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    La Parole et le Souffle

     


            Relire et remettre à jour les anciennes publications de ce blog me permettent une vision nouvelle d'anciens comportements.

          Depuis l'âge de douze ans je suis persuadée que ce monde n'est pas ma véritable patrie ; et à tout âge j'ai toujours cru avoir trouvé "la  Vérité" - la souffrance rencontrée étant alors le seul indicateur me permettant de comprendre que j'avais encore du chemin à parcourir.

             Après lectures, thérapies, stages, expériences, disciplines de tous ordres, j'ai vu que l'enseignement se faisait de plus en plus proche, de plus en plus présent, de plus en plus intime :

    - à l'origine j'appliquais des principes issus d'enseignements transmis depuis des millénaires (par exemple avec la religion chrétienne) ;

    - puis je rencontrai des enseignements publiés secrètement il y a quelques siècles (avec l'enseignement de la Rose-Croix entre autres) ;

    - ensuite des enseignements révélés quelques décades plus tôt (avec la  découverte de « Un cours en miracles » notamment) ;

    - et enfin je reçus un enseignement vivant, présent, immédiat (quand la demande est impérieuse et que le disciple est prêt, le « maître » apparaît)  !


              Il y a quelques années je discourais sur le monde, sur la vie, sur l'« unité », disant : "voilà ce que je crois !" (voir ici) ; mais croire n'est rien !! Croire ainsi, c'est ranger des pensées dans un tiroir de son mental avec une petite clé d'or en s'imaginant posséder un trésor, et s'en faire une fierté ! Qu'est-ce que ça change intérieurement ? Cette connaissance n'est qu'une possession parmi d'autres, qui comme les autres pourrira avec nous dans le cercueil. D'ailleurs la vidéo a été supprimée depuis, car elle est  déjà la possession de quelqu'un d'autre !! C'est dire, si en réalité il  n'y a là aucune "unité" réelle !

          Sur internet fleurissent en ce moment les vidéos de "satsangs" (un mot sacré usurpé...) donnés par de jeunes "maîtres" à penser qui, ayant vécu certaines expériences fortes, sont pressés par les médias d'apporter leur aide aux innombrables chercheurs de Vérité assoiffés de soulagement dans les difficultés de leur vie. Leur témoignage aide certes au départ et chacun applaudit, car l'encadrement médiatique et l'absence de doctrine, de règle, de coloration religieuse mais  plutôt la présentation sous forme de "stages de développement personnel",  rassure. 

            Eh oui, mais qui rassurer sinon l'ego ? Cela reste "personnel"... ! Et ces pauvres enseignants de s'arracher les cheveux (j'en ai vu une hier sur youtube crier de désespoir réellement je vous assure) parce qu'ils ne réussissent pas à "éveiller" leurs auditeurs - et surtout parce que bien sûr les auditeurs, qui paient, exigent d'obtenir un résultat ! 

          Mais cette dame dont je vous parle était en train de leur enseigner justement à "être soi dans l'ici et maintenant"... À quoi peut-on bien s'éveiller je vous le demande si l'on s'efforce d'être présent dans l'ici et maintenant ? On est né présent à ici et maintenant, il n'y a donc rien à apprendre à ce sujet ! Et pour "se trouver" une bonne thérapie suffit.

          Cela n'a rien à voir avec la Vérité de ce que nous Sommes depuis toujours et pour l'éternité.

         
            Ces mots de Simon-Pierre me reviennent en tête aujourd'hui :

    « Tu as les Paroles de la Vie éternelle »

         Et en cherchant le texte je vois que  je commence seulement à le comprendre vraiment... Le voici, copié d'internet (ici) :

        Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » (Jean, 6, 54)

         Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! »
        Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
        Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
        À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
         Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »   (Jean, 6, 60-69)


         Il ne s'agit là, ni de cannibalisme, ni d'Eucharistie, ni même d'hosties consacrées (même si le symbole peut être beau et m'a longtemps séduite).

