• Trouver un sens à sa vie, ou une direction...


         Les désillusions de l'existence nous conduisent tôt ou tard à lui chercher un sens. Mais qu'est-ce qu'on appelle sens ? Est-ce une signification, ou plutôt une direction ? 

         Et s'il s'agit de "direction", il y a encore deux acceptions possibles : est-ce se diriger vers, ou être dirigé par ?

         La vie nous mène donc à des choix. Et nous découvrons que réfléchir sur ces choix nous conduit à tourner en rond, et que tourner en rond nous conduit toujours à cette même conclusion : "être dirigé par..." serait la bonne réponse. Car il est indéniable que comprendre le sens ou se diriger vers répondent tous deux à une attente, à un désir ou à une opinion préalables : il y a donc quelque chose qui nous mène. 

         Mais QUI nous mène ? Et OÙ ?


    Rajneesh-08-L'art d'être disciple

     


         Dans notre vie, des signaux apparaissent. Certains sages affirment qu'il y a un maître intérieur qui nous les envoie afin de nous guider.

        C'est en tous cas le message délivré par la carte l'Art d'être disciple du Tarot de la Transformation d'Osho Rajneesh. Vous en avez l'image ci-dessus, et en voici le commentaire.
     

         «   Lorsque le grand mystique soufi Hassan fut sur son lit de mort, quelqu'un lui demanda qui avait été son maître. Hassan lui répondit :

        - J'ai eu tant de maîtres que citer leur nom prendrait des années. Il est trop tard à présent. Je vais cependant vous parler de trois d'entre eux.

           Le premier était un voleur.

          Un jour, je me perdis dans le désert. Lorsque j'atteignis enfin un village, il faisait nuit noire et les habitants étaient couchés depuis longtemps. Un seul homme était encore debout, occupé à percer la porte d'une maison. Je lui demandai s'il pouvait m'indiquer un endroit où passer la nuit.

          - Vous ne trouverez plus rien à cette heure-ci, me répondit-il, mais si vous n'y voyez pas d'inconvénient vous pouvez venir chez moi. Je suis un voleur.

          Cet homme était remarquable. Je suis resté un mois entier sous son toit. À la nuit tombée, il m'annonçait :

         - Je vais travailler. Reposez-vous et priez.

         À son retour je lui demandais si tout s'était bien passé. Il me répondait à chaque fois :

          - Cette nuit je n'ai rien trouvé. Demain peut-être, si Dieu le veut...

          Jamais je ne l'ai vu se décourager. Il était toujours content.

          Pendant des années j'ai médité sans interruption. Rien ne se produisait. Souvent j'ai été au bord du désespoir et à deux doigts de tout laisser tomber. Au dernier moment, je me rappelais ce voleur et les paroles qu'il prononçait en rentrant chez lui après une nuit infructueuse : " Demain je réussirai, si Dieu le veut."

    * * *

         Le deuxième maître dont je veux vous parler était un chien.

         En m'approchant d'une rivière pour me désaltérer, je vis un chien assoiffé comme moi. Il se pencha sur l'eau et fut effrayé par son reflet. Il aboya et recula. Mais il avait tellement soif qu'il revint. Malgré ses craintes, il sauta dans l'eau. L'image redoutable disparut immédiatement. 

          Je compris que Dieu me faisait parvenir un message : "Saute en dépit de ta peur."

    * * *

            Le troisième maître était un petit garçon.

            Il se rendait à la mosquée, une bougie allumée à la main. J'eus envie de l'instruire. 

            - As-tu allumé la bougie toi-même ? lui demandai-je.

           - Oui, monsieur, fut la réponse.

           Je poursuivis :

           - Ainsi donc, cette bougie qui n'était pas allumée est devenue une bougie allumée. Peux-tu m'indiquer la source de la lumière ?

          Le garçon se mit à rire et souffla la bougie :

          - Vous avez vu la flamme s'éteindre, me dit-il. Où la lumière est-elle partie ? Dites-le-moi !

           Mon ego eut le bec cloué, toute mon érudition s'écroula. Je compris soudain ma propre stupidité et renonçai à prétendre savoir quelque chose.

