•      La beauté de ce matin mérite bien que je réédite ce poème daté d'octobre 2005.  

     

    Jour d'hiver dans l'Indre

     


     Je veux des mots d'hiver
    Des mots qui s'enracinent dans la fibre du temps
    Et qui s'en vont figés dans le gel translucide
    Des mots transfigurés
    Fulgurant au soleil
    Et partis à pas lents pour ramasser le ciel

    Des mots de cheminée

    Qui craquent sous les doigts
    Et qui diront demain la douceur des aurores
    Qui feront se lever le premier jour du monde

    Un jour froid et superbe

    Un jour étincelant
    Un jour de draperies où le givre dessine
    Un nouveau monde nu
    Enrobé de splendeur
    Sur les arbres vêtus de franges immaculées

     

     

    NB : ce poème est publié dans mon recueil "Instants Secrets".

     

     


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     pastels.jpg

     

     

    J’avais oublié le pouvoir des mots
    Je croyais qu’il suffisait de dire


    Mais non
    Les mots sont vivants
    Ils sont cette matière que l’on pétrit
    Que l’on façonne comme la glaise

    Et qu’on étale sur le papier
    Comme la couleur sur un tableau

     

     

     


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  • Voici le second poème annoncé jeudi dernier... Il a déjà été publié lui aussi en octobre 2005.

     

    Anon.jpg

     

     

    Je veux des mots si doux qu’ils diront l’aventure
    Qu’ils partiront au gré du vent qui les caresse
    Et qu’ils courront perdus
    Sans ânon ni collier
    Petits mots à tâtons endormis sous l’ombrage

    Je veux des mots qui sonnent ainsi que des clairons
    Aux vastes harmonies
    Aux longues résonances
    Des mots comme des gongs suspendus à des chaînes
    Frappés par des maillets dans des lamaseries

    Je veux des mots chenus tout ridés et tout secs
    Penchés sur les chemins à ramasser des glands
    Des mots tremblants auprès du poussin nouveau-né
    Et qui glanent aux champs avec leur vieux panier

    Les mots sont les supports des rêves des poètes
    Ils vivent auprès d’eux comme de grands oiseaux
    Dans la clarté du soir à demi endormis
    Et battent des paupières au soleil déclinant
    Tandis que l’âme s’ouvre aux étoiles naissantes

     

     

    ciel-et-lune.jpg

     
     

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  •       Je prépare actuellement une publication de tous les poèmes écrits depuis la création de ce blog. Celui-ci a été composé en octobre 2005, et s'appelait tout  simplement "
    Les Mots" ; cependant comme il fut suivi d'un second portant le même titre, je l'ai renommé pour le différencier du second, que vous pourrez lire prochainement.

     

    Issoudun-mars06.jpg

    Issoudun - Parc François Mitterrand - mars 2006

     

     

    Je veux des mots d'hiver
    Des mots qui s'enracinent dans la fibre du temps
    Et qui s'en vont figés dans le gel translucide
    Des mots transfigurés
    Fulgurant au soleil
    Et partis à pas lents pour ramasser le ciel
     

    Des mots de cheminée
    Qui craquent sous les doigts
    Et qui diront demain la douceur des aurores
    Qui feront se lever le premier jour du monde

    Un jour froid et superbe
    Un jour étincelant
    Un jour de draperies où le givre dessine
    Un nouveau monde nu
    Enrobé de splendeur
    Sur les arbres vêtus de franges immaculées

     

     

     

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  •      En hommage à Russalka et à Sabine, merveilleuses conteuses, je reprends ici un poème écrit il y a quelque temps - car on ne peut être toujours inspiré ! Il faut parfois reprendre des œuvres anciennes dans les tiroirs...

       A l'époque j'avais accompagné une classe d'élèves de sixième jusqu'à la médiathèque de la ville, afin d'entendre notre bibliothécaire jeunesse qui avait suivi la formation de conteuse offerte par le CLIO (Conservatoire Contemporain de Littérature Orale, installé en Loir-et-Cher).