           L'explication est notée dans l'Évangile de Philippe :

    « Qu'est-ce que sa chair ? Sa chair est la Parole (Logos, le Verbe).
     Son sang est le Souffle (Pneuma, l'Esprit).
    Celui qui accueille la Parole et le Souffle (le Verbe et l'Esprit),
    celui-là a vraiment reçu une nourriture, une boisson, un vêtement. »

    Et juste ensuite :  

    « Ce que tu dis, tu le dis dans  un corps (...) :
    Il faut t'éveiller dès ce corps,
    ressusciter dès cette vie. »

    (Page 59, Planche 105 - adaptation de Jean-Yves Leloup)

     

          La véritable Rencontre est celle que l'on fait avec le Christ - seul Maître ou Enseigneur - sous les traits d'une personne en qui l'on reconnaît la Réalisation parfaite, et donc à qui nous sommes adressés par "le Père" - notre Source Intérieure.


          Aucun   éveil n'est possible tant que ne s'est pas réalisée cette Rencontre avec la Parole Vivante. 


            La "Vie éternelle" n'est pas une Vie imaginée pour le futur dans un super Paradis ! C'est celle qui nous anime depuis toujours, avant même que nous soyons nés, mais que nous avons oubliée...


           La Parole de l'Être Réalisé que nous avons rencontré (= Christ) est nourriture pour notre Être profond ; ce Souffle émanant du Maître Vivant est absorbé en nous comme un Sang vigoureux qui mène à une totale Résurrection - et ce, dès cette existence.


           Ceci est indépendant de toute doctrine, règle, discipline. La Vie éternelle est transmise depuis toujours, de même que la vie charnelle se transmet de mère à enfant.

     
        On ne la trouve pas dans les livres ni dans les églises.


           Elle s'absorbe comme le lait maternel...


           Dans la Béatitude absolue...
     comme l'enfant qui tète.

     
           E
    n oubliant totalement qui l'on est, qui l'on a cru être, où l'on est, tout ce que l'on a cru faire - et surtout cette fameuse "mission sur la terre", dernière tentative meurtrière de l'ego pour reprendre le pouvoir !


          Car alors on n'est plus Rien, on ne fait plus Rien ; la Vie se vit d'Elle-même, s'exprime par Elle-même en actes, en paroles et en ressentis. Mais nous n'y sommes pour rien... Nous ne faisons que La recevoir, participer d'Elle !

           

    N
    otre seule réponse, si nous pouvons en avoir une,
    c'est Gratitude, Adoration pour Ce Qui Est

    Et pour celui - ou celle
    qui nous a transmis la Vie...

     

     

     Note : lisez ici ("pranisme")... : parution fraîche du jour et qui étonnamment correspond exactement à la personne que j'évoquais sur youtube...


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             Allons, j'ai parlé pour ne rien dire l'autre jour (voir ici) : un blog est par définition une sorte de journal, un éphéméride, donc tout ce que l'on y consigne est destiné à disparaître et il est normal qu'à peine publiés les articles semblent déjà désuets...

          C'est du moins ce que je voulais suggérer en parlant d'odeur "fétide" : je sous-entendais une décomposition quasi immédiate. Mais je ne suis pas raisonnable avec mon blog de 12 ans d'âge ! Si encore c'était un whisky, on pourrait s'y intéresser... 

            Bref ! Aujourd'hui je voulais vous raconter une petite histoire vécue, une promenade avec ma chienne comme j'en fais chaque jour.

     

    Scully

     

     

          Et à chaque fois cette promenade m'est un merveilleux moment de ressourcement, de méditation. C'est ainsi, pourrait-on dire, que Scully m'enseigne... 

            Hier nous avons marché dans un secteur de jardinets étonnamment remplis de chiens, sans doute en vacances ou en pension chez des parents ou amis car habituellement il n'y en a pas tant et ça ne cessait d'aboyer, de japper, de grogner, de gronder, de courir, de sauter... ! Tandis que ma coquine s'obstinait à longer tout de même les murs et à braver ses agresseurs, je l'ai tirée à grande force vers un champ en friches pour m'éloigner au plus vite de tout ce tapage, gagnant une campagne plus paisible et accueillante.

                C'est alors qu'il me revint une phrase en tête.

