• Bénédiction de Dieu dans la solitude

     
     
    Le lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes Alpes
    (Photo prise par moi en août 2006)


        Voici une de mes oeuvres pianistiques préférées : tirée des "Harmonies poétiques et religieuses", de
    Franz Liszt, la troisième de la série, elle en est aussi une des plus équilibrées et des plus achevées, si ce n'est la plus belle.
        Pour une âme mystique autant que romantique, Liszt évoque ici toute la splendeur d'un paysage qu'on imagine suisse, un immense panorama de montagnes baigné par le soleil, en une partition de 15 pages qui dure une quinzaine de minutes, et que je m'obstine depuis plusieurs années à toujours retravailler et toujours réapprendre par coeur, ce qui est une gageure surtout par rapport à la longueur du morceau, qui exige une certaine endurance et donc l'habitude de jouer plusieurs heures par jour.
        Pour vous la faire connaître, je l'ai trouvée sur Youtube, mais en deux parties, vu sa longueur. Vous en comprendrez cependant je pense la construction, de forme "lied" dirais-je, c'est-à-dire avec une première partie exposant le thème principal, en deux fois me corrigerez-vous séparées par un léger intermède, et se terminant sur une montée grandiose aboutissant à une jolie coda toute enguirlandée sur la gamme pentatonique, préfigurant déjà Debussy ou Maurice Ravel.
        Un nouvel intermède, très différent de style et comme destiné à "ramener sur terre" (observation des fleurs ? Des petits animaux ?) clôt la première moitié de l'enregistrement et la première vidéo, suivi d'un passage plus chanté (qui débute le second enregistrement), destiné à reconduire vers l'extase du premier thème... Et c'est la reprise, plus vibrante que jamais, consuisant à une coda si enguirlandée cette fois que c'est la partie sur laquelle je bute le plus. Une conclusion méditative clôt la pièce, comme on ferme un livre, les yeux, ou comme on joint les mains.

        J'ai admiré l'interprétation sublime d'
    Alfred Brendel (qui m'a permis de découvrir cet oeuvre), celle un peu rapide de Philip Thomson
    aux éditions Naxos, mais il y en a bien d'autres plus récentes, et sur Youtube j'apprécie celle de Claudio Arrau, car finalement il ne force pas dans la virtuosité, il ne presse pas, et c'est sans doute tout à fait juste puisqu'il s'agit d'une oeuvre essentiellement contemplative.

        Je vous laisse l'écouter et l'apprécier à votre tour.
     

     
     

  • Commentaires

    1
    Mardi 12 Août 2008 à 12:00
    En effet, c'est magnifique. Un voyage qui transporte dans une paix silencieuse profonde et magique.Merci.


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