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          Depuis quelques jours, tout le monde s'applique à envoyer ses voeux, à chercher la meilleure formule, la formule à la fois originale pour avoir l'impression d'en être l'auteur, et à la mode pour bien être en phase avec ce qu'attendent les autres... Mais qu'attendent-ils tous au fond ? Des bonnes paroles, des vœux pieux comme on en fait depuis "toujours", c'est-à-dire depuis que l'on y songe. 

     

    Voeux



           Mais qu'est-ce que des vœux sinon des souhaits, des croyances, des pensées qui comme toutes les pensées s'envolent avec le vent ? Oh oui bien sûr, moi aussi il y a quelques années j'ai été éduquée à un mode de pensée contemporain qui consiste à affirmer que "la pensée est créatrice", et que donc si l'on arrive à se concentrer très très fort, ce sur quoi l'on se concentre va se matérialiser... Ce sont les "miracles" de ceux qui, ayant beaucoup travaillé sur leur énergie, faisaient apparaître une poire lorsqu'ils avaient soif ! Mais vous en avez vu souvent, vous, de ces miracles ? Et au contraire, puisque Mère Teresa elle-même tenait la main des mourants sans pouvoir les empêcher de mourir, et que l'Abbé Pierre lui-même écrivit un livre intitulé "Mon Dieu, pourquoi ?" parce qu'il ne pouvait venir à bout de la misère du monde, je crois qu'il faut cesser de s'illusionner sur "le pouvoir de la pensée".

         Les sages nous disent que le Temps n'existe pas ; que tout est ici et maintenant. Et donc qu'il n'y a ni années, ni comptage des jours, ni comptage des années et que si nous vivons une nuit puis un matin, c'est tout ce qu'il va se passer prochainement ; mais pas plus de "2017" que de beurre en broche. Simplement la Vie, la Vie qui va poursuivre tranquillement son rythme éternel, nous entraînant dans sa course ravie...

    Voeux


          ... Pourtant il y a bien une chose qui existe quoique ce ne soit pas une "chose" à proprement parler : c'est l' Amour.

          Et puisqu'en ce soir particulier on aime à se réunir, à se rassembler, et à s'offrir des vœux qui sont après tout autant de caresses pour l'âme, alors je ne veux pas vous en priver... ! Cette nuit, nous serons si nombreux, si nombreux, à nous embrasser, à nous dire que nous nous aimons, à nous offrir tous les "vœux pieux" possibles, alors pourquoi ne pas le faire puisque cela va nous réunir, nous rassembler tous en un seul Cœur immense, le Cœur immense de la Vie qui se déploie et se bénit elle-même !

     

        Donc mes amis, même s'il n'y a pas de jours, d'années et même si nous vivons dans le rêve, que les bénédictions de l'Amour pleuvent sur vous et vous inondent de la Joie véritable, de cette Joie qui cette nuit fera mille fois le tour de la planète pour exalter le Coeur vibrant de l'Humanité.

     

    Voeux

     

     

     


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  •         Bientôt Noël... Et j'ai déjà vécu tant de Noëls !

            Il me semble que pour tout le monde, Noël ramène à l'enfance. À cette enfance heureuse où c'était la nuit la plus magique de toute l'année.   

                Une nuit qui défie le temps, car nous plongeons dans des millénaires du passé pour retrouver l'enfant né dans sa crèche, réchauffé par les bêtes et visité par les bergers. Une nuit qui défie l'espace, car sur son traîneau tiré par des rennes, un mystérieux bienfaiteur réussit à traverser toute la terre en inondant de cadeaux les souliers de tous les enfants !

            Dans nos mémoires, Noël explose comme un feu d'artifice ; mais hélas sa magie a été détruite par le quotidien de nos vies soumises à tant d'impératifs matériels.

     

    Petit montage avec une crèche


            De nos voitures pressées, nous ne voyons plus cette crèche qui autrefois ornait les vitrines, annonçant que tout était neuf, que tout était à nouveau possible, que tout renaissait, constamment, régulièrement, certainement.

            Chaque année j'ai voulu y croire, à ce germe immaculé de la Vie qui surgit du néant de la Nuit, des ténèbres glacées de l'Hiver, pour s'offrir comme Pain, nourriture abondante et chaleureuse... et mes pensées taciturnes continuaient de le recouvrir de leur passage incessant, telles ces voitures filant droit devant elles sans remarquer le joyau qui leur tend les bras.

           Pourquoi nous acharnons-nous à ne voir du monde que l'écorce, qu'une surface désolée ? En pénétrant dans le cœur des choses la magie reparaît, et Noël est ce cœur, lové au tréfonds de l'obscurité et du dépouillement, au moment du solstice d'hiver où la nature semble anéantie et la nuit infinie : il nous montre l'étincelle de l'Étoile qui ressurgit, il nous montre la présence de la Graine qui germe pour un nouveau cycle de floraison et d'épanouissement. 