    Bruno-deLaSalle.jpgBruno de la Salle, fondateur du CLIO

     
       Elle était devenue spécialiste du genre et avait même aménagé une petite salle à cet effet : entièrement moquettée cette pièce présentait un carré en creux dans le sol, de telle sorte que tout le monde s'asseyait sur la petite marche, avec elle. En l'occurrence nous étions bien trop nombreux (deux classes et quatre accompagnatrices) si bien que les enfants avaient été invités à s'asseoir à même le sol, au centre du cercle.

        Elle m'avait bluffée, par la technique passionnante qu'elle avait acquise : en effet, dans sa manière de faire, un conte ne se résume pas à un "récit", c'est surtout une prestation orale qui s'apparente au théâtre et presque à la musique - sans le chant, mais avec le rythme.

        "Conter", c'est d'abord se camper en tant que personnage ; elle démarrait à la première personne et affirmait rapporter ce qu'elle avait ouï dire - sur le ton bien sûr de la confidence, en se penchant et en parlant bas : "Oui, moi qui... je peux vous dire que..." etc. Et elle terminait surtout ainsi, sur de grands sous-entendus ramenant à la réalité présente : "... et il court toujours !"

         Ensuite, conter, c'est introduire une dimension féérique au moyen de sortes de refrains, d'onomatopées, de petits mots magiques qui reviennent régulièrement, souvent dénués de sens précis mais accompagnés d'un rythme spécifique très rapide ("Et tap, et tap, et tap", ou "et j'me dépêche , et j'me dépêche"...) dans un langage simple mais toujours joli et évocateur, qui petit à petit entraîne l'auditeur dans une bulle de rêve.

         Enfin, dernière technique très sensible, associer l'auditoire au récit : "... et alors, que pensez-vous qu'elle fit ... ?" La voix reste en suspens, le regard interroge les assistants bouche-bée ; et la conteuse ne reprend qu'après avoir recueilli la supposition hésitante d'un gamin. Sauf que dans le conte apparaissent des répétitions : la même situation se reproduit plusieurs fois... si bien que la question : "... et alors ? " devient si évidente que cette fois c'est la salle en choeur qui répond ce que fit la jeune héroïne. Hélas ! Au moment même où tout le monde est sûr de la réponse, c'est là que : "Ben non...", fait la conteuse sur un ton désolé ; c'est là que ça se passe autrement...

        C'est en revenant de cette belle prestation que j'ai écrit ce poème en septembre 2006.

     

    conteuse.jpg

    Image empruntée au site de la Communauté de communes de Podensac

     

    Quand le conte raconte... 

     

    Le rêve du poète
    Ce sont ces feuilles mortes,
    Et toutes ces étoiles,
    Tous ces nuages
    En couleurs dans sa tête
    Un peu comme un appel
    Du ciel taché d'ouate,
    Un peu comme une écharpe
    Qui vole au vent
    Un peu comme la chanson
    Du matelot qui part
    En traversant les houles,
    Sur l’écume des flots.

     

    Le rêve du conteur
    C’est un pays tout blanc
    Un pays de chimère
    Aux araignées gourmandes,
    Aux sorcières déchues,
    Où vient le bon Génie
    Jouer du tambourin
    Sur l’arrière-train des singes
    Envolés dans les arbres ;
    Ce sont des enfants-rois
    Qui écoutent ravis
    L’histoire d’une servante
    Plus forte qu’une armée !

     

    Quand le conte raconte
    Le poète s’endort :
    Tout devient plus aisé
    Dans un nid de papier.
    Tu souris au pommier
    Que tes pas ont trouvé,
    Et dans le vieux chaudron
    T’attend le Fils du Roi !
    Raconte-m’en toujours,
    Je ne veux plus grandir…

     

     

        Arbre-fruitier.gif            sorciere.gif

     

     

     

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