• Voyage en Franche-Comté : 8 - Le Château de Joux (2)

     
    Début du voyage ici.
    Début de la visite du château ici.

     

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        Complètement trempés,
    après avoir admiré l'élégance de l'arc formé par l'escalier qui poursuit son ascension vers la droite, nous montons vers la porte ouverte pour découvrir la cellule où fut enfermé Mirabeau. 

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        C'est en 1775 à l'âge de 26 ans, qu'Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, fut transféré ici du château d'If, où il s'était fait remarquer par ses incartades sentimentales - alors qu'il était paraît-il fort laid ! (voir le détail à cette page).

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        Il n'y fut pas trop malheureux, la pièce étant relativement spacieuse et chauffée, et surtout le gouverneur acceptant bientôt de le laisser aller et venir à sa guise.
     

        Nous retraversâmes la cour sous le déluge pour visiter, dans le bâtiment en vis-à-vis, l'exposition d'armes dont je ne vous parlerai pas cette fois. Elle était passionnante, mais entre l'eau qui me dégoulinait des mains, le chien que je tenais en laisse et les visiteurs présents que j'évitais de photographier, je n'en ai obtenu que des vues peu précises (n'ayant pas le temps de noter de quoi il s'agissait) et souvent floues ; il faut dire que, tout étant exposé derrière des vitrines, j'évitai d'utiliser le flash ce qui avec le peu de lumière dont nous disposions entraîna systématiquement un impact sur les images au plus infime mouvement. En voici cependant un exemple en attendant peut-être un article à venir...

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        Revenant sur nos pas nous nous engageâmes dans un secteur du château beaucoup plus ancien.

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             Après avoir admiré cette cuisine d'aspect moyen-âgeux, nous commençons à monter vers la tour où avait souffert la malheureuse Berthe de Joux, objet d'une légende attachée au château.

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        Nous traversons bientôt ce corridor dont l'architecture romane est particulièrement impressionnante, malgré les meubles en dépôt.

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         Peu après nous accédons à la fameuse tourelle, longeant encore un canon d'époque napoléonienne installé là pour attester de la pérennité de l'utilisation des locaux...
     

         Il serait temps peut-être d'évoquer ce nom de "Joux", qui était porté par les suzerains du lieu au XIIe siècle : comme le mot "Jura", il tire son origine d'un mot celte, "Jor" signifiant "pays de forêt" (voir ici).

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           La pauvre Berthe, surprise
    avec un nouvel amoureux par son mari disparu depuis de longues années en croisade, fut condamnée par celui-ci à voir de cette étroite fenêtre le malheureux se balancer, mort, à la fourche d'un arbre sur la colline voisine.

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        Et le plus clair de son temps jusqu'au décès de son
    impitoyable époux, elle le passa séquestrée derrière cette toute petite porte dans un espace sans ouverture d'à peine un mètre carré (mais un peu plus libre vers le haut - du moins aujourd'hui). 

        Mais nous voici repartis vers un autre secteur du château - tout aussi sombre hélas. A force de tourner en rond dans le dédale je suis complètement perdue et serais incapable de vous dire où nous étions. Cependant nous cherchions la cellule où fut emprisonné le héros haïtien Toussaint Louverture. Promu premier général noir de l'armée française dans l'île qui s'appelait alors Saint-Domingue, pour avoir pris la tête de la révolte des esclaves contre le colon blanc puis en avoir chassé les espagnols (l'esclavage avait été aboli par la Convention en 1794) il en devint le gouverneur ; il dut d'ailleurs le surnom de "Louverture" à son sens stratégique remarquable. Mais Napoléon, rallié à la cause de l'esclavage, le captura en 1802 et le fit transférer au château de Joux où, malgré une vaste cellule équipée d'une cheminée, il ne survécut pas un an (voir ici).

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        La fenêtre ridiculement petite et le climat extrêmement rigoureux eurent rapidement raison de lui.

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        Cependant la République de Haïti et Mme Rama Yade en tant que secrétaire d'État chargée des Droits de l'Homme déposèrent des plaques en son honneur.

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       Ici la plaque apposée dans la cellule à gauche de la cheminée.

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         Là le buste offert par Haïti et disposé devant l'entrée, dont je vous détaille ci-dessous les inscriptions.

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         Un texte du héros lui-même.

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          La plaque au bas du buste.

         Deux autres plaques ont donc été ajoutées en 2008 devant l'entrée du cachot par Mme Rama Yade.

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       Celle-ci évoque la "Route des abolitions de l'esclavage" lancée par l'Unesco en 2004 et celle qui la jouxte, ci-dessous, en précise l'inauguration.

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       À cette page vous voyez mieux la cellule dans son ensemble.
     

        Il ne nous reste plus alors qu'à nous engouffrer dans un interminable escalier en colimaçon pour descendre dans les profondeurs jusqu'aux "souterrains" du château (situés en fait au niveau des douves).

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       Au passage voyons comme les pièces du rez-de-chaussée sont taillées à même la pierre !

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       C'est un escalier lugubre et interminable qui nous fait descendre de plusieurs étages à travers le roc.

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       Tout en bas, les souterrains, d'immenses tunnels ténébreux... Au bout desquels nous attend une réalisation des plus étonnantes.

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       Un puits, un gigantesque puits d'une hauteur considérable, que Vauban avait fait tailler à la main (travail titanesque !!) afin d'assurer l'approvisionnement en eau à l'édifice en cas de siège. Les ombres que vous apercevez sont celles d'une armature en fer qui a été ajoutée dessus pour éviter les accidents. Mais si l'on veut sonder la profondeur de ce puits, on peut y jeter un objet (en l'occurrence les guides actuels renversent un peu d'eau), et il se passe près d'une minute avant que l'on perçoive sa chute tout en bas.
     

        Étourdis, nous passons alors dans d'autres tunnels agrémentés de salles où subsistent des éléments de décors, le château de Joux ayant été souvent utilisé pour le tournage de films : en l'occurrence, il reste des traces du tournage des "Misérables" par Claude Lelouch, ce dernier y ayant situé les scènes où Jean Valjean est bagnard.

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        Mais grâce au ciel, nous en sortons, nous...

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       ... et nous découvrons tout au fond des douves, face à ce qui fut des cantonnements militaires au début du 20e siècle.

        Comme la colline s'abaisse de ce côté, en traversant ce bâtiment nous reviendrons aux enceintes externes qui sont camouflées sous des pelouses, et pourrons ainsi quitter le château... pour retrouver la pluie qui, loin de cesser, a repris de plus belle !

     

     À suivre ici

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 17 Août 2011 à 12:00
    Découverte très intéressante pour moi ce château, et comme je m'intéresse particulièrement à l'époque du moyen-âge, à visiter !
    2
    Vendredi 4 Août à 11:23

    C'était pas marrant de vivre dans le cachot de Berthe, elle ne pouvais même pas s'allonger ! 



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