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         L'Aile qui emporte, l’Âme qui inspire... L'infiniment grand, l'infiniment petit ; l'infiniment élevé, l'infiniment profond ; l'infiniment extérieur, l'infiniment intérieur ; l’Éternel Masculin, l’Éternel Féminin... Dans l'immensité, c'est le féminin qui ici encore appelle au dépassement de soi, à la conquête d'un nouvel espace et de nouvelles forces.
         
    C'est ainsi que s'exprimait Goethe à la fin du second Faust : "L’Éternel féminin nous tire en avant", alors qu'il avait débuté le premier avec cette affirmation : "Au commencement était le Verbe" - donc le Masculin.
       
    C'est revenir à ce que disait Jean Ferrat derrière Louis Aragon : "La Femme est l'avenir de l'Homme."
           En fait il s'agit d'une nouvelle gestation ; il s'agit de remettre au monde une nouvelle humanité.
     


    (Nuage stellaire dans la Nébuleuse d'Orion)

     

      

               Puisque la vie n'est qu'un bruissement d'aile
               Du premier jusqu'au dernier jour,
               Puisque mûrir c'est n'avoir plus que d'Elle
               En guise d'Amour,

               Je veux périr

               Sans coup férir,
               Je veux transir

               Dans l'œuf qui vire...  

     

              C'est là que fuit l'abîme
              Dont la nichée s'exhume
              Comme une fraîche couvée,
              Dans sa dentelle de larmes arrosée.
      

              Oh ! Que naisse d'un flot limpide
              L'unique fleur du Jour,
              Celle dont le pétale
              Sort de ma peau, de mon ventre et de mes reins !
     

              L'âcre et douce mystérieuse envolée,
              Issue de l'ignorance au lointain fabuleux,
              La seule peine infinie qui vaille
              Qu'un souffle m'ait jamais traversée !

     

     

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       Note : le mot "Parthénôn" signifie en Grec "La demeure de la Jeune fille ", et c'était le Temple d'Athéna, la protectrice d'Athènes. C'est donc à elle que s'adresse ce poème "païen".

     

     

     

     

    (Le Parthénon au soleil levant)

     

     

        O Reine de clarté qui trônes dans ton temple,

        Vers Toi, seule aujourd'hui, j'ose lever les yeux ;

        Daigne accueillir mes pas au séjour glorieux

        Que, le front ébloui, humblement je contemple.

     

        J'ai laissé à mes pieds la ville ensommeillée,

        Et voici le portail immense devant moi :

        Que ton auguste main soutienne mon émoi

        Et me guide jusqu'à ta voûte ensoleillée.

     

        L'énorme colonnade a jailli vers les nues,

        Toute sonnante encor des hymnes du passé,

        Et l'astre qui scintille entre les fûts dressés

        Illumine mon cœur jusqu'à mon âme nue...

     

        Ainsi, voici ton temple éclatant de lumière,

        Et puis, voici mon âme offerte à ta beauté !

        J'ai gravi ta colline et son éternité

        Afin de Te connaître en ta splendeur première...

     

     

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        Voici une ode à cette Lumière que l'on finit toujours par retrouver après la nuit, après l'hiver, au bout du tunnel, au bout de l'angoisse, et qui nous ressource, qui nous guérit, qui est notre pôle positif et ce vers quoi en définitive, en êtres verticaux que nous sommes, nous aspirons.
        Editée en clôture de mon recueil "
    La remontée du fleuve", elle est finalement qualifiée de "Source", car, tombée sur nous comme une cascade, elle est peut-être bien la Source de ce fleuve sur lequel nous naviguons.






