• Québec 1967 : 4 - première excursion


          Suite de mon merveilleux périple au Québec (voir ici).

        Pour la description de Montréal, excusez mon chauvinisme. J'étais jeune, et ayant toujours vécu à Fontainebleau, ville d'art et d'histoire, ou à Paris, j'étais alors fermée au style américain ; de plus j'avais opté pour l'étude de l'allemand et considérais l'anglais comme une langue vénale parce "vendue" au grand commerce ! Enfin il est bien possible que depuis 1967 Montréal ait beaucoup changé.

        Le vendredi 14 juillet, nos trois autocars sont arrivés de Québec. Ils avaient chacun leur petite personnalité : celui qui portait le n°1 était aérodynamique, confortable, climatisé ; le car n°2 était rouge, sale, grondant, poussif même dans les côtes, et très attachant (l'ambiance à l'intérieur était particulièrement gaie : une fois qu'on y était, on ne voulait plus le quitter) ; le car n°3 enfin, était un compromis entre les deux autres, agréable, familial et tranquille. Nous prîmes place en chantant La Marseillaise et partîmes visiter Montréal.

    Montréal-Parc du Mont Royal
        Le parc du "Mont-Royal", image du net (cliquer pour agrandir)


        Ma première impression se trouva bientôt confirmée : certes, je trouvai le mont Royal vert et plein de charme, mais rien ne retint vraiment mon attention...
     

    Montréal-pavillons
    (image du net)

     
    Je m'amusai à la vue de petits pavillons semblables à des décors de carton-pâte qui côtoyaient d'audacieux buildings ; je photographiai, comme tout le monde, le collège Notre-Dame sans savoir ce que c'était. Nous longeâmes de jolis cimetières pareils à des prés bien tondus, plantés de pierres taillées et polies. Mais je n'ai vu surtout que des façades carrées se reproduisant régulièrement comme des pointillés... C'est triste une ville sans passé apparent. Elle ne garde rien, n'a aucun cachet, rien à montrer. On y mange, on y dort, on y travaille, mais c'est tout ; comment s'y attacher ? Je n'aimerais pas habiter une telle ville !
     
     

    Montréal-Collège Notre-Dame
    Le collège Notre-Dame, haut-lieu de la vie étudiante (image du net)

       
        Après le déjeuner, nous partîmes pour Sainte-Agathe-des-Monts, au nord de Montréal. Enfin, nous allions voir un paysage canadien et non américain, pensai-je... Et en effet, quel cadre enchanteur nous découvrîmes ! Imaginez une petite auberge blanche, en forme de chalet, avec un escalier qui mène à une large terrasse en bois ; en face, un lac assez grand pour paraître magnifique, mais dont on voyait fort bien les contours ; et tout autour, le moutonnement noir de collines entièrement boisées : la forêt canadienne. Site ravissant ! L'auberge se nommait « Au P'tit Bonheur ». En hiver, on pouvait y venir faire du ski ; en été, on venait s'y détendre au soleil, au grand air, se baigner dans le lac, s'y promener en barque, ou effectuer de grandes marches en forêt.

    Québec 1967 : 4 - Sainte Agathe des Monts
    Le lac Sainte Agathe (80 km au nord de Montréal, vers le "Mont Tremblant", 938 m),
    image du net 

      
        L'après-midi fut merveilleuse ; certains partirent des les bois, d'autres s'embarquèrent en canoë sur le lac, d'autres enfin se baignèrent. On assista même à des tournois fort passionnants sur le lac : chaque jouteur était debout dans un canoë et devait renverser l'autre avec une perche. Comme cette auberge nous parut sympathique ainsi que ses pensionnaires !

        Le soir, nous eûmes notre première soirée franco-canadienne. Après le dîner, chaque tablée ayant fait sa propre vaisselle, nous nous retrouvâmes dans la grande salle pour chanter autour d'une guitare. Puis nous nous séparâmes en deux groupes, et tandis que les uns descendaient danser dans une autre salle, nous entreprîmes de chanter des airs canadiens et français avec des canadiennes charmantes. Comme elles avaient l'air heureuses d'être avec nous ! C'étaient de bonnes grosses filles blondes, à la peau rougie par le soleil et vêtues de bermudas, mais combien sympathiques : elles étaient américaines dans leur accoutrement, leur exubérance un peu puérile et leur gentillesse spontanée, mais bien françaises de coeur. C'était extraordinaire et attendrissant de les voir sauter, danser, chanter à tue-tête (certaines n'étaient plus toutes jeunes !), et continuer sans se lasser, tout en suant à grosses gouttes... Je n'en faisais pas autant, moi ! Mais quand tous ceux qui étaient descendus nous rejoignirent, l'entrain fut à son comble. La salle était si pleine qu'on n'avait plus la place de danser.
        Un pianiste et un accordéoniste canadiens vinrent alors nous jouer des danses folkloriques entraînantes, et nous nous mîmes tous à sauter de concert jusqu'à épuisement dans un bruit d'enfer.

    "Alouette, gentille alouette", la chanson préférée des québécois d'alors... 

        Nous nous quittâmes assez tard, en échangeant des adresses et heureux de notre soirée, malgré la fatigue qui nous coupait les jambes. Nous rentrâmes enfin à Montréal par une nuit magnifique que nous n'avions même pas le courage d'admirer, tant nous avions sommeil. En ville, malgré l'heure avancée, nous retrouvâmes les lumières crues, les klaxons discordants, les embouteillages et les voitures vrombissantes, imaginant les gens qui dormaient, malgré tout ce tintamarre, dans leurs petits pavillons tous pareils...
     

    Montréal
    Montréal- image du net

     

    La suite ici.

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 17 Février 2006 à 12:00
    je te suis moi aussi, un peu dans le désordre... mais je crois que chaque étape racontée peut se lire indépendamment des autres... Je découvre dans tes notes un Canada que je rêve de visiter un jour...
    2
    Mardi 31 Janvier à 19:45

    Je suis retournée à Montréal...

    Je prends mon temps pour lire ton voyage au Québec

    Bises Aloysia

      • Mardi 31 Janvier à 21:10

        Merci Kimcat !



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