         En vérité je n'ai pas eu de maître déterminé. Cela ne signifie pas que je ne fus pas un disciple. J'ai accepté l'existence tout entière comme maître.   » 

    Osho Rajneesh, le Tarot de la Transformation,
    éditions Le Voyage Intérieur, 1991

     


               Dans mon existence, j'ai eu moi aussi beaucoup de maîtres.

          Ce furent d'abord des lectures. Lectures fortuites, émanant de l'éducation que j'ai reçue, de conseils de proches ; puis orientées au fil des découvertes, de plus en plus orientées.

        Mais il arrive un moment où les lectures ne suffisent plus, car on comprend très vite que l'esprit est comme un tonneau des Danaïdes qui ingurgite puis régurgite aussitôt, et oublie systématiquement ce qu'il a absorbé avec tant d'avidité.

          On cherche alors un enseignement direct.

         Et il y eut des apprentissages, des stages...  Des exercices, des postures, des efforts en tous genres et en tous domaines. Des écritures, des expériences, des vécus...

          Mais que cela apporte-t-il, si ce n'est une légère "amélioration" de la vie au quotidien ? Sur le moment, de grandes satisfactions bien sûr : toute expérience nouvelle et gratifiante exalte le sentiment de bien-être et apporte paix et confort au narcissisme. Avoir réussi dans une entreprise rassure.

           Mais cela ne suffit pas non plus, et rapidement le sentiment du vide intérieur réapparaît. Je croyais avoir saisi la clef d'une existence heureuse et je me trompais.

          Or, dès que l'appel intérieur retentit, un nouveau maître apparaît : et cette fois cela devient évident car puisque les livres et les stages n'ont pas suffi, il est maintenant en chair et en os !

          De nouvelles informations sont données ; de nouveaux efforts sont demandés.

           Mais qui répond à cet appel ? Le mental a dévoré tous les livres, en vain... Que peut-il saisir en vérité ? Le corps s'est plié à tous les exercices, en vain... Que peut-il découvrir qu'il ne connaisse déjà ?

           Les émotions, les sentiments, les désirs se sont échoués dans un vaste fiasco.

         Il reste à savoir qui se rebelle encore ; qui refuse l'enseignement donné et en cherche toujours un autre ailleurs, et encore ailleurs... Qui ne comprend pas pourquoi il n'obtient pas ce qu'il cherche.

             Pourquoi s'est-il jadis jeté sur un enseignement puis tout d'un coup arrêté net en déclarant : "C'est bon maintenant, j'ai appris suffisamment, je n'ai pas la possibilité d'aller plus loin" ?

           Et pourquoi maintenant se met-il au désespoir en s'écriant : "Je ne pourrai jamais réussir dans cette voie !! "

            Nous en arrivons à une étape où c'est la Vie elle-même, en créant des situations de toutes sortes comme le montre Osho à travers le récit ci-dessus, qui devient le Maître, faisant face comme un Roc inébranlable aux simagrées et pleurnicheries de l'ego coincé dans ses propres attentes et ses propres peurs.

            Que faire ? Que vouloir ? Si tout est fait et voulu par l'ego, alors la réponse est : Rien. La réponse est de passer à la voix passive : être fait ; être voulu... c'est-à-dire accepter sans condition et sans état d'âme tout ce qui se présente.

         Le chien qui se rit de lui-même et saute dans la rivière est un exemple exceptionnel ! Mais encore faut-il reconnaître la rivière... et voir qu'il y a un reflet qui effraie... et savoir sauter... alors qu'ego vous fait tourner le dos avant même d'avoir vu !!

           ... Mais au fait ; si vous avez tourné les talons, c'est que vous saviez...

     

    Little Buddha-extrait

            ... Et que contrairement à ce chien et à Gautama dans l'extrait du film "Little Buddha" photographié ci-dessus vous avez fui votre propre visage, votre vérité !

          Le fait que vous n'étiez rien ; rien qu'un reflet, qu'une illusion ; une simple image se mouvant avec toutes les autres sur le film de l'existence...



