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    Algerie-84.jpg

     


     

    Désert
    Ignorance infinie
    Surface plane et lisse aux envolées du vent

     

    Silence de la pensée
    Où rêvent quelques pierres
    Sous l’implacable ciel et l’insondable nuit

     

    Froid cosmique
    Immensités sans fin du mirage de l’être

     

    Comment ne pas penser
    Que la Terre est un nid
    Un cocon juste fait
    Pour nous petits humains
    Perdus

     

    Un cocon de lumière
    De chaleur de beauté
    Un prisme un miroir
    Le reflet de ce dont nous avons
    Tant besoin 

     

     

    Lac-Serre-Poncon-2006.jpg

     

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  •     Après la Chandeleur, le Mardi-Gras m'a rappelé que j'avais écrit un poème concernant des crêpes. Il s'agissait en fait d'une pizzeria de notre ville (Issoudun), nommée la Conca d'Oro et devenue célèbre à juste titre pour la qualité indéniable de ses pizzas purement siciliennes, dont la propriétaire et merveilleuse cuisinière venait de prendre sa retraite ; elle avait donc cédé l'établissement à son gendre après lui avoir enseigné toutes ses techniques, et celui-ci s'était associé avec un ami qui avait l'art de confectionner les crêpes, si bien que la Conca d'Oro offrait au choix le menu "pizzas" et le menu "crêpes"... C'était en 1997, et le nouveau patron fut heureux que je lui offre ce poème, qu'il intégra à sa brochure de menus.

         Aujourd'hui le spécialiste des crêpes a fait ses valises pour une autre région, si bien que mon poème n'a plus sa raison d'être à la pizzeria. Je vous l'offre donc ici.

          Les photographies jointes sont tirées du net.

     

     

    Ouessant.jpgL'île d'Ouessant

     

     

    La Conca d'Oro

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    Ô toi qui prends le large au brumeux océan,
    Que j’aime tes galets et tes rocs sur les grèves !
    Tu viens du pays d’Ys où renaissent les rêves ;
    Ta galette sent bon les prés du Morbihan.

     

    La sirène t’appelle aux récifs d’Ouessant…
    Adieu, douce chaumine où ma mère affairée
    A fait tourner la crêpe adroitement beurrée :
    Moi, je vais vers le sud où me pousse le vent !

     

    *

     

    Bonjour, riant pays du soleil et des vignes
    Qui vis pousser les monts tout brûlants sur les flots !
    J’ai quitté les brouillards pour goûter tes grelots :
    La Sicile m’accueille où les barques s’alignent.

     

    Ô douceur de la nuit sur le port étoilé…
    Je goûte la pizza fumante et boursouflée,
    Rouge comme l’Etna, en son cratère enflée ;
    Et le vin généreux de ma coupe a coulé !

     

    *

     

    Là-bas rêve la mer en voyages féconde ;
    Et moi, c’est en mangeant que je refais le monde.

     

     

    SicileEtnaRiposto3812.jpgL'Etna et La ville de Riposto en Sicile

     
     
     

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    voyage-bateau.jpg
    (Image tirée du site "Voyages en mer")

     

     

    En rêve je voyage
    D’immenses paysages reviennent déformés
    Transformés
    Je reviens où j’étais déjà
    Je traverse une ville
    Je longe des montagnes
    Parfois je marche et je connais ces lieux
    Parfois je prends le train le métro ou l’avion
    Ou même l’autobus
    Et parfois je me perds
    Je rencontre des gens et vis des aventures
    Et le soleil scintille
    Ou bien je vois la mer

     

    Dans la réalité
    Il y a bien longtemps que je ne suis partie
    Et les pays lointains entrevus en images
    Ont pour moi la minceur du papier
    Ils flottent sur des cartes ou sur des mappemondes
    Tandis que ceux que j’ai connus
    Grésillent dans ma tête une terre qui fume
    Respirant la chaleur des amitiés joyeuses
    Comme de grands vaisseaux prêts à larguer l’amarre
    Ceux-ci ont l’épaisseur des journées habitées

     

    Voyages mes voyages
    Vous dormez enfouis sous l’aile d’un sourire
    Mais le plus beau de tous
    Je le ferai demain

     

     

       En illustration musicale, le poème de Tristan Klingsor ,"Asie", extrait de Shéhérazade, mis en musique par Maurice Ravel. (voir le texte ici) 

     

     

     

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    Je vous redonne ici un petit poème de circonstance, publié dans "Instants Secrets".
     
     


     


    Le soleil éclabousse le jardin
    D'une lumière d'or ;
    C'est trop d'été, soudain,
    Pour cette terre qui s'endort,
    Harassée de chaleur,
      Pourtant si pieusement nourrie
    Par des mains travailleuses...

    Le ruisselet semble tari,
    Mais auprès des citernes bleues
    Des fleurs jaillissent en bouquets,
    Couleur de rouille et d'incarnat,
    Plaisir et réconfort des yeux.





    Aux arbres dégarnis
    Il reste quelques pommes,
    Mais parmi la verdure,
    De gros pavés oranges çà et là jonchent le sol,
    Sous les yeux ébahis des tomates blafardes...





    Des citrouilles s'étalent,
    Courges, ou potimarrons,
    Et se tordent au sol en des formes étranges...
    Cette fourche, là-bas, n'est-ce pas un balai ?
    Ce chapeau rapiécé, ce menton en galoche...
    Fuyons !!! Car je crois bien que la sorcière approche,
    Une verrue au nez, du fond du potager... !





    (1ère publication : 9 octobre 2005)
     
     
     
     

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    chenille.jpg(Illustration tirée du net)

     

     

    Dans la brume du soir
    Qui sent le gland mouillé
    Des clameurs étouffées
    Des voix fantomatiques
    Résonnent au loin

     

    C’est la foire là-bas
    Et tournent les manèges
    Et chauffent les marrons
    On s’amuse parmi
    Les stands illuminés
    De néons blancs ou mauves
    Au son des haut-parleurs 

     

    Et la chenille file en sautant prestement
    On grignote des gaufres
    De la barbe-à-papa
    Et des pommes d’amour
    Toutes rouges

     

     

     

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