• "Stop" suite


            Suite de la réflexion précédente.

            Acculer un disciple à l'éventualité d'une mort subite est une technique employée par certains maîtres pour le pousser vers l'éveil : elle permet une rétraction immédiate du mental qui cesse de gamberger vers l'avenir pour se centrer sur lui-même ici et maintenant.

           Imaginez un instant que vous êtes promis à une mort certaine par une maladie incurable... À quoi pensez-vous ? À vous-même, à ce que vous ressentez ! À votre colère peut-être, à votre déception, à votre angoisse, à votre désir de revoir telle ou telle personne, de faire telle ou telle chose, d'aller à tel endroit, ou à votre frustration de ne pouvoir le faire.

        Et bientôt vous vous apercevez que vous n'êtes plus que ressenti, que rien n'existe et n'a jamais existé que votre ressenti : vos pensées (ce que vous vouliez faire, alliez faire, n'avez pas pu faire), vos sentiments (ce que vous aimez, n'aimez pas, cherchiez à atteindre, qu'il s'agisse d'êtres ou de choses), vos émotions (peur, anxiété, tristesse, joie...), vos sensations (douleur, réconfort, présence d'autrui, couleurs douces ou non, sons agréables ou non...).

           Et comme je le disais en réponse à un commentaire, vous devenez identique au nouveau-né qui lui aussi n'expérimente que son ressenti et rien d'autre. Ce qui fait que j'aurais pu tout autant écrire :

    Que se passerait-il
    Si je venais à naître
    Là, juste là
    Maintenant ? 

             ... Or comme par hasard voici l'image sur laquelle je suis "tombée" juste après avoir écrit ces lignes. 
     

    Sortir de l'illusion
     

          Par quelle étrange coïncidence l'image projetée ressemblait-elle si fortement à celle que j'avais fixée dans mon appareil pour illustrer mon propos ?...

           Certainement pour que je fasse le lien entre ce paysage qui semblait accompagner "ma fin", et cette vision d'un personnage dont la tête n'est en réalité qu'une machine à projeter un film.

            Ce personnage que nous croyons être et qui s'imagine se déplacer dans un décor et y vivre des aventures n'est en réalité qu'un ensemble de sensations interprétées par une machine super-sophistiquée qui est notre mental.

             Notre Être véritable est juste le témoin de cela.

             Le comprendre, le réaliser véritablement, le vivre est la guérison de tout.

            Ceux qui prétendent avoir vécu des sorties du corps, des "voyages astraux", nous aident certes à songer que ce corps ne nous limite pas, mais ils demeurent dans les projections mentales.

              L'Esprit est encore au-delà de cela, témoin de cela. 

              Le personnage qui a plané au-dessus de son corps finit lui aussi par se dissoudre et sera réabsorbé dans un autre corps par le samsara.

            L'image ci-dessus est un peu triste, car elle nous montre un personnage qui marche dans un couloir sombre ; mais ce personnage n'est pas nous non plus, il est juste la représentation de ce corps que nous croyons habiter.

             Méditer sur l'expérience que nous avons des choses est primordial ; méditer sur ce ressenti qui est toujours et à jamais présent est primordial.

           C'est cela seul qui existe, pour nous prouver que nous sommes. C'est cela le miracle de la Vie ! L'Être parfait et rayonnant s'expérimentant Soi-même sous ses infinies facettes...

     

     
    Une belle prière de Imee Ooi

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 2 Octobre à 15:40
    Daniel

    Personnellement je trouve la méthode un peu brutale !

      • Lundi 2 Octobre à 20:26

        Elle n'est pas utilisée n'importe quand ni sur n'importe qui ; mais elle m'a parlé en tout cas.

      • Mercredi 4 Octobre à 09:16
        Daniel

        Alors c'est l'essentiel !!

    2
    Lundi 2 Octobre à 16:35

    Mais nous sommes tout le temps promis à une mort certaine, alors essayons d'avoir une vie juste, au meilleur de nous mêmes, et ainsi nous partirons sans regret !!!

      • Lundi 2 Octobre à 20:26

        La sagesse parle par tes mots, Danaé.

    3
    Mardi 3 Octobre à 04:07
      • Mardi 3 Octobre à 08:34

        De grands sages...

    4
    Mardi 3 Octobre à 07:55

    Je me fais souvent cette réflexion : si tout s'arrêtait à cet instant, si je perdais le contact avec ce monde. L'âge avançant, j'y pense plus fréquemment. Il me semble alors qu'autre chose vient à moi que je ne saurais définir, comme un changement de niveau de réalité.

    Amitiés

    Alain

    5
    Mardi 3 Octobre à 13:58

    Nous sommes programmés pour mourir... On sait que tout peut s'arrêter du jour au lendemain... Alors j'essaye de vivre le présent du mieux possible... Et quand j'ai été gravement malade, j'ai davantage pris conscience du côté mortel de nos vies précieuses mais si fragiles...