             Une phrase que vous connaissez sans doute, car il s'agit d'un célèbre Koan du bouddhisme zen, une de ces phrases dont l'effet sur le méditant qui la considère avec attention est aussi puissant que celui d'un mantra....

    « Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ? »


        Au premier abord, cette phrase déconcerte : on ne peut pas applaudir d'une seule main. Après réflexion, l'on se dit qu'il est donc question de silence. Puis on se demande pourquoi l'on a retiré une main, et s'il est important d'enlever cette dualité qui nous constitue...

            Mais toutes ces pensées ne sont que des réflexions, et n'ont rien à voir avec l'expérience, l'expérience que j'étais en train de vivre.

             Brusquement j'avais l'image d'un tambour, avec la peau qui le recouvre et sur laquelle on frappe pour obtenir un bruit. Nos oreilles sont ainsi constituées : ce que l'on appelle "le tympan" est cette membrane, qui fait que nos oreilles réceptionnent et restituent des sons. 

               Pour qu'un son soit perçu, me disais-je, il faut qu'il cogne contre quelque chose. Il faut qu'il rencontre une résistance. Si donc je perçois, c'est que les choses ricochent contre moi comme sur un mur. Ma rétine stoppe l'image et la renvoie à mon cerveau ; mes tympans stoppent le son et le renvoient à mon cerveau ; ma peau stoppe la sensation de l'air et la renvoie à mon cerveau, etc... Et cela est vrai, non seulement pour toutes nos perceptions et sensations, mais aussi pour toutes les pensées et émotions : une pensée passe, elle cogne contre le sentiment d'être "moi" et est renvoyée comme une pensée personnelle ; une émotion passe, et hop ! elle est bloquée et identifiée de la même façon.

           Mais je m'éloigne ; restons-en à la perception, c'est bien suffisant pour le moment.

           Soudain, je me suis vue comme un mur. Un bloc de béton qui arrête tout. La main qui applaudit a besoin de frapper sur quelque chose pour produire un son ; de même je crée moi-même mes perceptions et sensations en bloquant le passage de la vie qui, si elle était seule, passerait librement comme le vent !

           S'il n'y avait pas de rétine, pas de tympan, pas de peau, toutes ces vibrations ne seraient qu'un vaste élan qui court librement, telle cette main qui ne s'arrête sur rien !

           Marcher, promener son chien sans rien ressentir...

           Non seulement c'est un exercice fascinant, mais en plus c'est ce dont rêvent toutes les personnes qui souffrent dans leur corps. J'ai entendu parler de telles expériences vécues par des personnes atteintes de grandes douleurs ; qu'elles soient aidées par de puissants anesthésiques ou qu'elles y parviennent seules, tôt ou tard elles arrivent à cette découverte : obligées de fuir la sensation insupportable elles basculent dans une sensation de liberté, d'expansion incroyable.

           Dans toute situation de tension, d'inconfort, la clé consiste à comprendre notre résistance, à comprendre que nous sommes le mur qui empêche le vent de passer, et que si on enlève le mur, il n'y a plus aucun souci, plus aucun problème pour la Vie qui s'écoule librement.

           Et c'est quoi "le mur" ? Pas notre corps, le pauvre... il fait partie de l'ensemble, il vibre avec le reste, il n'y est pour rien. Non, le mur c'est notre mental, c'est ce mécanisme qui nous fait arrêter une vibration pour l'interpréter comme un son, comme une image, comme une sensation tactile ou interne ; d'ailleurs sous anesthésie totale c'est bien le mental qui est stoppé, le corps lui reste vivant.

          Et ce mental qui stoppe, c'est aussi ce qu'on appelle "ego"...

           

     

     


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  •         Mercredi 10 mai à 21h44 la Lune, depuis la constellation du Scorpion, s'opposera au Soleil situé dans celle du Taureau.

             Les heures qui précèdent, durant lesquelles la tension énergétique sera à son comble, pourraient donc être consacrées à travailler sur le détachement - signification essentielle de cet axe astrologique traditionnellement associé à la possession (Taureau) et à la dépossession (Scorpion).

