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    La nuit s'épand ainsi qu'une onde
    Épaisse et âcre
    Chaque jour plus profonde
    Et plus noire que l'encre
     

    Avec le vent qui souffle et la pluie opiniâtre
    On croirait se noyer
    Dans un vortex brunâtre
    Aux ailes déployées
     

    L'arbre s'est dénudé et plie sous les rafales
    Fouetté par l'averse
    Il se laisse glisser dans la nuit qui l'avale
    Au vent qui le traverse
     

    Nous allons par le fond
    Navire démâté
    Tout devient déraison
    La vie est emportée

     

    Dec06-arbre.jpg

     

    Mais dans le cœur de l'arbre est un puits de silence
    Un lieu qu'on ne voit pas
    Mais qui demeure et pense
    Tout bas
     

    Et quand je me recueille au chaud dans ma poitrine
    Il y a ce cœur-là
    Qui chante et s'illumine
    Si bas
     

    Les bruits les sifflements les hurlements du monde
    Rien ne peut étouffer cette étrange chaleur
    Cette lueur qui monte
    Ce silence invisible et que l'on sent vainqueur
     

    Il suffirait d'un rien
    Pour qu'il naisse au grand jour
    Mais son sourire advient
    C'est celui de l'amour
     

    Alors la grande nuit tout à coup se déchire
    Car Noël est venu qui ouvre les fenêtres
    La fenêtre à la vie qui est un grand soupir
    La fenêtre à l'amour qui fait tout reparaître

     

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     Pour rester parmi les étoiles, rappelons un poème de ma veine mystique...


    constellations

     

     

    Ô blanc cristal dressé
    Qu'effleure une licorne rêveuse,
    Ton jour n'est pas venu de laver les prairies !
    Repose sur le lit des neigeuses rosées :
    Déjà se meut l'oiseau qui verra ton envol...
    Il est blanc, couronné d'une aigrette dorée ;
    Sur son bec rouge et noir se lit la Volonté,
    Et il dresse le col, ranimé par l'Amour.

    Une arche dans le ciel
    Se dessine déjà, avec pour frontispice
    Le Cygne, Cassiopée, la Lyre et Andromède ;
    Tu vois l'Aigle et Persée, tu vois même Ophiucus !
    Et les sons qui jaillissent
    Créent la route limpide...

    Toi qui viens de Jadis, frappe à la porte offerte ;
    Laisse-toi aspirer par ses scintillements :
    C'est ainsi que t'appelle l'Ange dans son Cristal.

    En Lui, glisse ébloui... et laisse-Le chanter !

     

     

    constellation cygne

           Image tirée du site canadien « astronome amateur », avec au centre la constellation du Cygne en forme de croix (dont l'étoile la plus brilante est Deneb), et en bas la petite constellation de la Lyre, avec la très brillante Véga ; dans nos régions en été, lorsque l'on regarde au zénith en direction du sud on aperçoit un vaste triangle dans le ciel, avec en haut Véga de la Lyre, à gauche Deneb du Cygne, et à droite Altaïr de la constellation de l'Aigle (ici tout en bas en-dehors de la photo). Cette configuration est si évidente qu'on la présente dans tous les planétariums.

     

    Poème déjà publié en 2005 ici.

     

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        Voici un nouveau poème tiré du recueil publié ci-contre (Renaître, aux éditions Stellamaris), et que je n'avais pas encore édité sur ce blog. Il est extrait de la série "Labyrinthes et Flammes".

     

    Incarnation-Maillard

    Dessin de moi représentant l'Incarnation

     

     

    Mon cœur s’épanche à flots

    Comme la gorge de l’Agneau Pascal

    Immolé

    C’est entre mes deux bras une blessure étrange

    Au grondement profond

    Comme l’appel des gouffres refluant de la mer

    Au creux des grottes sombres

     

    Écoutez écoutez

    N’est-ce pas Dieu qui parle

    Comme pour Moïse au désert

    Jaillit la Source du Rocher

    Quel drôle de langage

    Non plus le Verbe mais le Flux

    Mais le Sang épanché de la Mort au Calvaire

     

    Et Dieu dit

    Mon Enfant

    Je ne t’ai pas abandonné

     

    Voici pourquoi je t’ai quitté

    C’est pour tirer de toi ton Ame ensevelie

    Et qu’elle resplendisse

     

     

     

     

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         Après la merveilleuse journée que nous avons connue, la nuit descend si douce qu'il me revient un poème que j'avais écrit il y a très longtemps... J'avais quinze ans et c'était en octobre ; et pourtant aujourd'hui je ne sais pas mieux dire que ce soir-là. En effet, si pour nous tout est beau et paisible, là-bas au Japon c'est encore l'épreuve ; et que dire d'Abidjan, de Benghazi, de l'Afghanistan... ! Toute la souffrance du monde cohabite avec sa douceur ; il est blanc et noir à la  fois, il est vie et mort à la fois. Et cela, à quinze ans, je l'avais déjà dit ; et aujourd'hui, je ne sais rien dire de plus...

