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        Ceci est la réédition d'un poème écrit en 1977, après l'incendie de mon immeuble.

          La partie essentielle en a été composée tandis que, rejetée au loin par des barrières de sécurité, je me morfondais à l'idée d'avoir perdu de précieux manuscrits qui me semblaient être ce que j'avais de plus intime ; et le dernier quatrain fut ajouté ensuite, lorsque je découvris que rien n'avait été touché.

            Il est publié dans mon recueil Renaître, dans la partie intitulée Labyrinthes et Flammes.

         Le terrible, c'est que l'on sait, mais que l'on ne fait pas. Ce qui est connu reste ignoré.

      

    Incendie

     

     

    « Je suis la Vérité et la Voix !

    Vois de mes mains l’éclat insoutenable !

    Regarde ! Regarde !
    Et Me reconnais-tu ?
    C’est moi que tu suivis jadis
    Par les chemins poudreux,
    C’est moi dont tu suivis la Voix,
    Fascinée, incrédule.
    Car ce que tu voyais,
    Ce que tu entendais alors,
    Ce n’était pas vraiment la Vérité !
    Ce n’était qu’apparence,
    Pour les enfants qui ont besoin d’images.


    Rencontre



    Bientôt tu n’entendis plus rien,

    Tu n’aperçus plus rien,
    Et tu me crus perdu.
    Où est-il donc passé,
    Celui qui me  promettait tout ?
    Disais-tu ; il ne m’a rien laissé !...
    Et cependant, écoute !

    Écoute cette rumeur,
    Écoute cette tempête,
    Ouvre tes yeux cachés !
    Tu trembles ! Tu ne vois rien,
    Parce que tu ne sais pas où il faut regarder.


    Ose enfin soulever les voiles de ton cœur,
    Là où tu dors depuis toujours,
    Dans la paresse de l’animal enfoui…
    Tu entendras craquer la mort,
    Comme la glace qui dégèle,
    Tu entendras gronder la nuit ;
    Écoute mon Silence !
    Dans cette flamme qui t’aveugle,
    Je Suis, Moi, le Ressuscité,
    La Voix impérieuse élevée du Silence
    Après l’éclatement du monde.


    Regarde autour de toi :
    Il n’y reste plus rien… Tous t’ont quittée !
    Et tu cherches ma Voix,
    Tu cherches mon Éclat ?
    Mais cette Voix est tienne, et cet Éclat aussi !
    Il y a si longtemps que je t’ai tout donné !...
    Ah ! Pourquoi ne m’as-tu jamais vu,
    Pourquoi as-tu scellé ton corps,
    Et banni de ton cœur la  mémoire de moi ?
    Je suis Ta Vérité, et tu ne peux m’éteindre !
    Aussi t’ai-je brisée,
    Jetée dans la tourmente et consumée,
    Afin qu’en ces décombres tu me reconnaisses
    Unique en toi.
    Car je Règne à jamais, et je ne connais point d’obstacle ! »

     

    Implosion



    Oh ! Silencieuse et pure,
    Mon âme intacte et neuve
    Brillait comme un anneau
    Quand la mer reflua…

     

     


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  •    En hommage à Jack

     

    Aux Portes du Silence

     

     

    Du Silence a jailli la profusion des fleurs
    Elles m’embaument de délices
    Et je m’efforce d’effacer de Ton visage
    Les traces qui l’ont recouvert


    De la splendeur du Père
    Jaillissent les mots du Silence


    Le Silence des cimes miroite à l’infini


    Au cœur de la nuit un oiseau chante à tue-tête
    Le Rossignol salue l’Aurore


    Aujourd’hui la Cendre s’envole
    Au Souffle de l’Esprit

     

    Aux Portes du Silence

     


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  • Ô Toi dans la Lumière

     

     

    Ô Miracle incarné
    Ô Merveille des Merveilles

    Je voudrais Te chanter
    Mais je ne suis qu’un gong qui sonne
    Une cymbale qui retentit


    Je ne sais pas parler
    Je ne sais pas écrire


    Toi seul écris
    Toi seul chantes


    Toi seul graves à travers moi
    Les mots qui Te conviennent


     Toi seul soulèves la boue de mes paupières
    Et me révèles Ta splendeur


    Que Ton Nom règne à jamais
    Sur mes lèvres muettes


     

     


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    Avez-vous vu Celui que j’aime ?
    L'avez-vous vu  ! *

     

    Sa Splendeur passe l’imaginable,
    Et Il n’a pas de corps.

     

     

     


    * Gabriele D'Annunzio, Le Martyre de Saint Sébastien
    Voir ici.


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    Petit montage manuel...
    Petit montage manuel...  
     
     
     Deux pigeons dans le soleil du soir
    Une grande arche dans le ciel
    Une porte qui s'ouvre
    Attendons tous
    Attendons tous
    Que le rideau se lève


    Là derrière
    Se trouve l'ineffable
    Les deux pigeons le savent
    Et ils attendent
    De voir naître le monde


    Avec beaucoup d'amour
    Notre coeur a des ailes
    Un jour ce sera nous
    Qui pourrons y voler


    Dans l'envers du décor
    Par-delà les rideaux de pluie
    À travers les mille couleurs
    Aux sources même
    De la lumière

       


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