres ne sont que symboles.

    Rien de ce qui apparaît n'est Réel ;

    N'est Réel que ce que nous ressentons alors.

    Les mots que je dépose ici sont brûlés à mesure parce qu'ils sont faux.

    Il n'y a qu'une brûlure : la brûlure de l'Amour.

    Il n'y a qu'un mot : le Cri, modulé de toutes les façons.

    Jésus poussa un grand cri et expira.

    Le Père a entendu son Enfant crier Grâce et il a frappé.

    Le Maître, Archer Suprême, atteint toujours sa cible.

    L'Enfant nouveau-né ne peut manquer le sein de sa Mère.

    Il ne peut y avoir d'erreur puisqu'il n'y a qu'une seule Blessure,

    Un seul Sang versé,

    Un seul Souffle émis,

    Une seule Larme coulée.

     

     Mais que d'épreuves traversées dans cette seule Larme d'Amour !

     

    Crucifixion- peinture Italienne du XVe siècle

     

     


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    Tarot Zen - L'Innocence

     

    Le Créateur dit à sa créature :


    Aujourd'hui je t'ai créée.

    Aujourd'hui je t'ai voulue, plus fragile que tout ce qu'il peut y avoir de plus fragile, plus délicate que tout ce qu'il peut y avoir de plus délicat, plus infime que tout ce qu'il peut y avoir de plus infime.

    D'un seul geste je peux t'écraser et t'anéantir totalement.

    Pourtant je ne le ferai pas, car tu es la touche ultime de ma création. Tu es tout ce qu'il y a de plus infime, tu es un point à peine perceptible, à peine concevable... Mais tu es ma touche finale, sans laquelle ma création ne serait pas parfaite, ne serait pas ce qu'elle est.

    Sans toi mon Œuvre n'est pas achevée. Tu es unique et essentielle.

    C'est pourquoi je t'ai placée au cœur du cœur de ma Plénitude Sans Nom, afin qu'autour de toi tout s'harmonise.


    La créature au Créateur :

     Maître, si c'est vraiment le cas, pourquoi suis-je toujours si affamée de toi, comme si tu étais loin ?


    Le Créateur :

    C'est que j'ai imprimé mon Sceau sur ton cœur, afin que tu ne m'oublies pas.

    Mon Sceau est : « Je Suis ».

    Il flambe en toi, m'appelant sans cesse. Il brûle et te dévore, et te consumera jusqu'à la fin.


    La créature :

     Qu'est-ce que "la fin" ?


    Le Créateur :

    Je Suis le Commencement et la Fin.

    Jusqu'à la fin de "Je Suis", quand Tout se résorbe en son Principe.

     

    Auteur inconnu

     

     


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             Voici un autre poème de Rûmî dans un genre moins didactique, plus personnel.

           Je ne sais pas d'où il est tiré car je l'ai trouvé incidemment sur le net, et en anglais.

              Mais quelle beauté !

     

    Lune se levant sur la mer

     

    Je suis saturé de nuits sans sommeil,
    De ma douleur muette,
    De ma sagesse fatiguée.
    Viens mon Trésor,
    Mon Souffle de Vie, viens et panse
    Mes blessures et sois mon remède.
    Assez de mots.
    Viens à moi sans un bruit.


    Assez de mots.
    Viens à moi sans un bruit.

    Viens mon Maître, viens, ne te détourne pas de moi,
    Viens ma Lune traîtresse !
    Vois cet amant triste et assoiffé,
    Viens mon Roi ivre !


    Tu es ma vie, mes sens, Tu es tout !


    Sois la Lune qui se lève dans mes nuits noires,
    J'ai soif de ta Lumière.
    Prends mes mains, vois par mes yeux,
    Entends par mes oreilles.
    Tu es l'âme de tout ce qui vit.


    Viens, reviens danser comme les rayons du Soleil
    Et chasser les ombres.
    Tu es la bannière du Monde Nouveau
    Et l’esprit est à tes pieds.


    Reviens mon Amour,
    Mon cœur brisé ne peut supporter plus de passion,
    Plus de promesses.


    Je suis saturé de nuits sans sommeil,
    De ma douleur muette, de ma sagesse fatiguée.
    Viens mon Trésor, mon Souffle de Vie
    Viens et panse mes blessures et sois mon remède.


    Assez de mots.
    Viens à moi sans un bruit.


     

    Fontaine

     

     


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  •          Fêter la mère qui nous a porté est un devoir : c'est reconnaître que la Vie nous a été transmise, c'est nous incliner devant la puissance qui a produit ce corps et toutes ses fonctions, grâce auquel nous nous ouvrons à la Lumière de la Conscience et à la connaissance de la Vérité. 

          Cependant c'est devant la Mère Primordiale que j'aimerais aujourd'hui m'incliner ; Celle que l'on peut représenter de mille façons suivant la culture qui nous a nourri et notre sensibilité du moment, mais qui malgré l'image un peu désuète que je vous en propose est bien autre chose que la mère de Jésus.