     

    Image du net

     

            Pierre Lassalle dans son livre "Astro-thérapie" préconise de se concentrer, au niveau du ventre (second chakra), sur une idée, une croyance ou encore un bien matériel, une personne à laquelle nous nous sentirions "trop attaché", et de la faire remonter (si c'est une idée ou une croyance sous forme d'un symbole, si c'est une personne ou un bien sous forme d'une image) jusque dans notre cœur (4e chakra), afin de ressentir la futilité de cette dépendance ; car la plénitude éprouvée dans le cœur prouve alors que nous n'en avions aucunement besoin.

             L'évocation d'une "idée" ou d'une "croyance" m'a frappée.

           En effet, n'associons-nous pas toujours l'idée de "détachement" aux choses matérielles - biens ou personnes ? Ne vivons-nous pas essentiellement dans un univers d'images objectivées, ne nous intéressant qu'à celles qui nous semblent graviter autour de notre personne ? Les blogs en particulier présentent continuellement des sujets d'intérêt "extérieur" : observation de la nature ; lecture ; petits travaux ; études ou connaissances... Tout ceci peut être flanqué de l'adjectif possessif : "mon" jardin, "mes" photos, "mes" livres, "mes" travaux, "mes" découvertes, "mes" voyages... Quand on n'y ajoute pas un copyright.

           Mais, toujours tournés vers ce qui nous entoure, savons-nous seulement qui nous sommes ? Nous sommes-nous demandé qui est le possesseur, et s'il est bien une "personne" ? Qui est ce "je" cherchant à se détacher de ce qui, parfois, le blesse ?

           Puisqu'il dit "mon corps", il n'est pas le corps.

           Puisqu'il dit "ma vie", il n'est pas les évènements ayant jalonné cette histoire qu'il mémorise et sur laquelle il s'attarde avec nostalgie ou amertume.

           Puisqu'il dit "mes œuvres", "ma famille", il n'est aucune de ces choses, et disant aussi "mes pensées", "mes émotions", "mes expériences", "mes actions", il sait que celles-ci le quittent et, même s'il les rencontre souvent, qu'elles peuvent s'évanouir et donc ne le définissent pas.

            S'il fait parfois effort pour se détacher de telle ou telle chose c'est uniquement parce qu'il croit en souffrir ; or la psychologie des profondeurs a montré que les scénarios de vie se répétaient, et qu'à peine débarrassé d'un attachement douloureux, l'on retombe dans un autre.

            Pourquoi ? Parce que l'on n'attaque pas le mal à la racine.

            Ce n'est pas de telle ou telle chose qu'il faut se débarrasser, mais de l'idée même que l'on se fait de soi ; puisque nous ne sommes ni le corps, ni les pensées, idées ou perceptions qui s'y associent, c'est de notre conception même du monde ambiant que nous devons nous détacher.

             Les orientaux racontent à ce sujet une histoire très évocatrice.

    Serpent

     

      Imaginez que vous marchez sur une route déserte à la sortie d'un village, en Inde, dans une région chaude, à la tombée du jour. Il ne fait plus très clair et vous êtes à peine chaussé, pieds nus ou en petites sandales. Soudain, sur le chemin poudreux, une ligne sinueuse vous apparaît sur le sol. Aussitôt, vous bondissez en arrière : un serpent ! Terrifié vous êtes prêt à faire demi-tour tant vous savez ceux-ci dangereux dans cette région. Mais voici qu'un passant approche et vous rassure : "Mais non ! ce n'est qu'une vieille corde qui traîne là depuis quelques jours..." Et l'attrapant il vous la met sous le nez. Vous réalisez alors votre méprise et riez de bon cœur.

     

          Cette histoire montre la force de la pensée, de l'imagination ; notre esprit étiquette tout ce qu'il perçoit, le pare de qualités, et c'est par notre jugement et nos croyances uniquement que le monde devient cette machine à souffrir, puis à mourir.

