•  

    Conifères à demi morts

     

     

    Mes pensées sont des cathédrales de Silence
    Leur transparence inonde l’univers de Clarté

    Mais de ces troncs séchés ne reste que l’absence
    Cadavres habillés d’une vie illusoire
    Ils tombent devant moi et je m’assieds sur eux

     

     


    12 commentaires
  •  

    Atlantide engloutie

     

     

    Un jour la vaste mer avait tout recouvert
    Plongeant dans le sommeil Atlantis oubliée
    Et Ys ensevelie


    Et dérivant parmi les flots
    Je ne voyais plus les piliers
    D’où s’élançaient jadis mes pensées irisées


    Je ne voyais plus le bassin d’or
    Où se miraient mes regards diaprés


    Flottant à l’aventure
    Dans un bouillonnement constant
    Je ne percevais plus
    Le son prodigieux des cloches de la cathédrale


    Le bourdon inouï
    De son cœur endormi


    Le rêve m’emportait sur la crête des vagues


    Ô mon Ys endormie
    Ma patrie ma maison
    Je vois fondre la mer qui reflue aujourd’hui


    Ô roches d’autrefois
    Ô sable de la rive


    Quand la vague a glissé douce comme un baiser
    Il ne reste plus rien des mots que j’ai gravés


    Il ne reste que Toi le marbre immaculé
    Et que le Cœur parfait qui sonne à l’infini

     

     


    Dans ce Prélude de Claude Debussy consacré à la ville d'Ys engloutie, vous entendez le bourdon de la cathédrale qui sonne dans le grave, particulièrement à la fin... Enfin, moi c'est ce que je ressens mais les pédagogues voient les choses avec moins de délicatesse (ici tout est expliqué)

     

     

     


    15 commentaires

  •      Le poème ci-après fait allusion à trois autres textes. Deux poèmes que j'ai déjà écrits et qui figurent sur ce blog (Autrefois et Au seuil du silence), et un de Théophile Gautier (Lamento) mis en musique par Hector Berlioz (Au cimetière), dans l'optique du rassemblement des éléments dispersés que j'évoquais dans l'article précédent De quelles Amériques

     

    Un chant

     

     

    Autrefois
    le Souffle était Lumière
    et le Vent était Vie

     

    Et tandis qu’une à une j’effaçais tes blessures
    allumant des étoiles plus claires que le Jour

     

    Je percevais ce chant
    si profond et si doux
    si grave et si puissant
    que je l’entends encore monter comme la mer

     

    Des profondeurs il pleure
    telle une voix amie
    trop oubliée perdue
    La voix de la colombe affligée sur son if

     

    Des lointains il m’appelle
    emportant mes pensées évadées du silence
    et levant l’inouï voile de l’innocence  

     

    Rumeur d’une autre vie
    charme de l’ineffable

     

    Un chant
     
     
     

    3 commentaires
  •  

    Enfant-yanomami.jpg    

     

    Un enfant triste
    Dans la pénombre
    Le front baissé sous ses cheveux
    Est là debout


    Que me veux-tu
    Petit ami
    Pourtant si grave
    Tu pleures


    La pluie délave
    Tes joues brunies
    Et ton petit torse bien droit
    Est nu


    Je sais que tu es loin très loin
    Et pourtant
    Je te vois là
    Tout près 


    Il y a dans ce monde
    Des choses étranges
    Les images
    Sont projetées par nos cœurs 


    Tu t’appelles Sami
    Tu es venu me voir
    Et j’ai eu peur
    Pardon 

     

      

    Bronius Kutavicius-Derniers rites païens.
    Incantation du serpent. 
     

     

    1 commentaire
  •  

    Bretagne2006_Plouha_vue-de-la-stele-vers-Minard.jpg

     


    À tout instant, quelqu'un meurt près de moi,
    Et c'est comme si c'était moi...
    À tout instant un enfant naît près de moi,
    Et c'est comme si c'était moi ...
     

    Mon cœur accompagne celui qui s'en va,
    Le suit dans le tunnel au bout duquel il espère trouver
    Sa vraie patrie  ;
    Mon cœur s'étonne avec le tout petit,
    Qui tel un naufragé
    Se demande où il est tombé.

    Parenthèse terrestre,
    Telle un panier dans lequel nous restons prisonniers,
    Pourquoi pataugeons-nous sans cesse
    Dans ton marécage ?


    Même Jésus,
    Au travers de qui nous voyons la Source,
    Ne put écarter de lui le calice de l'horreur :
    Ce grillage hérissé qu'il nous faut traverser
    Sans maudire...

    Sans maudire,
    Mais en remettant toujours
    Toujours la faute
    Sur le compte de l'erreur initiale :
    "Pas fait exprès"...
    Nous n'avons pas voulu,
    Personne n'a voulu 
    Cette chute dans ce cocon qui nous enferme
    Et nous broie ! 

    Et pourtant il serait si simple
    De naviguer, comme un bouchon sur l'eau
    Jusqu'à l'estuaire immensément ouvert
    Où la mer et le ciel mêlés
    Sont sourire et lumière
    ... 

     

     

    Olivier Messiaen, Éclairs sur l'Au-delà
    « Demeurer dans l'Amour ». 
     
     
     

    1 commentaire