•  

    Demeure

     

     

    Au Temple inouï qui est ma Demeure
    je suis venue et j’ai frappé


    Aussitôt disparurent mon passé ma mémoire
    et tous mes souvenirs si ce n’est
    la Mémoire des étoiles


    Au Temple inouï qui est ma Demeure
    je suis venue et suis entrée


    Aussitôt s’effacèrent mes projets mes désirs
    et toute aspiration si ce n’est
    la promesse d’un Royaume


    Au Temple inouï qui est ma Demeure
    je suis entrée et j’ai perçu


    Que Vertige est son nom
    et que tout ce que je pouvais ressentir en moi-même
    se noyait dans le flux infini de Son Souffle

     

     

     


    24 commentaires
  •  

            Voici deux variations successives sur le De Profundis... Peut-être aurez-vous la vôtre ? N'hésitez pas à l'ajouter en commentaire.

     

     

    Des profondeurs, des profondeurs,
    Tu cries vers moi, Seigneur !
    Mais je suis sourde à Ton appel...

    Et pourtant Tu persistes à me soutenir,
    À me porter pour que je vive,
    Comme l’eau du bassin
    Porte le bateau de papier.

     

    Bateau de papier-image du net

     


     

     

     

    Des profondeurs, des profondeurs,
    Tout crie vers Toi, Seigneur !

    Et comme la vague se ramasse sur elle-même,
    Attirant tout vers elle en une inspiration puissante,

    Ainsi Tu nous aspires en Ton Cœur Océan
    Puis Te déploies à l’infini,

    Abolissant nos traits sur la plage déserte
    Et la rendant à sa limpidité première...

     

     

    Mandala Effet-Mer
    Mandala "Effet Mer"
    tracé par Émilie Vincent et ses amis à la Baie des "Traits-Passés" (Finis-Terre)

     

     

     


    12 commentaires
  •  

     

    À l’instant même où l’eau cesse de heurter la roche
    Et la folie de déverser ses rancunes,

     Le prisonnier s’échappe de sa prison souffrante
    Et le voyage vers l’inconnu commence…


    C’est le silence d’une étendue sans fin
    Où le soupir se pose sans un bruit.


    Je dors, ouverte à l’espace étoilé
    Qui libère sans fin ses flammes bienfaisantes.


    Et le Cœur souriant, aveuglé de promesses,
    Grandit à l’infini nourri de Sa lumière …

     

     

     

     Instant

     

     

     


    16 commentaires
  •  

    À quoi bon écrire
    Puisque tout et toujours se répète

    Et pourtant
    Du fond de moi jaillit une Source
    Qui toujours et toujours rejaillit

    Elle coule infiniment
    En multiples paillettes
    En fleurs multicolores
    Et dessine le monde
    En une profusion
    Instantanée

    Elle fuse en splendeurs vives
    Jusqu'aux confins de l'Univers
    Et dessine un corps fabuleux
    Un corps de Soi en Soie

    Qui sourit comme la lune
    Resplendit au soleil
    Qui la dessine

    Et les mots sont les mondes filant comme des poissons
    Insaisissables

    Et le Cosmos et la Vie pétillante
    Rient dans l'espace déployés
    Rient en image projetée
    Rient à leur Source lumineuse

     

     

    Rire

    Image empruntée au site "La Joie d'un monde nouveau"

     

     


    16 commentaires
  •  

    Jungle

     

     

    Chacun d’entre nous a une voie à trouver.
    Chacun d’entre nous a une voix à entendre...


    Dans la jungle tant de cris se chevauchaient.
    Certains étaient pour moi trop secs
    Et me faisaient l’effet d’une crécelle.
    D’autres étaient trop doux
    Et glissaient sur ma peau  comme un sirop sans goût.
    Parmi les bruits foisonnants
    De cascades, d’oiseaux et de singes hurleurs,
    J’ai marché longtemps à l’aveugle.

    J’ai glissé dans la boue et me suis écorchée
    Aux troncs épineux.
    J’ai dormi sous la canopée,
    À peine protégée des insectes vampires
    Et frémi de reconnaissance quand s’ouvrait un chemin,
    Quand l’éclaircie d’un sommet m’offrait sa parenthèse,
    Une vision plus vaste.

    Et puis tu es venue.
    Et j’ai perçu ce son comme une goutte d’or…
    Un timbre doux et clair,
    Aussi frais qu’un bouton de rose,
    Aussi lumineux et chaud
    Que l’appel nocturne d’une étoile.

    Ce son, j’aurais voulu le boire
    Et suis restée longtemps à te regarder, fascinée
    Par les chatoiements de la bulle scintillante
    Qui parfois s’amplifiait, éparpillant au loin
    Sa longue résonance limpide.

    Puis tu as disparu, me laissant sans lumière.
    Une grande vague est passée, effaçant tout,
    Nettoyant tout,
    Vidant tout de sa substance.
    Immobile et traversée moi-même
    Par ce souffle impérial,
    J’ai entendu le Son projeté en tous lieux.

    Immense et bruissant,
    Il chantait dans les arbres en milliers d’étincelles,
    Il pleurait dans les choses en gouttes d’arc-en-ciel,
    Vibrant à l’infini en ondes tournoyantes
    Et se perpétuant dans un mugissement
    Plus vaste que la mer,
    Il montait et s'enflait majestueusement.

    Glorieux et continu il éclairait le monde,
    Il irisait le ciel, riant, éblouissant,
    Irradiait des senteurs, faisait jaillir des fleurs,
    Roulait dans les abysses
    Et fusait vers les cimes
    En myriades de tintements joyeux.

    Il avait pris ta place.
    Il avait pris ma place.

    Tout était devenu
    D’Airain
    Et d'Or.

     

    Le Son

     

     


    24 commentaires