• Voyage en Franche-Comté : 7 - Le Château de Joux (1)

    Début ici


         Un jour de pluie, nous allâmes visiter le prestigieux Château de Joux, juché sur un des sommets de la Cluse de Joux, tout près de Pontarlier.

     

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         Ce n'était pas une très bonne idée, car la pluie fut beaucoup plus méchante que prévu, comme vous le verrez, mais voici déjà une vue du château par beau temps depuis la départementale 67 que vous voyez en rouge sur la carte et qui mène droit en Suisse, vers Vallorbe.

    Cluse-de-Joux-route-Vallorbe.JPG

     
       Situé sur un pic rocheux surmontant un étranglement de terrain, le château (que vous voyez à gauche) fut doublé à la fin du 19e siècle par deux forts à visée défensive, le Fort Mahler (appelé communément "Fort du Larmont inférieur", que vous voyez à droite) et le Fort Catinat (ou "Fort du Larmont supérieur" situé un peu plus loin derrière). Nous n'avons pas pu atteindre le Fort Mahler, qui ne se visite pas, mais vous en trouverez à cette page une belle description offerte par un habitant de la région.
    Pour le "Fort Catinat", on ne le voit pas de la Cluse de Joux mais vous en trouverez un descriptif ici, et le distinguerez sur la carte donnée au début de cet article.

        De la départementale 437 qui descend à Malbuisson, voici une autre vue de la Cluse de Joux, qui nous permet de voir les deux édifices sous un autre angle.

    Cluse-de-Joux-route-Malbuisson.JPG


        Cette fois le château, dont les origines remontent au 11e siècle, est visible sur la droite et l'on voit mieux l'étroitesse de la Cluse, qui dès le Moyen Age faisait l'objet d'un "péage" pour toute personne se dirigeant vers Pontarlier.

        Pour éviter les désagréments occasionnés par une difficulté d'affichage des photographies, j'ai décidé cette fois, en plus du rétrécissement et de l’allègement des images, de ne pas vous offrir la possibilité de les agrandir - mais pas contre je vous en ai pratiqué des duplications zoomées. Voici donc d'abord une vision rapprochée du château :

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       Et voici le Fort Mahler qui lui fait face :

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        Les impressionnants plissements de terrain valent d'être vus au grand jour, car bientôt la pluie opiniâtre aura raison du paysage...

        Mais évoquons ce Château dont un historique rapide est offert ici, face à la page plus détaillée de Wikipedia, et au site très complet que lui consacre la communauté de communes du Larmont (vous pouvez voir aussi cette présentation qui contient une visite animée). Au cours des dix siècles de son histoire, il n’a jamais cessé d’être reconstruit, agrandi et complété, et se compose aujourd’hui de cinq enceintes s’étendant sur deux hectares, sans compter les forts du Larmont inférieur et supérieur construits au 19e siècle.

        Les différentes enceintes ayant été ajoutées progressivement les unes autour des autres, nous pénétrons dans l'édifice par la dernière, qui date elle aussi de la fin du XIXe. Joseph Joffre, avant de devenir en 1916 le maréchal que l'on sait, avait été envoyé en tant que capitaine à Pontarlier en 1876 pour mettre à jour les fortifications du Jura (voir ici), et avait alors mis tout en oeuvre pour conférer au site un aspect "camouflé" qui était le dernier cri à l'époque, c'est-à-dire pour cacher les fortifications sous des mouvements de terrain d'apparence naturelle.

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        Après l'entrée que vous voyez ci-dessus, en voici l'aspect vu de l'intérieur (avec la brume qui marquera toute notre visite !). Plus loin vous pourrez en découvrir l'image vue de haut, quand nous serons montés un peu à l'intérieur de l'édifice.

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        Toutes les murailles sont dissimulées, à la manière des blockhaus que l'on verra plus tard sur les côtes bretonnes.

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       Entre chaque enceinte, un pont-levis et des portes monumentales assurent une protection maximale. Ici nous traversons une seconde enceinte apparemment due elle aussi à Joffre.

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        Nous arrivons alors dans le domaine de Vauban, qui fut chargé par Louis XIV de sécuriser la défense des frontières françaises lorsque après 1678 et le Traité de Nimègue ce dernier eut le bonheur de récupérer la Franche-Comté et de l'intégrer au royaume de France.
    Voici la troisième enceinte, défendue par un profond fossé, et derrière laquelle se dresse le château.

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       Elle présente elle aussi un pont-levis et s'orne d'une porte monumentale aux armes du Roi-Soleil.