          Du moins, c'est ce qu'affirment les sages qui disent que l'univers est pure illusion. Si nous sommes ce corps affublé d'un nom et d'une histoire, alors oui nous sommes fragiles et condamnés à mourir tôt ou tard. Mais si nous ne le sommes pas ? Qui sommes-nous donc ? La conscience de soi - le "je" - n'est-elle que le produit de la vie qui anime ce corps ? Mais alors, d'où vient la vie ? La question mérite d'être posée et pour cela, pourquoi ne pas apprendre à se détacher également de tout ce qui peut être accompagné de l'adjectif "mien" (corps, pensées, perceptions, émotions, actes, etc...) ?

           C'est en tout cas ce que préconise dans la tradition bouddhiste mahāyāna le Sutra du Coeur, affirmant que tout est vide de réalité propre, qu'il s'agisse des perceptions, des sensations ou des pensées comme de toute activité de la conscience ; et que donc comprenant que tout est illusoire, autant le cycle de l'existence que toute quête de connaissance, les bodhisattvas sont libérés de toute peur et atteignent l'éveil parfait à leur nature véritable.

           Une autre histoire nous permet d'illustrer cette idée.

     

    Mirage


          C'est celle d'un individu qui se promène, cette fois encore dans une région tropicale mais plutôt en Afrique, du côté du Sahara. Il décide contre l'avis des habitants de la région de traverser seul à pied un large territoire désertique, inconscient des dangers encourus dans ces régions brûlées par le soleil.

         Il se met en route au petit matin et marche une bonne partie de la journée, épuisant rapidement sa gourde et bien vite terrassé par la chaleur et la sécheresse. Dans l'après-midi, il est près de succomber à la déshydratation quand enfin il aperçoit au loin l'oasis dont il rêvait : des cases ! des palmiers ! de l'eau ! Vite il se précipite mais ne peut l'atteindre et tombe évanoui... C'est un touareg de passage qui heureusement le ramasse et le transporte  jusqu'à son campement, pour le ranimer et le réconforter enfin.

          Un mirage ! En effet il n'y avait rien du tout, et sans cet homme providentiel notre ami mourait sur place.

        

        Voilà ce qui arrive lorsque l'on court vers l'illusion ! Et pourtant, c'était bien ce qu'il avait perçu. Il l'avait VU ! Mais comment ne pas comprendre que nos sens nous trompent ? Lorsque nous rêvons, il nous arrive aussi d'être certains de vivre quelque chose et de percevoir des sons, des sensations tactiles très vives. Pourtant à notre réveil nous avons la preuve du contraire.

         De plus, ce "je" qui se réveille était présent dans le rêve ! Il pensait avoir un corps, mais ce n'était pas le même que celui que nous retrouvons au réveil et qui dormait ! Ainsi, certaines personnes racontent faire des voyages dans d'autres dimensions lorsqu'elles dorment, ou sous anesthésie ou encore lors de morts passagères (NDE) : le "je" se promène, affublé de différents corps plus ou moins immatériels et vit des aventures un peu partout. Mais sont-elles réelles ?? Comment tenir pour réel ce qui change sans cesse ?

            Seul le "je" ne change pas.

           Donc, de quoi devrions-nous chercher à nous détacher pour vraiment saisir le mal à la racine ? À l'évidence, de tout ce qui n'est pas ce "je" totalement pur et primordial et dont il nous faut au préalable réaliser l'inventaire.

              Évidemment, "détacher" ne veut pas dire "faire disparaître".

            Dans la première histoire, la ligne sinueuse n'a pas disparu : elle a seulement cessé de faire peur, ne s'appelant plus "serpent" mais "corde" ; ici, il s'agit de se détacher d'une identification abusive, d'une croyance erronée.

          Dans la seconde histoire, l'effet est simplement inverse. Le mirage non plus terrorisant mais salvateur pourra sans doute apparaître à nouveau mais cette fois l'homme averti saura qu'il est trompé et qu'il ne s'agit que d'une illusion : il ne courra pas vers lui pour trouver l'eau dont il a besoin.

           De même, cessons de prêter foi au choses du monde, alors que le bonheur et l'amour ne sont que les attributs de notre Être Véritable et n'ont leur source qu'en nous.

     

     

     

         


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