• Noël au Sahara : réveil en plein désert

     
     


      
        Quelques heures après je m'éveille enfin au grand jour, partiellement réchauffée. C'est l'exclamation de David, à l'extérieur, qui en est la cause :
        - Venez voir comme c'est beau !... Oh ! Le bel oiseau !
        Il est neuf heures du matin, en ce 23 décembre.
        Je m'extirpe de ma tente. Et c'est la stupeur, l'émerveillement !
        Un ciel bleu des tropiques, un soleil éclatant ; du sable rouge sous nos pieds, et rose à l'horizon des dunes ; et partout, des palmiers, des palmiers...
    Derrière nous, le muret d'argile rouge et ensuite, les petits jardins de sable mouillé où une herbe vert foncé croît activement sous les palmiers dattiers.
        On se prépare à déjeuner. Vive le guide qui a tout prévu ! Il nous rapporte déjà de la ville des pains fins et complets (au goût acide, comme tout dans ce pays) avec de l'eau et de la confiture. On fait chauffer cette eau sur le camping-gaz et on obtient bientôt du thé que l'on sucre au lait concentré. Vite, chacun tend son bol ! Je m'affaire à photographier, me promenant dans la palmeraie.
     


       

        Nous croisons de jeunes noirs qui s'enhardissent à demander des cigarettes, des ânes chargés avec leurs maîtres. Déjà la peau commence à griller, à rougir au soleil. Des enfants sortis de l'école paradoxalement vers dix heures nous expliquent le système des deux groupes scolaires par demi-journée destinés à pallier au manque d'instituteurs et ajoutent, en se plantant définitivement à nous observer :

        - Mais les vacances commencent aujourd'hui !
        Notre guide annonce qu'il a pris contact avec la personne qui nous prend en charge à Timimoun, et que si tout va bien nous embarquons pour la sebkha juste après le déjeuner. Je ne comprends pas grand chose à ses projets, mais apprends qu'il faut se hâter de démonter la tente et de repartir le sac sur le dos vers la ville.




     
       Vers treize heures, nous arrivons à la gargote qui sert de point de ralliement. On peut y commander une assiette de couscous pour une somme modique : c'est ce que nous faisons. Nous remplissons nos gourdes d'eau et y pulvérisons des pastilles de chlore. En guise de lieux d'aisance, nous découvrons avec inquiétude un recoin de façade donnant directement sur la rue et apparemment ouvert à tout venant, devant lequel stationnent des enfants amusés qui nous réclament des dinars. Enfin nous nous installons sur le rebord élevé d'un trottoir pour attendre les voitures sahariennes sensées venir nous chercher.
        L'une d'entre nous remplit des cartes postales. Les gamins s'amassent autour d'elle pour lui réclamer des stylos. Malgré les recommandations de notre guide nous n'avons pas du tout songé à nous en munir, et c'est à grand peine que nous le leur faisons comprendre. Un autre part à la poste. Je le suis. Bientôt de retour, nous cherchons des coins d'ombre pour échapper tant aux ardeurs des gosses qu'à celles du soleil. Cela commence à devenir inquiétant : quinze heures, et toujours pas de nouvelles de notre rendez-vous de treize heures !
        Notre guide ne sait plus que penser, et nous sentons que le jour va bientôt basculer vers le soir. Plusieurs d'entre nous déplorent d'avoir manqué l'occasion de visiter la ville... Nos vacances paraissent compromises. Enfin une voiture vient chercher Daniel, mais lui seul. Il s'embarque avec des inconnus. Anxieux, nous attendons son retour.



     
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  • Commentaires

    1
    Samedi 17 Décembre 2005 à 12:00
    C'est extraordinaire, je retrouve les couleurs de mon Afrique aimée, les rues de Ouaga étaient telles, les maisons dans certains quartiers, cette poudre rouge qui se soulevait au moindre coup de vent brûlant venant direct du désert... je suis accro à ton feuilleton...
    2
    Lundi 17 Novembre 2014 à 11:46

    Tout ne se passe pas toujours comme prévu dans ces pays où le temps n'existe pas. Et pour les petits coins toilette, c'est souvent au vu des gens qui passent !!! (je m'y suis habituée, surtout au yémen ou en inde)

    3
    Lundi 17 Novembre 2014 à 14:00

    Merci, Danae !smile



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