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    Château Frontenac de nuit

    (Le château Frontenac -Image tirée du net) 



    C'est un château sans lune,
    Mirage dans l'espace étoilé...

    Elle n'avait qu'un sourire à donner :
    Elle en mourut.

    - Souffle ta bougie,
    Et traverse les corridors déserts,
    Dans le froid et la nuit,
    Jusqu'à la salle obscure
    Où veillent les cheminées ;

    Telle une fumée légère,
    Glisse-toi dans l'âtre vide,
    Et remonte le goulet jusqu'à l'air libre,
    Jusqu'à l'espace ouvert,
    Jusqu'au ciel nocturne !

    Une sorcière sur son balai
    A traversé l'air en sifflant
    À une vitesse étourdissante.

    Et tu te lances à sa poursuite,
    Cramponnée à la crinière de tes rêves
    Qui filent comme le vent ;
    Il faut aller au-delà du rideau noir,
    Le soulever, passer, passer coûte que coûte !

    Il se plisse à l'horizon ;
    Les machinistes du ciel le relèvent à grand ahan,
    Tirant de toutes leurs forces sur les cordages des constellations.
    Et tu glisses sur ton esquif léger,
    Humant le vent du large à pleins poumons...

    Courage ! Le but est proche !

    - Et soudain, sans que rien ne cessât d'exister
    Au décor de cette grotte obscure,
    Sans ébranler sur son passage
    Ni le ciel, ni le château, ni le paysage,
    Le vaisseau toutes voiles gonflées
    Franchit la barre dans un grand frémissement...
     
     

    Aurore boréale au Canada
    Aurore boréale au Canada (image du net)

     

     

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        Je vous ai dit une fois que j'aimais le ski... En fait je n'ai jamais eu la chance d'aller à la montagne l'hiver ; jusqu'au jour où, en 1997, à 46 ans, j'ai décidé de me battre pour "ne pas mourir idiote", et de tout faire pour y aller au moins une fois, aux vacances de février, et d'y prendre deux leçons particulières de ski pour les deux jours que j'y passerais (sur un week-end). C'était "l'âge limite" paraît-il, surtout que je n'étais pas particulièrement souple !
         Voici ce que cela a donné : quelques petites descentes sympa, un peu angoissées, et beaucoup d'enthousiasme et de bonheur !


    Main secourable... (Photo tirée du net)

     
    Immuablement froide et ferme à l'horizon
    Elle te fortifie tel l’œuf originel
    Et voici ton chemin, ton paysage neuf :
    A travers ces talus, ces buissons, ces rochers
    Tu la vois qui t'aspire,
    Et c'est la voix des cimes,
    Et c'est ta voix nouvelle,
    Et c'est ta voie majeure,
    Sainte Marie Majeure,
    Sainte Epée de Folie !
    O Neige tout éclat,
    Tu brilles à l'infini ;
    Tu fumes d'or tissé
    Et je glisse...
    Et voilà, j'ai glissé, et le gouffre a parlé,
    Le gouffre m'a saisie, et je file, emportée
    Vers où, je ne sais pas,
    Vers le bord où je meurs,
    Vers le bord où je veux, vers le bord d'où je sors
    Des feux du désespoir,
    Où dans l'effort conscient je change
    Et modifie ma trajectoire,
    Où triomphalement je décide de vivre,
    Et encore, et encore,
    Où je dis : me voici,
    Et me voici encore !

    O Neige, resplendis :
    Ton ciel est bleu profond...
    La voix me dit : respire !
    Et bientôt tu m'accueilles,
    Et bientôt je suis lasse,
    Et bientôt je suis là,
    Blottie
    Dans toi,
    Au creux de ta froide blessure,
    Dans l'absence même de la Terre,
    Dans la molle pression d'une eau décente
    Et dans la joie sans fond de la descente,
    Dans le cri de terreur d'une chute insensée :
    Jaillis !!!
    Jaillie de toi depuis toujours,
    Je gis au creux de ton sourire écumant de velours :
    Je suis l'oiseau oublié de tes doigts
    Qui a volé, qui est tombé,
    Qui a trouvé
    Et son ciel, et sa lune,
    Et ses étoiles.
     
     
    6 mars 1998          
     
                                                     
     

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