    J'écoute et aime la musique que tu nous proposes...

    Bisous Aloysia

      • Mardi 3 Octobre à 16:11

        Je suis heureuse que tu aimes aussi la musique que je propose... C'est si agréable de partager ! Si tu as été gravement malade, tu as ressenti à quel point le fait d'être éveillé là maintenant est essentiel, principal ? Ce ressenti ne doit ^pas engendrer la peur du lendemain, mais au contraire permettre de s'enraciner davantage dans ce qui ne disparaît jamais... Bisous, Béa.

    6
    Mercredi 4 Octobre à 16:57

    Lorsqu'on a été tutoyé la mort à plusieurs reprises pour des raisons de santé,  (C'est mon cas) on s'est familiarisé avec l'essentiel.

    Le présent n'est jamais qu'un sursis avant liquidation complète. Son intensité (au présent) est telle  que le mental n'a plus d'autres fonctions que de goûter le ressenti de l'instant.

      • Mercredi 4 Octobre à 17:55

        Exactement. Certaines expériences difficiles sont là uniquement pour nous permettre de mieux comprendre ce qu'est la réalité de la Vie. 

    7
    Jeudi 5 Octobre à 07:59

    La vie est si fragile. Et pourtant, nous nous comportons comme si nous étions éternels, remettant bien souvent au lendemain de voir untel, d'écrire à tel autre, de faire ceci... un jour...

    Alors, depuis la mort brutale de mon père, j'essaye de changer cela. J'essaye

    N'être que ressenti.. ça donne un peu le vertige je trouve

      • Jeudi 5 Octobre à 15:43

        Oui, cela donne le vertige ! C'est ce que j'ai évoqué la première fois que j'y suis parvenue, 

        Je pense qu'il y a encore qqchose à dépasser  car cela ne devrait pas demander d'effort ; il y a l'"autre" méthode, celle de Thich Nhat Hanh : être attentif.

    8
    Jeudi 5 Octobre à 19:14
    durgalola

    merci pour ta visite et tes mots ; je t'embrasse et repasserai pour lire tranquillement ton texte. (je file à la cuisine).

      • Jeudi 5 Octobre à 20:40

        sarcastic   Miam ! Ça doit être bon !!

    9
    Jeudi 5 Octobre à 23:09

    Savoir mourir, il faut une vie pour l'apprendre. Peut-être parce que pour savoir mourir, il faut savoir vivre.

     

      • Vendredi 6 Octobre à 08:46

        Jolie remarque, Carole.

        Qui est évidente car ce sont les deux termes qui s'équilibrent, et l'un ne va pas sans l'autre.

    10
    gazou
    Vendredi 6 Octobre à 19:01

    il me semble que, si l'on a bien vécu, l"on meurt paisiblement sans regret , sans amertume

      • Vendredi 6 Octobre à 20:21

        Sans doute.

    11
    Dimanche 8 Octobre à 14:02
    durgalola

    lire plusieurs fois le texte, et à chaque fois découvrir autre chose. En fait, en sachant la mort irrémédiablement proche . m'incite à être là où je suis.

    Et la supposition finale, naître est effectivement identique.

    Bises et bon dimanche

     

     

     

    12
    Dimanche 8 Octobre à 14:07
    durgalola

    je réponds à ton commentaire sur l'autocollant 'nucléaire" ; oui ... nous usons tous du nucléaire ; les salariés de Fessenheim ne veulent pas quitter leur emploi même s'ils savent que leur centrale n'est plus sûre et de toute façon devra fermer un jour (durée de vie assez courte finalement). 

    Ségolène Royal sur France Inter informait que Total construisait une centrale à énergie solaire. Nous avons tous vécu en dilapidant les ressources terrestres, apprenons à être sobre. (pas toujours facile)

    Bises

     

     

      • Dimanche 8 Octobre à 21:16

        Oui, de toutes façons je suis totalement pour les énergies renouvelables et j'applaudis la situation de notre région qui est totalement autosuffisante à ce sujet, par d'innombrables éoliennes et un très beau champ de panneaux solaires - sans parler de tous ceux qui couvrent les toits des édifices publics de notre ville.

    13
    Mardi 10 Octobre à 10:58

    La mort n'est qu'une renaissance ............

    Châle-heureuse-aimant !

      • Mardi 10 Octobre à 16:32

        C'est ce que j'ai cru longtemps... Mais je ne le crois plus. La mort est un dépouillement. On se dépouille de ses vieux vêtements humains, un peu encombrants, un peu lourds, on respire mieux !

    14
    Dimanche 15 Octobre à 19:22

    Je viens de lire la suite de tes articles de fin septembre début octobre. C'est vraiment très nourrissant pour l'esprit et je te remercie de m'avoir fait passer un moment plein en ces temps où je cours un peu après mon ombre ! Amitiés.

      • Dimanche 15 Octobre à 22:29

        J'en suis vraiment heureuse, chère Ariaga, et te remercie de m'accompagner ainsi.



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