     

    douce-nuit-etoilee.jpg

     

     

    La nuit chante un cantique au ciel qui s'est ouvert.

    Ses voiles sont baignés d'étoiles vaporeuses ;

    Elle émerge sans bruit des ondes nébuleuses

    Du grand songe invisible issu de l'Univers.

     

    On perçoit tout partout des murmures divers :

    De doux chuchotements de voix mystérieuses,

    De légers froissements d'ailes fines, soyeuses ;

    Des anges sûrement volètent dans les airs...

     

    De la Nature heureuse, un grand souffle s'exhale.

    C'est un soupir de vie, ou  un frisson de mort.

    Tout est calme pourtant ; le Monde immense dort.

     

    Une haleine a passé, douce, sur son front pâle :

    Dieu veille son sommeil, comme on veille un enfant,

    Et verse en son esprit un rêve éblouissant...

     

     

    Martine Maillard - 21 octobre 1966.

     
     
     

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    Algerie-053.jpg

     

     

    « Je suis la Vérité et la Voix !

     

    Vois de mes mains l’éclat insoutenable !

    Regarde ! Regarde !

    Et Me reconnais-tu ?

    C’est moi que tu suivis jadis

    Par les chemins poudreux,

    C’est moi dont tu suivis la Voix,

    Fascinée, incrédule.

    Car ce que tu voyais,

    Ce que tu entendais alors,

    Ce n’était pas vraiment la Vérité !

    Ce n’était qu’apparence,

    Pour les enfants qui ont besoin d’images.

     

    Bientôt tu n’entendis plus rien,

    Tu n’aperçus plus rien,

    Et tu me crus perdu.

    Où est-il donc passé,

    Celui qui me promettait tout ?

    Disais-tu ; il ne m’a rien laissé !...

    Et cependant, écoute !

    Écoute cette rumeur,

    Écoute cette tempête,

    Ouvre tes yeux cachés !

    Tu trembles ! Tu ne vois rien,

    Parce que tu ne sais pas où il faut regarder.

     

    Ose enfin soulever les voiles de ton cœur,

    Là où tu dors depuis toujours,

    Dans la paresse de l’animal enfoui…

    Tu entendras craquer la mort,

    Comme la glace qui dégèle,

    Tu entendras gronder la nuit ;

    Écoute mon Silence !

    Dans cette flamme qui t’aveugle,

    Je Suis, Moi, le Ressuscité,

    La Voix impérieuse élevée du Silence

    Après l’éclatement du monde.

     

    Regarde autour de toi :

    Il n’y reste plus rien… Tous t’ont quittée !

    Et tu cherches ma Voix,

    Tu cherches mon Éclat ?

    Mais cette Voix est tienne, et cet Éclat aussi !

    Il y a si longtemps que je t’ai tout donné !...

    Ah ! Pourquoi ne m’as-tu jamais vu,

    Pourquoi as-tu scellé ton corps,

    Et banni de ton cœur la mémoire de moi ?

    Je suis Ta Vérité, et tu ne peux m’éteindre !

    Aussi t’ai-je brisée,

    Jetée dans la tourmente et consumée,

    Afin qu’en ces décombres tu me reconnaisses

    Unique en toi.

    Car Je Règne à jamais, et je ne connais point d’obstacle ! »

     

     

    Oh ! Silencieuse et pure,

    Mon âme intacte et neuve

    Brillait comme un anneau

    Quand la mer reflua…

     

     

     

    Créativité-Martine Maillard

     

     

    Ce poème extrait de "Labyrinthes et flammes",  fut écrit un jour où, revenant à mon immeuble parisien je trouvai celui-ci en flammes et cerné par les pompiers. Après une demi-journée d'angoisse je retrouvai mes manuscrits (et mes affaires) trempés d'eau mais sans dommage.

    Il contient aussi une variation autour du mot "Voix" parce qu'à l'époque j'étudiais le chant et craignais de ne pouvoir me faire entendre, celle-ci étant trop fragile...

     

     

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