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        Voici un poème que j'ai composé à l'âge de 13 ans... Il m'est revenu subitement en mémoire alors que je constatais avec amertume la disparition de toute notion de merveilleux et de surnaturel dans le monde actuel. Pourtant, c'est cela le véritable message de Noël ! Et n'est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui ?

    Mais où sont les Noëls d'antan ?




    Il s'intitule...                                              
    Noël

    Ding ding dong, ding ding dong,
    Ding ding dong, ding ding dong !
    Les cloches ont sonné,
    Joyeux et bousculés,
    Douze coups dans la nuit :
    C’était l’heure bénie !
    Jamais l’oiseau tranquille
    N’avait vu si fébrile
    Le petit bourg transi
    D’ordinaire endormi.
    La foule se pressait
    Sur la place éclairée ;
    La porte de l’église
    Se ferma à la bise,
    Et soudain retentit
    Un cantique assourdi…
    L’oiseau n’avait plus froid,
    Il était plein de joie ;
    Il ne comprenait pas,
    Mais lui aussi chanta.

     

    Mais où sont les Noëls d'antan ?



    Voici en illustration musicale
    la fin de la Cantate de Noël d'Arthur Honegger,
    une splendeur qui traduit exactement cette réalité
    de Noël, autrefois...

     


     

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    A l'école des fleurs

     

    La ville d'Issoudun fait sa toilette d'automne...
    Sous des douches insistantes,
    Agrémentées d'un soleil mouillé,
    Elle s'habille de chrysanthèmes
    (Toussaint oblige !) :

    N'a-t-elle pas quatre fleurs à honorer ?

     

    A l'école des fleurs


    Le maître jardinier, quand le temps le permet
    Et même sous la pluie,
    Fait la leçon aux arbres
    Qui restent dans le fond, intimidés
    Par les jolis pupitres,
    Les chaises d'écolier...
    Ils ont trop peur d'avoir l'air bête,
    Les pauvres,
    Alors qu'ils sont de marbre
    Dans leur costume d'arbres !

     

    A l'école des fleurs



    De vieilles carrioles, nous en avons ici,
    Même pleines de paille ;
    Et des râteaux à foin, nous en avons aussi,
    Nul besoin de chercher...


    A l'école des fleurs



    Puis vous avez un puits
    Haut derrière les choux ;
    Mais quand l'eau tombe seule,
    Pourquoi se fatiguer ?
    Y a qu'à aller au lit,
    Parmi les choux aussi...


    A l'école des fleurs



    À lit nuptial,
    Bouquet royal
    Pour le mariage du pote Hiron,
    Gentil luron
    Avec la courge Rousse
    Belle frimousse !
    À Issoudun,
    Pour la Toussaint,
    On leur fait un tapis
    De cailloux gris.
     
     
     

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    Lac de Serre-Ponçon
    Le Lac de Serre-Ponçon près d'Embrun (Hautes-Alpes)
    cliquez sur l'image pour l'agrandir


    Comme un morceau d'azur tombé entre les monts,
    Le lac de Serre-Ponçon miroite au grand soleil ;
    L'été n'est pas si loin, oublions la rentrée !
    Les berges accueillantes ne s'offrent plus qu'à nous...
    Entre les vaguelettes on se coule en maillot
    Dans une eau adoucie par la chaleur ambiante ;
    Trois brasses, et c'est le large ébloui de lumière.
    De la petite crique ombragée de pinèdes
    On se croit envolé sur une île de rêve...
    Ah ! Les beaux souvenirs ne sont pas inutiles !
    J'aime vivre l'instant, mais en rétrospective :
    Je le veux enrichi d'un passé sélectif,
    Avec tout le médiocre enlevé de ma tête.
     

     

    Lac de Serre-Ponçon

      (Même chose)
     
     
     

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  • Les métamorphoses de l'Autre




    L’autre est blanc, l’autre est noir,
    Ou encore écarlate,
    Et tu le vois venir,
    Incertaine d’y croire
    Car il devient soudain
    Tout pâle et transparent…

    Au matin tu t’amuses avec lui, tu le vois
    Avec détachement,
    Et tu l’acceptes,
    Même s’il devient gris.

    Puis vers midi tu souffres, il te paraît plus sombre,
    Triste et phosphorescent ;
    Tu prends peur et tu fuis !
    Est-ce lui ou un autre,
    Est-ce le même encore ?

    Au soir tu as perdu
    Ton souffle et ta colère,
    Et tu le vois petit,
    Enrobé de vertige.

    Est-il un ennemi, est-il un double, un frère ?
    Glissant dans les feuillages
    Aux feux du crépuscule,
    Il te semble effrayé
    Comme un oiseau des bois…

    Variations de lumière
    Et variations d’humeur,
    Nous sommes si divers et pourtant si semblables ;
    Même éblouis, perdus,
    Même déçus, vaincus,
    Prenons-nous par la main…
     

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    Dans une station de métro le matin

     

     

    Cette suavité
    - Une forêt de jambes ;
    Oh le martyre d’un mégot !

    (Ton souvenir en moi répandu comme une onde…)

    Ce va-et-vient pressé ;
    Ces journaux dépliés…
    Comme ces visages sont las !

    (Ton univers de rêve enfumé de musique…)

    Cet incessant retour ;
    Ces trépidations…
    Une étrange harmonie lunaire…

    (Et toi parti si loin dans l’air à la dérive !…)

    Le Rossignol d'Argent
    © Editions Saint-Germain-des-Prés, 1974.
     
     

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