           Nous cherchons la Joie, nous voulons la partager et nous voulons y croire, faisant encore de Noël une fête de la Foi ! Foi en cette certitude que la Vie dépasse à jamais toute mort éventuelle, car déjà les jours rallongent, déjà le Soleil revient, déjà s'amorce la promesse de nouvelles germinations. Quelle que soit notre religion, quelles que soient nos croyances, tout autour de nous la crie, cette certitude : la Vie rayonne ! La Vie demeure ! La Vie vainc tous les obstacles et toutes les souffrances !

           Il n'y a pas besoin de grand chose : au désert (là où se taisent les pensées obstinées, aveugles automobiles...) une étable qui sert d'abri, des animaux qui réchauffent, quelques êtres simples et généreux qui apportent ce qu'ils ont pour aider... voilà ce que figure cette crèche, image symbolique de notre Cœur conscient,  où dans la grotte intime se cachent les forces vibrantes de la Vie.

     

    Naissance

     

     


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  •        C'est étonnant comme est la vie humaine.

           On est jeté dedans sans savoir comment et aussitôt, plongé dans un bain fabuleux de sensations, on cherche à l'explorer. Dès le premier éveil de la conscience on est projeté dans une quête effrénée : celle de la Lumière, de l'Amour, de la Compréhension.  


    Approche



          On court à la recherche de la Joie ; on fait tout pour être aimé, pour plaire, et les blessures s'accumulent car on cherche à être apprécié et en même temps à "s'éclater", à exprimer tout ce qui émerge de soi ; à se réaliser.

            Dès la première lueur de conscience, la quête du sens de la vie s'est déclenchée : si l'on nous dit que l'Absolu c'est Dieu, on cherche Dieu ; si l'on nous dit que le but de toute existence  c'est de devenir le meilleur dans tel ou tel domaine, on fonce. Et à force de se brûler à l'échec on approfondit, on approfondit toujours plus sa recherche : les voies sont multiples et ont toujours existé, chaque siècle en foisonne.

           Notre vie, notre petite existence humaine prend peu à peu l'aspect de cette piste d'aérodrome sur laquelle, tels des avions aux moteurs vrombissants nous filons, plus vite, toujours plus vite, vers notre envol assuré. Pour certains le décollage est plus précoce que pour d'autres : nous les voyons un jour planer et ils nous sourient de leur ciel éclatant... Ce sont les "saints", les "éveillés", les "réalisés". 

            Pour d'autres, l'envol ne se précise pas. Certains même abandonnent toute quête et demeurent raisonnablement dans ce qu'ils ont pu glaner de leur course initiale : fleurs des champs pour un bouquet-trophée, bonheur d'instants fugaces qu'on encadre et conserve précieusement sur l'étagère des souvenirs. Et ils regardent d'un œil désabusé ceux qui cherchent encore, se contorsionnant comme des funambules au-dessus d'un précipice.

    *   *   *

     
         Après bien des années, voici ce que j'ai remarqué : le But convoité est là devant, posé tout simplement à portée de regard comme le Petit Prince devant le Renard. Mais nous ne sommes pas "apprivoisés"... (1)


           Comme le Renard à chaque visite du Petit Prince nous prenons conscience de Lui par épisodes réguliers : nous nous perdons toujours dans le labyrinthe de nos rêves coutumiers mais si nous tenons vraiment à Lui nous Le retrouvons symboliquement "chaque jour à la même heure" (c'est-à-dire à des intervalles réguliers qui ne dépendent bien sûr pas de nous mais de Lui seul).


             Nous nous asseyons, nous contemplons Son Silence incommensurable et nous ne disons rien.


            Mais à chaque fois, nous découvrons qu'Il est un peu plus près...

     

          

     (Magnifique musique de Craig Pruess et John Altman,
    accompagnée de superbes images à regarder bien sûr en grand écran)

     


      (1) Voir ici la scène du Petit Prince de Saint-Exupéry où le Renard explique ce que signifie "apprivoiser".

     

     


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             Aisé est le Chemin de la Réalisation... (agrandir l'image pour la voir entière) 

     

     

           

           Lorsqu'on a trouvé un Frère Aîné, le chemin est indiqué...

         Ensuite il faut rire ! Rire c'est être sûr, d'une certitude qui n'a pas besoin de réflexion.

         Ensuite, il faut marcher sur la pointe des pieds... Pourquoi ? Parce que cela ne fait pas de bruit, et que dans le Silence on peut découvrir que personne ne marche.


         Alors, dans le Rire du Silence, dans le mouvement immobile, Il est là, l’Éblouissant : là, juste là...