    (Ryuichi Sakamoto - Acceptance

    Générique final du film Little Buddha - extrait)


    «  Shariputra, les formes ne sont pas différentes du vide *,
    Le vide n'est pas différent des formes ;
    Les formes sont le vide, le vide est les formes ;
    Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et de la conscience... »

    Extrait du Sutra du Coeur,
    un des textes fondamentaux du Bouddhisme mahayana.


    * Note : Elles sont vides de réalité intrinsèque car impermanentes,
    en perpétuel mouvement, mouvantes comme les vagues de l'océan
    ou comme des reflets sur l'eau. 
    Le mot sanskrit Shunyata signifie "vide", tandis que le mot Rupa 
    signifie "forme".

         

             


  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Août 2015 à 18:04

    Bonjour Aloysia, une fois réalisé Shunyata, la vérité apparaît . Faire le vide de toutes pensées n'est pas du tout facile et je crois qu'il faut s'y exercer bien lonrtemps afin d'y parvenir ! Faire régner le calme en son esprit ! La recette semble facile, elle ne l'est pas ! Bonne soirée


    une petite anecdote, le grand Rimpoche que j'ai connu nous avait demandé de faire shunyata et à ce moment là je ne savais même pas ce que cela signifiait. Après quelques instants il me demanda ce que j'avais ressenti et j'ai répondu : bien mal aux genoux (Il a été très déçu !!!)

    2
    Samedi 8 Août 2015 à 18:22

    he  Il vous a demandé ça tout au début ?! C'est un peu dur dis donc !! Et sans t'expliquer ce que c'était ?!! Oh, il devait bien se douter que vous essaieriez juste de faire un peu le silence dans votre esprit...  clown

    Comme tu dis, la recette semble facile, d'autant plus que j'en connais qui vont se vanter de savoir le faire comme des chefs !! Oui, mais cela ne servira à rien du tout, car ils ne le feront qu'en méditation et à volonté ; en d'autres termes ce sera une singerie de plus de leur ego. Alors...  Le véritable "vide mental" doit intervenir en action ; durant la vie de tous les jours. Cela ne se "provoque" pas par quelques acrobaties.

    Mais j'évoquais en fait tout simplement la nature illusoire des phénomènes, dont la conscience fait partie, alors que l'on a trop tendance à l'oublier. Si la conscience est une illusion, il n'y a même pas besoin "d'essayer d'y faire le vide", vu qu'elle est vide de toutes façons... Mais pas vide à l'intérieur : illusoire, c'est autre chose !

    Bises, chère Danaé. 

    3
    Samedi 8 Août 2015 à 22:00

    Je pense , donc je suis , je suis , donc je peux penser 

    Ma vie je la pense sans avoir à me référer à ......

    Ma vie je la vie comme je le désire et ce particulièrement et autant que faire ce peut 

    Particulièrement depuis que j'ai écarté de mon chemin certains membres nocifs qui me prenaient pour une conne ( que je ne suis pas ) 

    Je lie , je trie et j'avance ...

    Oui, la société m’écœure mais je ne  vie pas avec la société , je suis à côté , à moi de me forger pour surmonter la nocivité , et me tenir droite dans mes bottes 

    Impossible d'endosser tous les maux de la terre mais certains mots apaisent , à nous de les conjuguer pour avancer   .

    Je n'ai besoin de personne pour me vider l'âme de la nocivité de cette société qui marche sur la tête et qui  pour certains essaient de  tirer profit de la fatigue mentale des âmes sensibles et ceux-là je les renifle de loin mais hélas ce n'est pas le cas de tout le monde .

    Je te souhaite un excellent dimanche 

    La pluie est arrivée ce matin comme un cadeau du ciel  

     

     

    4
    Samedi 8 Août 2015 à 23:08

    Oui, tu as raison, Rose ; chacun son chemin, mais le principal est d'aller vers la sérénité, vers le bien-être intérieur. Chaque être est une pépite d'or, de cet or merveilleux qui fait l'humanité dans sa noblesse. Tu as raison d'écarter de toi tout ce qui te blesse et de prendre confiance en ta valeur qui est immense. Cultive cette valeur dans la tranquillité d'esprit, c'est la sagesse même.

