•   Ce poème a été composé et déjà publié sur ce blog le 17 novembre 2010, au moment où ont été prises ces photos ; chaque année les grues passent sur Issoudun vers midi à la mi-novembre en allant vers le sud et à la mi-février en allant vers le nord... Elles sont passées aujourd'hui vers 12h30. Il faisait gris, mais un peu moins que ci-dessous.



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      Le ciel est gonflé de nuages
    Dans l'air chargé d'humidité
    Retentissent des cris sauvages
    Jaillissant de l'obscurité

      

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    D'étranges formes apparaissent
    Dessinant flèches ou museaux
    En rangs serrés elles se pressent
    Flottant comme des serpents d'eau

     

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    Mais oui ces cris ce sont les grues
    Fuyant l'hiver et ses excès
    Filant en escadrilles drues
    Dans la bruine et le vent glacé

     

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    Devant les meneuses s'activent
    Exhortant de leurs cris puissants
    Toute la chaîne des passives
    À
     poursuivre un effort constant

     

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      Ce sont des colliers des guirlandes
    Qui apparaissent à nos yeux
    Train après train elles s'étendent
    Et s'évanouissent dans les cieux

     

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      C'est tout un peuple qui traverse
    Groupe après groupe il en revient
    L'espace immense les disperse
    Mais leur cap ferme se maintient

     

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     C'est le courage et c'est la vie
    Comme de bons petits soldats
    Aucune d'elles ne dévie
    Même si la fatigue est là

     

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    Leurs cris perçants sont des trompettes
    Elles chantent pour s'entraîner
    À
     chaque escadron se répète
    Leur concert sans jamais freiner

     

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      On croirait voir passer l'armée
    Dans un défilé triomphal
    Irréprochablement formée
    Sous les ordres d'un général

     

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      Où vont-elles si résolues
    Rien ne permet de s'orienter
    Elles voient par-delà les nues
    Et volent droit sans hésiter

     

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      Encore une immense volière
    Qui s'allonge au-dessus des toits
    Aussi belle que la première
    Elle fait entendre sa voix

     

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    Sous le ciel sombre et la grisaille
    Étrange oiseau déliquescent
    Elles s'éloignent sans bataille
    Vers l'horizon luminescent

     

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      Adieu demoiselles ailées
    Nous vous saluons de la main
    Gagnez vite d'autres contrées
    Vous nous reviendrez l'an prochain

     

     

    Publié dans "Instants Secrets", éditions Stellamaris, 2012.

     

     

     

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  •  

    Deux oiseaux sur le grillage
    L'un d'eux a filé sur l'arbre
    Et l'autre sur la pelouse
    Deux mésanges se regardent
    Et volettent de concert

    Quatre petits chats assis
    Du plus grand au plus petit
    Du plus orange au plus noir
    Quatre petits chats me fixent 
    Tapis au pied de l'immeuble

    Le vent a chassé la pluie
    Il a balayé les feuilles
    Il souffle avec bonhomie 
    En balançant les volets
    C'est un automne très doux

    Sur ma pelouse ont germé
    Quantité de champignons
    Mais ma place préférée
    C'est devant la cheminée
    Aux volutes de safran 

     

     

          J'aime beaucoup Pierre Lescaut ; vous avez son portrait à la fin de cette vidéo, et son piano au milieu.

     

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  •  

    Un petit verdier boit
    Sous le lilas en fleurs

     

    Un pigeon fait la roue
    S’inclinant jusqu’à terre
    Devant une pigeonne

     

    Un pinson d’âge mûr
    Tioutioute à grosse voix
    Et un jeune pinson
    Lui répond en flûtant

     

    Les branches du lilas
    Se balancent au vent
    La pigeonne s’envole

     

          À regarder sur grand écran (en bas à droite) et en HD (roue dentée :720px)

     


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  •     En ce moment les alouettes font leur nid dans les champs. Et j'ai été éblouie aujourd'hui de la variété incroyable du chant de l'alouette - que je n'avais hélas pas le moyen d'enregistrer ni de photographier. Elle entonnait comme des couplets au cours desquels elle répétait 3 à 4 fois la même phrase musicale, puis changeait systématiquement de phrase ensuite ; en principe il y avait un appui sur un son aigu que l'on pourrait identifier avec "tii" et devant cet appui, toutes sortes de sons et de rythmes, qu'elle modulait soit en articulant avec son bec ("tio") soit en roulant le son ("tllll"), tout en battant vigoureusement des ailes dans une sorte de "vol sur place" à une quinzaine de mètres au-dessus du sol. On ne voyait qu'un point noir s'agitant dans le ciel (ou parfois plus rien...) et on entendait :

      " Tiotio tii, tiotio tii, tiotio tii,
          Tio tii, tio tii, tio tii,
         Tllll tii, tlll tii, 
          Tlll tio tii, tlll tio tii, tlll tio tii..."

        Et ainsi de suite avec des variantes à l'infini ! 
       L'alouette, qui s'élève en solitaire vers le soleil, est en quelque sorte le symbole de la jubilation et incarne pour nous l'exultation de l'amoureux du Ciel.

       Je vous propose donc de relire un poème que j'ai composé pour cette occasion il y a deux ans, et d'écouter ensuite l'oiseau lui-même dans un enregistrement où malheureusement on ne le voit pas voler, mais qui est excellent avec un chant encore différent de ce que j'ai noté ci-dessus.

     

    Au ciel qui scintille,
    L'alouette s'égosille
    En multiples trilles.
     

    La campagne brille,
    Tandis qu'elle tourne en vrille
    Turlute et frétille.
     

     


     

     

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  •     Vaille, que vaille, je poursuis mes efforts pour donner vie aux animaux rencontrés à Beauval (ou du moins à certains d'entre eux, voir ici), dans un style à la fois simple et ludique.

     

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    Lamantin
    Lourdaud
    Sous-marin

      

    Sur le dos
    Tu planes
    Dans les flots

      

    Puis tu flânes
    Immense
    Ottomane

      

    Et t’élances
    Au loin
    En silence

      

    Vu de près
    Ton groin
    Est bien laid

     

    Mais au moins
    Tu glisses
    Sans malice

     

     

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