• Qu'ajouter, retrancher à ce qui est ... ?


            Voici deux lectures qui se sont offertes à moi quasi simultanément et qui présentent un point commun : rien ne peut être changé à Ce qui est.

            Cependant, tandis que la première se positionne dans l'immuable, appelé Soi face au monde changeant et périssable, la seconde se positionne dans le manifesté, qui retourne à la poussière face à ce qu'elle appelle Dieu ou Élohim ("Celui qui fait être ce qui est") - question de culture, le premier texte étant d'origine védantique et le second hébraïque. 
     

    Ascète hindou  

     

    Asthâvakra Gîtâ, chap. 6 traduit par Jacques Vigne
    (éd. de L'Originel).

    Janaka dit :

    « Dans cet océan infini que je suis, la nef du monde est ballottée de-ci, de-là par l'effet de sa propre nature. Cela n'induit pas en moi de rejet.

    Dans ce grand océan que je suis, la vague du monde s'élève et redescend par l'effet de sa propre nature. Cela n'induit pas en moi d'augmentation ni de diminution.

    En moi qui suis l'océan infini, le monde n'est qu'un nom, une forme mentale. Je suis parfaitement paisible, dépourvu de modification, c'est sur cela seulement que je prends appui.

    Le Soi n'est pas à l'intérieur des objets, et il n'y a pas d'objets dans ce Soi qui est infini et immaculé. Je suis sans attachements, sans contact aucun, paisible ; c'est sur cela seulement que je prends appui.

    Oh ! Je ne suis que Conscience et ce monde est pareil à un tour de passe-passe. Ainsi donc, comment pourrait-il être question pour moi de ce que je dois rejeter ou accepter ? »  
     

    L'endroit et l'envers des choses
     

     L'Ecclésiaste (Le Qohélet) chap. 3 traduit par Jean-Yves Leloup
    (Presses du Châtelet).

    « Je sais que tout ce que Dieu fait demeure pour toujours ; à "Ce qui est ainsi", il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher. Élohim permet à l'homme d'éprouver cela et d'en frémir.

    C'est ainsi ; ce qui était, ce qui est, ce qui vient. En Dieu rien ne se perd.

    Mais qu'est-ce que je vois sous le soleil ? Non la droiture, mais le crime ; non la justice, mais le meurtre.

    Je me dis en moi-même : « Le juste et le criminel »,  Élohim, l'Être qui fait être tout ce qui est, les jugera. Il y a un temps pour toutes choses et pour toutes actions.

    Je me dis en moi-même, à propos des enfants des hommes : Élohim, l'Être qui les fait être, les éprouve pour qu'ils sachent qu'ils sont des bêtes. 

    Le joie de l'homme et la fin de la bête sont identiques, comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre et c'est un même souffle qu'ils respirent tous les deux ; la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, tout est illusion.

    Tout s'en va vers un même lieu : tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière.

    Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte vers le ciel et le souffle des bêtes descend vers la terre ?

    Je vois qu'il n'y a de bonheur pour l'homme que de se réjouir de ce qu'il accomplit, c'est là sa part ; pourquoi se soucierait-il de ce qui vient après lui ? »

     Tarot Dakini-13-Mort-Tranfiguration

     

                À nous de comprendre alors, que si nous nous situons dans le manifesté comme c'est le cas dans le second texte nous sommes semblables aux bêtes en effet, animés d'émotions, sujets à la souffrance et destinés à la mort ; mais qu'en nous est le germe de la Vie Divine, qui nous permet de nous rallier au plan de l'Immuable où comme le constate Janaka, le disciple d'Asthâvakra, plus rien ne nous blesse, notre Nature véritable étant incorruptible.

      

    L'ascète Asthavâkra enseignant au roi Janaka

     

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 20 Août à 18:02

    Comment rester immuables devant toutes les horreurs qui se déroulent sous nos yeux, bien sûr cela nous amène la souffrance et que pouvons nous faire, rien d'autre que d'avoir de la compassion et de  rejeter la haine.