    O lumineuse,
    O radieuse,
    O merveilleuse lumière,
    Jaillissant en cascade d'arc-en-ciel
    Et m'inondant tout entière comme une immense nuée de gouttelettes,
    Source qui fonds sur moi, depuis mon front jusqu'à mes pieds,
    Et me traverses tout entière,
    C'est toi que j'ai cherchée par les déserts arides,
    C'est toi que j'espérais au profond de mes nuits,
    C'est toi que j'ai rêvée du profond de la mort...
    O ma Source d'écailles et de paillettes et d'or,
    Tumultueuse au grondement de tonnerre,
    Plus puissante que tout t'épandant sur la terre,
    C'est toi que j'ai trouvée au terme de ma course,
    Nageuse épuisée par la remontée du fleuve implacable !...
    Et maintenant, il ne me reste plus qu'à m'abreuver de toi,
    De ton rire d'étincelles, de ta vie inépuisable,
    Qu'à me laisser tremper de ta pluie bienfaisante,
    Qu'à me laisser bercer de ton bruit continu...
    O lumière jaillie des cimes fulgurantes
    Et tombée en bénédiction sur la terre,
    O flammes rafraîchissantes
    Qui m'habillent de bonheur,
    Irradiante Source
    Issue de l'infini,
    Aux confins de ce monde,
    Au terme de l'angoisse,
    Au terme du malheur maquillé de clinquants,
    Fraîche aveuglante lumière,
    Ma Source inespérée,
    Te voici donc enfin !

     

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    (Merci à Carine et Maude pour ce superbe cliché, pris à Machu Picchu)
     
     


    Au seuil tout s'est éteint
    O la paix des mirages
    Et ce fut l'infini dans un poisson-sirène
    Ce fut la conque rose à l'oreille ravie
    A perte de regard le silence épandu
    Un amour sans égal au fond du cœur brisé

     

    La Paix nous a saisis
    Comme des malfaiteurs
    Et tout s'est arrêté nos regards suspendus
    Nos cheveux envolés notre sourire ému
    O miracle soudain qui fais le jour nouveau
    O l'amour sans égal au fond du cœur brisé

    L'oubli a inondé
    Le lit de notre cœur
    C'est un fleuve éclatant maintenant que notre âme
    Et l'amour sans égal nous élève sans fin
    Éveillant des parfums des sons et des couleurs
    Inépuisablement de notre cœur brisé


     
     

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        Et si  mourir, c'était simplement quitter son corps et le déposer comme un vêtement lorsqu'on est fatigué ? Et  si en se balançant, le vertige aidant, on pouvait soudain se retrouver... au-dessus de son corps ?

        C'est une question que je me suis posée il y a quelque temps et qui a motivé ce poème, que j'avais publié au début de ce blog mais qui n'avait pas été lu.
     
     
      

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    Au jeu des balançoires
    Il a perdu son âme…

    Ou n’est-ce pas auparavant,
    Tandis qu’enfouie au fond de lui
    Il la tenait captive,
    Muette et oubliée,
    Qu’il en était privé ?

    Et voici qu’à force de rire
    À gorge déployée
    Sur un morceau de bois agité dans les airs,
    Atterrissant et décollant sans cesse
    En un piqué-levé,
    En une chute-élévation,
    Allant, venant,
    Poussé, chassé,
    Il ne fut plus qu’un ample mouvement,
    Que vitesse envolée,
    Que va-et-vient charmé,
    Qu’emportement ravi…
     
     
    Et soudain,
     
     Son âme s’échappa comme l’eau s’évapore
    Et s’immobilisa à le regarder vivre,
    Ailes déployées,
    Superbe comme un lys
    Dressé dans le soleil couchant…

    Défaillant, à sa corde agrippé,
    Il vit le soir doré
    Superbement s’épandre,
    Et il sentit les arbres exhaler leur odeur,
    Tandis que peu à peu
    Leurs effluves le pénétraient…

    Et le rayonnement secret du soir,
    Comme une nourriture exquise
    Entra dans sa respiration,
    Y demeura comme en suspens,
    S’y déploya…


    En un instant,
     
    Il se sentit égal au paysage,
    Rire égrené sur fraîcheur répandue,
    Et chute suspendue ;
     
    Alors son corps fut si sensible
    Qu’il le posa sur le gazon.
     

     
         J'avais écrit ce poème pour la mort de mon grand-père.  Aujourd'hui juste après l'avoir publié, j'apprends que mon amie Martine vient de perdre son père. Étonnante coïncidence ! Je le lui offre donc.
     
     
     

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