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       Face à cette porte, une petite statue de Vauban occupé à l'examen de ses plans.

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       Et lorsque nous franchissons le pont-levis, voyez s'il pleut sur le Haut-Doubs... (photo prise fin juin 2011). Un vrai déluge !

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       Outre le pont-levis et l'impressionnant gouffre qu'il surplombe, une énorme porte de bois est prête à se refermer en cas de nécessité.

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        Nous courons nous abriter sous une quatrième enceinte, précédée elle aussi d'un pont-levis et armée d'une lourde porte, qui est en fait celle qui marquait le début du château au Moyen Age et à la Renaissance.

        Le château étonne par son allure fraîche et entretenue : c'est que, de par sa position stratégique, il n'a jamais cessé d'être habité, aménagé et reconstruit pour le logement des garnisons en poste aux frontières.

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        Nous montons rapidement sur une terrasse d'où nous sommes censés avoir une vue imprenable sur la région. En fait nous voyons surtout le donjon et son petit clocher.

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       Et voici ce que nous pouvons discerner de la Cluse-Mijoux située en contrebas. On peut tout de même remarquer la hauteur impressionnante, ainsi que le caractère abrupt du rocher sur lequel trône le château ; on perçoit également l'étroitesse du passage (qui laisse juste place à une route à deux voies, avec quelques maisons et une voie de chemin de fer), ainsi que la proximité de la falaise en vis-à-vis, dont le plissement rocheux est spectaculaire.

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        Un peu plus haut, les flancs du château.

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        Et derrière nous, l'image annoncée tout à l'heure, de l'entrée du château, avec la porte monumentale de Vauban et les deux enceintes préalables entièrement camouflées. (On aperçoit sur la gauche la petite statue de Vauban sur son socle).
     

         Entrons donc dans le château... Mais comme vous vous en doutez, on ne verra pas tout en une seule fois ! Sans parler du musée d'armes qu'abrite cette bâtisse et que je n'évoquerai peut-être pas ici.

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         Voici la "basse-cour", où venaient se réfugier les paysans en cas d'attaque à l'époque médiévale. De grosses meurtrières ont été aménagées ultérieurement par Vauban pour le passage de canons.

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       De cette "basse-cour" part l'escalier "Ha ! Ha !" que je n'ai malheureusement pas photographié en entier, mais dont vous pouvez ici deviner l'attrape. Une première série de marches atteint un palier que vous apercevez au bas de cette photo, auquel succède une seconde volée de marches. Or le palier était un piège : formé d'une planche de bois, il était amovible et lorsque par malheur des ennemis parvenaient à pénétrer jusqu'à cette cour, après avoir rapatrié tous les "manants" dans la "haute-cour" on comptait sur ce subterfuge pour éliminer les assaillants qui systématiquement, s'étant élancés sur les marches, tombaient dans le trou en arrivant au milieu de leur ascension... ("Ha ! Ha !" entendait-on d'en haut !). Aujourd'hui le palier, qui surplombe un trou de plusieurs mètres, est étayé par des échafaudages que je n'avais pas trouvé élégant de photographier...

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        Le château est immense et envahi d'échafaudages divers, prévus pour des animations de tous ordres, le plus souvent théâtrales (voir ici). C'est pourquoi je ne photographie pas l'espace que nous découvrons en haut, mais plutôt cet étonnant cadran solaire (rénové sans doute en 1993 alors que sa date d'origine est celle mentionnée sur la gauche, 1693) : les trois lignes visibles en son travers décrivent la marche du soleil au solstice d'été et aux équinoxes.

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       Cette porte aussi attire mon attention, mais c'est à cause de l'inscription affichée sur sa droite : 967m, est-ce l'altitude à laquelle nous nous situons ?...

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         Cette tour marque le génie de Vauban : elle a été "armée" spécialement de pierres rondes extrêmement solides qui ont pour vertu de repousser les boulets de canon.

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         Enfin voici une jolie cour agrémentée d'un puits, à partir de laquelle va commencer notre visite des intérieurs du château... Mais ce sera pour une autre fois. Et nous serons ravis de nous abriter !

     
    Fin de la visite ici
     

  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Août 2011 à 12:00
    Je te remercie pour ton gentil com qui m'a fait plaisir ! Tu peux me suivre en t'inscrivant à la Newsletter ! Bonne soirée
    2
    Vendredi 4 Août à 11:19

    Un château bien défendu. On trouve partout des fortifications de Vauban, j'en ai vues aussi à Belle ïle. Bises



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