    Grosses bises.

    5
    Dimanche 9 Août 2015 à 10:05

    J'aime venir ici te lire. Comme j'aime le dimanche matin écouter et voir sur France 2 "Sagesse bouddhiste" Dans l'océan le ressac amène sur la plage les vagues, seule la septième est spectaculaire. Est-ce pour autant que les autres sont inutiles, toutes retourneront à l'océan de la même manière. Savoir accepter de ne pas être la septième mais la porter jusqu'au rivage. Il n'y a qu'une reine dans la ruche ... Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus ... 

    Belle journée Aloysia.

    C'est ma fille qui vient en Bretagne moi je retournerai à Lyon pour la fin de l'année

    Bisous

    6
    Dimanche 9 Août 2015 à 10:15

    Bonjour Aloysia,


    De bon matin, tu me fais me creuser la tête.smile Bien qu'elle soit trop pleine de mots, j'ai tout lu, avec un grand intérêt.


    Faire le vide dans son esprit  ( et si j'ai bien compris tout en s'activant) pas évident ça. Je ne sais pas faire.


    D'accord ave Rose, même si, là,  également, ce n'est pas toujours évident. On fait comme on peut, en suivant son petit bonhomme de chemin en écoutant, ou pas, la petite voix intérieure.


    Bon dimanche à toi


    yes

    7
    Dimanche 9 Août 2015 à 10:58
    daniel

    Peut être ne faut-il pas chercher, ne pas avoir un but et se contenter d'accepter ce qui surgit?

    La vie, en soi, est déjà un bon enseignement. Bon dimanche. Ton texte posait des questions essentielles.

    8
    Dimanche 9 Août 2015 à 10:59

    Bonjour à toutes deux ! Oui, mon développement n'est pas forcément clair et je vous en demande pardon. Faire le vide en soi demande beaucoup d'efforts et de travail au fil de mois et d'années. J'en suis également fort loin... Passez une belle journée ! 

    9
    Dimanche 9 Août 2015 à 15:01

    Merci, Daniel. Tu as le bon raisonnement. C'est bien ce qui me paraît le plus juste "chemin"... Passe un bon dimanche, que j'espère pas trop "arrosé" !

    10
    Dimanche 9 Août 2015 à 21:14

    merci pour ce texte - accepter de se laisser être ... tout au long de la vie, des lectures, des êtres, des expériences nous apprennent et nous désapprennent .. je suis une petite chercheuse d'amour, et si tu es sur ma route, comme en ce moment un livre de Thich Nath Hahn ou celui de Tolstoï (confessions), c'est ainsi. Mon chemin est tel ... 

    Bises 

    11
    Lundi 10 Août 2015 à 09:30

    Oui, d'où est-que je viens ?  et où est-ce que je vais ?

    Mais encore aujourd'hui où suis-je ? 

    Voilà des questions auxquelles il faudrait toujours pouvoir répondre... heureux celui qui  a trouvé les réponses...

    12
    Lundi 10 Août 2015 à 09:58

    Merci, Durgalola, d'avoir activé la page précédente et vu la véritable question posée. Les lectures des maîtres apaisent et orientent le chercheur ; mais je n'en suis qu'au stade de la recherche, donc si je suis sur ta route tu es aussi sur la mienne, juste pour que l'on se prenne la main... De tout coeur.

    Oui, Jean, heureux celui qui trouve, car il faut chercher longtemps et avec persévérance... sarcastic

    Mais les signes de réconfort ne manquent pas heureusement ! En d'autres termes, Dieu n'est pas sourd à nos appels... 

    13
    Mercredi 12 Août 2015 à 09:59

    la Vie est un maître, pas besoin de chercher sans cesse,  ...

    Bonne continuation

    14
    Mercredi 12 Août 2015 à 14:09

    La Vie est un Maître, elle te le présente sous toutes les formes que ce soit, mais à toi de les reconnaître, c'est tout.



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