• Dessin de Martine Maillard
     

    La mort qui marche avec des étoiles dans les yeux
    La voyez-vous
    Elle est devant moi
    Derrière
    A côté

    Elle surgit de moi
    Elle est l’ombre tapie au profond du placard
    Que j’ai ouvert innocente
    Elle est l’obscure habitante de mon appartement désert
    O mon ombre grise
    La voyez-vous en moi
    Parfois je ne sais plus
    Si je suis elle
    Si elle est moi
    Ma mort aux yeux d’étoiles
    Vieille de millénaires
    Mon éternelle ridée
    Que fais-tu à rôder
    Endormie éveillée
    Sardonique déchirante
    Que fais-tu à traîner tes nausées millénaires
    Que me veux-tu enfin
    Parasite sangsue
    Mon mal secret
    Mon épouvantable abîme
    Grise sur fond de nuit
    Tapie dans l’indescriptible
    Je te connais maintenant
    Avec tes pauvres ruses de voyageuse clandestine
    Tu peux te montrer au grand jour
    Va
    Je t’ai déjà pardonné
     
     
     
     
     

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    Cours sur ton petit cheval de sable,
    Habitant des planètes multiples,
    Aux bords mugissants de la mer !
    Auprès de tes roseaux
    Dansent les cheveux bleus,
    Les cheveux rouges et verts
    De la brume ensevelie…

    Passe avec mille écumes joyeuses,
    Et déchire mon cœur
    De ton souffle soudain,
    D’un sabot endiablé,
    D’une échine mouillée,
    D’une crinière au vent,
    Afin qu’il s’ouvre enfin,
    Et qu’il cesse de battre
    L’asphyxie et l’angoisse… !

    Vole sur ton petit cheval d’argent,
    Doux compagnon des rêves bleus,
    Car le soleil se fond déjà
    Dans l’océan des rires,
    Et le brouillard des songes
    A envahi le monde,
    A envahi ma nuit…

    Dans l’opacité blanche,
    Invente un paysage pâle
    Comme tes yeux couleur de mer,
    Comme ta course éparpillée,
    Qui seule existe pour l’oreille :
    Le crépitement sourd des sabots sur le sable,
    - La fuite imaginaire…
     

     
     

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    Par-delà le sommeil éternel des statues
    Un oiseau dort pensif
    Qui attend ton retour

    Peut-être l’as-tu vu au cours de tes voyages
    Un jour que tu passais
    Glacé comme l’hiver

    Ses rêves sont de pierre et son chant est de rêve
    Il connaît ta folie
    Et ta douleur secrète

    Chaque fois que tu cries ivre comme l’oubli
    Il se fige un peu plus
    Et tu meurs de sa mort

    Mais tu l’as renié cet hôte de ta vie
    Et ta forêt frissonne
    Secouée par les vents

    Un jour s’il meurt en toi tu perdras la raison
    Et tu ne verras plus
    Ton arbre foudroyé
     



                          
     
     
     
     

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  • Journées
    Multiples facettes de ma vie
    kaléidoscopique
    Palettes métalliques où le soleil se joue
    par éclairs successifs
    Journées comme des oies de cirque
    marchant de leur pas consulaire
    à l’abattoir
    Têtes royales tranchées
    l’une après l’autre

    Journées
    Mes tranches de fromage
    Où je me taille ici ou là un petit trou
    pour oublier un peu
    l’horreur du jeu
    Journées pâles comme des jeunes filles
    Flexibles comme des roseaux verts
    exagérément étirées
    Journées compactes comme de grands rochers
    marquant ma route par jalons
    de leur grondement de tonnerre

    Journées étalées sur ma chaussée de ciment
    Sur vous je joue à la marelle
    à cloche-pied à contre-cœur
    D’un mouvement toujours avant
    toujours précaire
    Sans espoir de retour
    Sans espoir de repos

    Terre où t’ai-je laissée

    Mais où est donc le Ciel

     

     

     

     

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