• Saint-Michel

     
     
    Vue de la Fontaine Saint-Michel, à Paris

     
       Il y avait un monde fou lorsque je suis passée sur la Place Saint-Michel ce samedi-là, et j'ai pris cette photo un peu vite, de trop loin, avec ce réverbère en plein milieu...

        Cependant aujourd'hui j'y repense, car nous sommes à la Saint Michel, ce jour où, dans ma mémoire, l'« Archange » terrasse le « Dragon ». Mais quel dragon au juste ?

        Sur cette statue, il s'agit d'un être humain, et c'est pourquoi inclure le bas de la fontaine devient utile, car les deux « griffons » érigés face à face font beaucoup plus figure de dragons que celui que terrasse le valeureux guerrier.


        Pourquoi les dragons ont-ils connu une telle importance dans l'imaginaire des occidentaux (dans les mythologies grecque, romaine, scandinave et celtique notamment, mais aussi dans la Bible et dans les contes de fées de l'époque romantique) comme des orientaux jusqu'à nos jours, au point de redevenir l'un des thèmes les plus prisés de la littérature (particulièrement de jeunesse) d'aujourd'hui ?
      

    Dragon


       Goethe lui-même dans un poème demeuré célèbre salue « la descendance sacrée du dragon » dormant dans les profondeurs des enfers (Chant de Mignon, qui rêve de partir en Italie... Ces « rochers battus des flots », dans la 3e strophe, évoquent bien de rivage napolitain près duquel campe le Vésuve).  

        Et pourquoi sont-ils tantôt considérés comme bénéfiques, et tantôt comme maléfiques ?

    Pointe de la Tour-Bréhec-Plouha
    (Bréhec, Plouha-Côtes d'Armor : la Pointe de la Tour
    et sa forme étrangement proche de celle d'une tête de dragon- cliquez pour agrandir)



        C'est qu'ils représentent la Terre qui nous porte, avec son feu intérieur ; la Terre qui nous nourrit, sans laquelle nous ne serions rien ; mais dont aussi nous devons nous détacher  pour devenir nous-mêmes, êtres humains verticaux, qui aspirons au Ciel.
        Des noirceurs de la pierre et du végétal nous nous dégageons, pour monter vers la Lumière qui nous inspire... Aussi cherchons-nous à nous affranchir de la matérialité qui nous retient 
    - de l'animal qui est en nous - que nous qualifierions volontiers de « démoniaque ».

         Mais comment survivre sans nos racines ? Et n'est-Elle pas notre mère ? C'est peut-être pourquoi Christopher Paolini met en scène non pas « un » dragon, mais une « dragonne » dans son best-seller « Eragon » : la douce et puissante Saphira aux yeux, paradoxalement, d'azur.

    Eragon


        En ce jour de Saint-Michel - prénom que j'aurais pu porter, si j'eusse été un homme -, je salue le Dragon qui n'est pas mon ennemi, mais mon partenaire, celui qu'à juste titre aujourd'hui on évoque comme  « porteur de Force » ! Il rampe puis il vole, et tour à tour serpent puis aigle de Saint Jean il dit les méandres de notre voyage intérieur, des ténèbres de l'Incarnation vers la Lumière de la Compréhension.

       Voici, en illustration musicale, un extrait d'une oeuvre particulièrement inspirée de Michael Stearns : « Sacred sites » (début de la 2e plage : Baraka Theme).
     




     

  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Octobre 2007 à 12:00
    Ah, la place saint michel n'est jamais aussi belle qu'au moi de Mai, lorsque la rebelle jeunesse crie sa liberté dans le souffle lacrymogène des vilains dragons bleus. Saint Michel priez pour nous !


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