• Profession de Foi


            Le poème qui suit a été écrit il y a longtemps, alors que j'étais jeunette et n'avais pas vingt-cinq ans. Cependant je ne le renie pas car il exprime réellement ma "profession de foi" - de façon un peu précipitée et instinctive certes - et ce n'est pas par hasard si c'est de lui que j'avais tiré le titre du recueil qui a suivi immédiatement Le Rossignol d'Argent, publié
    en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés (devenues depuis Le Cherche-Midi éditeur) : Mourir une seconde fois.

          Les familiers de ce blog se souviendront de cet intitulé que j'ai appliqué longtemps à l'un des thèmes de mes propos, ainsi qu'à l'oeuvre elle-même publiée sur le site In Libro Veritas ; cependant aujourd'hui, à l'heure où ces poèmes vont être publiés aux éditions Stellamaris j'ai décidé de modifier ce titre, évocateur de souffrance, pour le remplacer par celui-ci : Le Passage.

          C'est donc sous ce nouvel intitulé que vous retrouvez la section correspondante sur ce blog, ainsi que la plaquette présente sur in Libro Veritas . Le Passage contient 32 poèmes répartis à l'intérieur de quatre chapitres : L'Espace des Amants, Chute, Histoire, Légendes.

         La notion de "mourir une seconde fois" exprimée ici est située au début de la section Chute, qui intervient pour souligner une rupture après la "lune de miel" de L'Espace des Amants : elle suppose une "vie avant la vie", qui fait que ce que l'on appelle communément "naissance" est en réalité une mort, et ce que l'on appelle communément "mort" (mais qui est une "seconde mort" !) peut être considéré comme une nouvelle naissance... Naissance à la vraie vie "cosmique", dans laquelle ce qui  est apparemment fragmenté n'est en fait qu'une unique Lumière.

        Le nouveau titre du recueil est inspiré du dernier poème, Château, déjà publié sur ce blog ici.

     

    Nebuleuse.jpg


     

    Courir les rues avec la certitude

    De mourir au premier pas

    Demander aux étoiles de marcher avec moi

    Renoncer au désert pour connaître l’amour

     

    Un soleil de demain perdu dans un fossé

    L’emporter comme trophée à bout de bras

    Le jeter à la mer pour qu’il éclabousse le ciel

    De mille étoiles nouvelles

    Plonger avec lui pour mourir une seconde fois

    Et me partager aussi en étoiles

     

     

    La vie cosmique

    Cet éparpillement de l’âme déchirée en mille étincelles

    Que l’on ne parvient pas à rassembler

    Cette course éperdue de l’une à l’autre

    Ce flottement dans l’inconscience entre l’être et le néant

    Cet éblouissement quotidien

    Cet étourdissement des sens

    Qui se perdent et se retrouvent sans cesse

     

    Le soleil éclate en étoiles et en planètes

    Mais les étoiles les milliers d’étoiles

    Ne sont au loin qu’un seul et brillant soleil

     

     

     

  • Commentaires

    1
    Samedi 30 Avril 2011 à 12:00
    Coucou Valentine, me revoilou après une petite pause en avril et je vous retrouve avec grand plaisir, surtout pour découvrir ici cet excellent poème. Que j'aime la métaphore, "emporter le soleil, le jeter à la mer pour qu'il éclabousse en myriades d'étoiles", je peux te dire cette expression adéquate : ce poème est divin. Je te souhaite un bon we du 1er mai, et un bouquet de muguet porte bonheur, bisous Valentine


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