     

     


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          L'envol de Thomas Pesquet pour la Station Spatiale Internationale m'a interpellée, comme beaucoup d'autres sans doute, car outre l'aspect intrigant de l'aventure et le fait que l'on nous en parle depuis fort longtemps, il faut bien dire que le jeune héros est particulièrement sympathique. 

      

    Mais au-delà de la curiosité qu'inspire ce voyage exceptionnel, c'est une des déclarations de Claudie Haigneré juste avant son départ qui m'a frappée et ne cesse depuis de me trotter dans la tête... Il est donc possible que le fait de développer ici ses implications me permette de libérer les questionnements qu'elle a suscités.

           Je m'interroge un peu sur l'exactitude de mon souvenir car il m'est impossible de retrouver ses mots sur les vidéos ou articles reproduits sur le net. Cependant voici ce que j'ai retenu : à la suite de la déclaration reproduite ici à 1'04 et qui me semble tronquée, elle a dit que lorsque l'on se retrouve en impesanteur, l'élément le plus frappant est que l'on ne sent plus son corps.

          C'est cette formule qui m'a conduite à de longues réflexions.

           L'expérience de l'astronaute est donc particulièrement instructive.

         Imaginez que vous ne vous sentiez plus de corps ; que vous n'ayez plus de sensations externes, ni internes ; juste, que vous voyez et entendez... Est-ce que cela vous empêche de sentir que vous êtes ?  Vous flottez au-dessus du monde comme si vous n'étiez pas incarné ; et vous pouvez alors concevoir à quel point les souffrances, les joies aussi, tous les drames et tous les espoirs humains sont dérisoires, microscopiques, presque noyés dans cette bulle de rêve qu'est la planète Terre au milieu de l'immensité cloutée de lumière.

          Lors d'une opération des jambes j'ai connu une rachianesthésie : on ne m'avait "endormi" que le bas du corps, et j'ai alors curieusement eu l'impression que je n'existais plus que jusqu'au thorax, et que le reste s'était diffusé dans l'espace. Comme j'avais un rideau devant les yeux j'étais persuadée de n'être constituée que d'une tête avec deux épaules et deux bras et tout en me trouvant un peu tronquée je ne me sentais aucunement diminuée dans ma nature profonde...

        Cependant dans le cas de Thomas, ce serait la totalité de son véhicule charnel qui disparaîtrait de son ressenti ! Plus de corps ! Et pourtant la conscience est toujours présente. Une conscience, qui non seulement est consciente d'elle-même, mais en plus peut contempler le monde et concevoir sa fragilité au vu de la rapidité des nébulosités qui fuient dans son atmosphère, constamment perturbée face à l'inaltérabilité de l'abîme cosmique. 

            Cette situation peut paraître effrayante évidemment, et c'est tout le sujet du film "Gravity" que j'ai visionné avec grand intérêt il y a quelques années. Il montre que nous nous ressentons comme des plantes issues de la Terre, et que la gravité qui nous rattache à notre planète est comme une racine d'où nous tenons à la fois nourriture et sécurité. Se perdre dans l'espace semble pire que se noyer dans la mer...

           Et c'est là que l'on touche à l'aspect maternel de cette planète qui nous porte et à laquelle nous empruntons tous ses éléments, car elle contient à sa surface d'Étoile transmuée en Jardin d'Eden tout le nécessaire à l'éclosion et à l'épanouissement de la Vie ; mais aussi, à l'insignifiance des éléments qui varient à sa surface : temps, distances, histoires personnelles... 

         Or par une étrange coïncidence il m'a également été envoyé ces jours-ci une vidéo illustrée par un chant merveilleux composé par un musicien que je ne connaissais pas (Craig Pruess) pour célébrer les 108 noms sacrés de la « Mère Divine ». Retransmise sur youtube sous de nombreuses vidéos différentes, cette évocation magnifique désigne notre "mère" comme un grand corps vivant dont nous ne serions que les éléments mouvants, tour à tour apparaissant et disparaissant, épanouis et meurtris, industrieux et flâneurs... Cependant à en croire les images montrées, elle dépasserait de loin le cadre de notre seule planète.

          J'ai trouvé à cette page des éléments de décryptage de cet émouvant hommage ; mais c'est en anglais et le texte semble éloigné de la formulation sanskrite qui évoque une à une les "Shakti" (ou aspects féminins) des différentes divinités hindoues. Avec la voix délicieusement inspirée de "Ananda", je vous propose de la découvrir ici dans cette vidéo qui n'en donne que le début :



     

        Vous la trouverez en entier (20'30) à plusieurs emplacements, mais avec une imagerie plus ou moins adaptée à notre goût (aucune ne me convient parfaitement d'où ma réticence à vous y envoyer)... C'est à cette page, où elle est jouée deux fois, que l'illustration choisie semble la plus appropriée car il s'agit de notre belle planète.

              

          


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