     

    Notre-Dame du Sacré-Coeur - Issoudun - Statue du Parc

     

     

    O Vacuité première qui engendres le Tout
    Incommensurable Splendeur
    Qui rayonnes à l'infini
    Devant Toi je m'incline


    O Sagesse insondable
    Océan de Clarté Pureté ineffable
    D'où le Verbe jaillit
    Sois louée glorifiée


    O Puissance d'Amour ici partout présente
    Toi qui portes les choses et nous-mêmes en Ton Sein
    Que soit chantée Ta Grâce
    Tes enfants Te bénissent

     

     


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    Tarot des Dakini-Solar Return


        Cette lame du tarot des secrètes Dakinis évoquant la "nouvelle lune" semble indiquer que, à l'instar de la lune qui cache le soleil et n'en laisse voir que les manifestations comme pour faire croire qu'elles sont de son fait, de même l'ego se dresse devant l'être véritable et s'arroge la responsabilité de son action.   


        Ce jeu de cache-cache engagé entre le Soleil et la Lune, archétypes des deux grands pôles qui nous caractérisent (être profond-personnalité apparente, conscient-inconscient, réel-imaginaire, émetteur-récepteur, masculin-féminin, jour-nuit, yin-yang, etc.) et donc de la dualité, me ramène tout naturellement à l'Évangile de Philippe qui consacre de nombreuses pages à ce que Jean-Yves Leloup traduit par l'étreinte sacrée, Alliance suprême sensée se réaliser dans la chambre nuptiale et dont la finalité efface cette dualité. 

     

    «  Ceux qui prient vraiment à Jérusalem,
    tu les trouveras seulement dans le Saint des saints...
    la chambre nuptiale.

    Qu'est-ce que la chambre nuptiale
    sinon le lieu de la confiance et de la conscience dans l'étreinte :
    une icône de l'Alliance,
    qui est au-dessus de toute forme de possession ;
    c'est là que le voile se déchire du haut en bas,
    c'est là que quelques-uns s'élèvent et s'éveillent.

    Les pouvoirs ne peuvent rien contre ceux qui sont revêtus de lumière,
    ils ne peuvent les voir.
    Tous revêtiront cette lumière
    lorsqu'ils entreront dans le mystère d'une étreinte sacrée.

    Si la femme ne s'était pas séparée de l'homme,
    elle ne serait pas morte avec l'homme.
    Sa séparation a été à l'origine de la mort.
    Le Christ vient à nouveau guérir cette déchirure,
    retrouver l'unité perdue,
    vivifier ceux qui se tuent dans la séparation,
    les rétablir dans l'union. »

    Évangile de Philippe traduit par Jean-Yves Leloup,
    pages 76 (fin) à 78 

     

    Tarot des Dakinis-Wish full filling Gem


           N'est-ce pas la puissance de l'Amour, évoquée ici par les mots "confiance" et "conscience", qui rétablit l'harmonie nécessaire ? L'ouvrage est long et revient sans cesse sur ce sujet, l'éclairant sans cesse en l'approfondissant, et j'ai eu peine à choisir le passage à citer. Mais je dois aussi avouer que Jean-Yves Leloup y apporte une interprétation limpide avec l'adaptation qu'il donne, distinguant par là nettement son texte des versions en ligne, beaucoup plus elliptiques.

         Malgré les tentatives de certains commentateurs de rapprocher ces unions sacrées de relations sexuelles purifiées ou inspirées, il est évident que la chambre secrète n'est pas un lieu extérieur du monde visible, mais un espace intérieur.

          Même la tradition tantrique qui m'a offert la belle illustration ci-dessus (extraite du  Tarot des secrètes Dakinis de Nik Douglas et Penny Singer), n'est pas sans évoquer nettement, plus que l'union du "masculin sacré" et du "féminin sacré", celle du Bien-Aimé Divin avec sa Bien-Aimée l'Âme humaine.

         En effet, qu'est venu réparer le Christ ? Certainement pas une vision du mariage, la femme dont il est question étant l’Ève du Jardin d'Eden ; mais la séparation entre la personnalité extérieure de l'homme et sa nature spirituelle profonde.

         Et comme l'indique à la perfection cette lame de tarot, le Lieu intime où se produit la rencontre pourrait bien être ce "Joyau des Désirs du Coeur", le Chintâmani sanskrit puis bouddhiste, la pierre précieuse enfouie au plus profond de soi et que l'on a longuement ciselée puis éclaircie jusqu'à en faire l'Espace-Temple évoqué par Jean-Yves Leloup.

          Encore une fois, ici toutes les mystiques se rejoignent, puisque Attâr évoquait lui aussi ce lieu à la fin du "Cantique des Oiseaux". Ici le Roi amoureux du fils de son vizir découvre enfin que celui qu'il croyait avoir lui-même tué (par dépit) était en fait bien vivant... Certains mots sont transcrits en italique par mes soins pour souligner les points étonnants. 

     

    « Le roi tomba à terre et l'enfant dans le sang,
    Ô stupeur ! Mais qui peut saisir ce qu'est cela ?

    Désormais, j'aurais beau parler, c'est indicible
    Car personne n'a pu et ne pourra percer
    La perle qui se trouve au profond des abysses...

    Le roi fut libéré de la séparation,
    Tous deux se retrouvèrent au pavillon intime.

    Au-delà de ce point, nul ne sait les secrets
    Car ici nul ne vient s'il n'est pas familier ;

    (...) Qui suis-je, moi, pour dire ce qui advint alors ?
    Et si je le faisais, je signerais ma mort. 

    (...) Il faut donc le silence, seulement le silence... »


    Cantique des Oiseaux traduit par Leili Anvar
    distiques 4471 à 4489 (extraits)


        

     


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