      • Dimanche 20 Août à 21:59

        Je crois que sous tes yeux il n'y a pas beaucoup d'horreurs, et que celles dont tu parles ne sont que des "on-dit" colportés par la télévision ! La seule différence avec une fiction c'est que l'on t'affirme que cela est vrai. De plus on t'assène des jugements et des étalages d'émotions qu'il est de bon ton de partager parce que nous sommes soumis à un diktat d'uniformisation via les médias et réseaux sociaux... ce qui fait de nous des moutons de Panurge. En admettant que nous ayons réellement rencontré une personne souffrant dans sa chair ou dans son psychisme, nous ne pouvons ressentir de la compassion (c'est-à-dire "souffrir avec") qu'à condition de nous projeter et d'imaginer que nous pourrions être à sa place ; mais nous ne sommes pas à sa place et notre "souffrance" est, soit hypocrite, soit imaginaire ; la seule attitude valable est l'écoute, mais à la condition d'avoir précisément la personne devant nous. Rejeter la haine est de même une opération mentale sans aucune efficacité ! A tout moment, dans le monde, des milliers de personnes meurent ou souffrent sans que l'on songe à elles - et ce serait d'ailleurs impossible -, et à tout moment des milliers de personnes rient et sont heureuses - ce dont on est également totalement inconscient. Ce qui se passe en ce moment est affaire de société ; il faut des lois dans une société, mais tout cela est très loin de la grande vie qui anime ce monde-océan ! Regarde les vagues qui s'entrechoquent sur les rochers, dit-on qu'elles se haïssent ? Elles s'écoulent et puis c'est tout. D'ailleurs pour une fois "Elohim" a frappé les "méchants" ! Regarde : ils se sont fait exploser tout seuls avec leur maison au lieu de faire sauter la Sagrada Familia ! Cela me rappelle un gag de Tintin...! Je crois que là il y a eu un veto qui est tombé du ciel, je ne sais pas par qui, mais tout de même : "Touche pas à ma cathédrale !"  Non mais... 

    2
    Lundi 21 Août à 08:45

    Merci Aloysia pour ta réponse. Heureusement que la Sagrada Familia est toujours debout, tant d'ouvriers ont peiné pour la construire. Bises et bonne journée

    3
    Mardi 22 Août à 10:45

    J'aime beaucoup la nouvelleprésentation de ton blog, devenu clair et net et aussi la pensée évoquée. Bises Aloysia , tu t'es donné bien du mal mais le résultat est là ! Merci

    4
    Mardi 22 Août à 15:52
    Merci Danaé.
    5
    Mardi 22 Août à 21:34
    durgalola

    Le joie de l'homme et la fin de la bête sont identiques, comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre et c'est un même souffle qu'ils respirent tous les deux ; la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, tout est illusion.

     

    qu'ajouter de plus, rien ! bises et merci 

    6
    Mardi 22 Août à 21:45

    Bonsoir Aloysia,

    Merci pour le partage de ces deux textes aussi beaux que profonds. Il nous amènent à la prise de conscience de notre vraie nature, qui est celle d'appartenir à un grand Tout, dont nous ne sommes qu'une petite partie, mais une partie aussi importante que toutes les autres, puisque c'est précisément l'ensemble ce ces parties qui forme le tout. 

    Ce qui nous conduit à faire preuve d'humilité et à considérer que tous les êtres ont le même droit au respect, à la dignité, à la compassion.

    Ils nous conseillent aussi, en substance, de ne pas nous attacher aux aspects matériels de ce monde, lesquels ne sont pas immuables, ni fiables, souvent même décevants. 

    En résumé, ils nous ramènent à l'essentiel, et c'est merveilleux.

    Bonne vacances, Aloysia. Repose-toi bien. Reviens-nous en pleine forme ;).

    À bientôt,

    sérénita

    7
    Mercredi 23 Août à 18:09

    Bonjour Aloysia

    Juste un petit coucou de plaisir

    Belle soirée

    Bisous

    8
    Jeudi 24 Août à 14:02

    L'Homme est un animal (dans le bon sens du terme) et il se dit supérieur, et il se comporte comme tel... Il pense, il parle, il écrit... Les autres animaux, s'ils ne parlent pas, n'écrivent pas, ils pensent... 

    Et l'Homme vit et meurt... Les bêtes aussi...

    Malgré les mauvaises actions et les violences humaines, mieux vaut ne pas éprouver de la haine... C'est un sentiment destructeur pour celui qui le ressent...

    Bises Aloysia



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