• Maurice Audejean (2)

     
    (Suite de cet article)

         Avant-hier, j'évoquais Maurice Audejean, personnalité éminemment attachante de ma région, poète trop tôt disparu. Voici d'autres citations tirées de ses livres, pour vous permettre de mieux appréhender cette poésie toute de subtilité et de profondeur, aussi intense que pudique.

     

    Maurice Audejean (2)

     
        On trouve ici une page qui lui est consacrée sur le site "Printemps des poètes". 
        


    Extrait de « Drains » (Rougerie, Mortemart, 1982, p.50)

    Où il faut toujours aller au-delà.
    Que la paille couvre le toit
    Que le veau lèche son auge
    Qu’il fasse clair le matin,
    Plus clair que le besoin
    Qu’on n’imagine pas.
    Minutes d’eau folles
    Et toi levain,
    Les bras grandissent,
    La lumière se crée.
    Naturelle est la femme
    Et celui qu’elle aime
    Retrouve ses dimensions silencieuses
    Au vertige du don.


    Extrait de « Le Pré du Brasil » (Rougerie, Mortemart, 1984)

    Jeune et belle, déboutée de l’eau et du dedans des ronces,
    Douce conque, au mot parfum polie,
    Tu brasses l’air comme si des pétales te poussaient.
    L’image grossière d’où tu es extraite n’a pas disparu
    Mais ce passage de la mort à la vie t’a grandie
    Et il fait beau des plaisirs renouvelés un à un.
    A grand peine les étoiles sortent de la nuit pour nous parvenir,
    Avec des dents pour mordre nos yeux
    Et défaire la poussière d’ici
    Qui sans cela se croirait définitive.
    Toujours neuve voix, sortie du silence,
    Conque étoilée entre les belles…


     

    Extrait de « Le Peu et l’Impossible » (Rougerie, Mortemart, 1987)

    Le silence sait d’où je viens

    Nous retournons chercher
    Au fond de la mer
    Ce que nous sommes devenus.
    Temps d’abstinence
    Et de jouissance
    Se succèdent.
    Nous mâtons haut
    Sans même boire.
    Quand le vent tombe,
    L’eau redevient poisson.


    Extraits de « Au matin calme » (Rougerie, Mortemart, 1988)

    Un mot simple
    Recommence la vie
    A chaque instant.

    Dérouter les yeux
    Par une longue errance
    A propos du vent.


    La terre est tout entière
    Dans la boucle tendre de l’eau.


    Les mots savent que
    Nous sommes séparés
    De notre vie.


    Extraits de « Partir avant la Fin » (Rougerie, Mortemart, 1990 : page finale)


    Tout l’été est passé de notre côté.


    La terre doit célébrer le jour avec grâce.


    Où ? Quand ? Comment ? Un besoin vital devient rupture d’avec soi.


    La poésie des arbres entre dans la maison pour y garder le feu vivant.


    Vivre ne peut tenir en une seule vie.


     

  • Commentaires

    1
    brigitte
    Mercredi 1er Mars 2006 à 12:00
    Bonjour, Je suis tres touchee que vous aimiez les poemes de mon oncle et parrain,Maurice Audejean... J'ai la chance d'avoir ses ecrits dédicaces et il m'avait offert pour mon mariage un manuscrit auquel je tiens comme a la prunelle de mes yeux....Nous etions tres proches et il me manque toujours autant.Je serai heureuse de parler de lui si vous le desirez..


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