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            Voici deux variations successives sur le De Profundis... Peut-être aurez-vous la vôtre ? N'hésitez pas à l'ajouter en commentaire.

     

     

    Des profondeurs, des profondeurs,
    Tu cries vers moi, Seigneur !
    Mais je suis sourde à Ton appel...

    Et pourtant Tu persistes à me soutenir,
    À me porter pour que je vive,
    Comme l’eau du bassin
    Porte le bateau de papier.

     

    Bateau de papier-image du net

     


     

     

     

    Des profondeurs, des profondeurs,
    Tout crie vers Toi, Seigneur !

    Et comme la vague se ramasse sur elle-même,
    Attirant tout vers elle en une inspiration puissante,

    Ainsi Tu nous aspires en Ton Cœur Océan
    Puis Te déploies à l’infini,

    Abolissant nos traits sur la plage déserte
    Et la rendant à sa limpidité première...

     

     

    Mandala Effet-Mer
    Mandala "Effet Mer"
    tracé par Émilie Vincent et ses amis à la Baie des "Traits-Passés" (Finis-Terre)

     

     

     


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    À l’instant même où l’eau cesse de heurter la roche
    Et la folie de déverser ses rancunes,

     Le prisonnier s’échappe de sa prison souffrante
    Et le voyage vers l’inconnu commence…


    C’est le silence d’une étendue sans fin
    Où le soupir se pose sans un bruit.


    Je dors, ouverte à l’espace étoilé
    Qui libère sans fin ses flammes bienfaisantes.


    Et le Cœur souriant, aveuglé de promesses,
    Grandit à l’infini nourri de Sa lumière …

     

     

     

     Instant

     

     

     


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    À quoi bon écrire
    Puisque tout et toujours se répète

    Et pourtant
    Du fond de moi jaillit une Source
    Qui toujours et toujours rejaillit

    Elle coule infiniment
    En multiples paillettes
    En fleurs multicolores
    Et dessine le monde
    En une profusion
    Instantanée

    Elle fuse en splendeurs vives
    Jusqu'aux confins de l'Univers
    Et dessine un corps fabuleux
    Un corps de Soi en Soie

    Qui sourit comme la lune
    Resplendit au soleil
    Qui la dessine

    Et les mots sont les mondes filant comme des poissons
    Insaisissables

    Et le Cosmos et la Vie pétillante
    Rient dans l'espace déployés
    Rient en image projetée
    Rient à leur Source lumineuse

     

     

    Rire

    Image empruntée au site "La Joie d'un monde nouveau"

     

     


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    Jungle

     

     

    Chacun d’entre nous a une voie à trouver.
    Chacun d’entre nous a une voix à entendre...


    Dans la jungle tant de cris se chevauchaient.
    Certains étaient pour moi trop secs
    Et me faisaient l’effet d’une crécelle.
    D’autres étaient trop doux
    Et glissaient sur ma peau  comme un sirop sans goût.
    Parmi les bruits foisonnants
    De cascades, d’oiseaux et de singes hurleurs,
    J’ai marché longtemps à l’aveugle.

    J’ai glissé dans la boue et me suis écorchée
    Aux troncs épineux.
    J’ai dormi sous la canopée,
    À peine protégée des insectes vampires
    Et frémi de reconnaissance quand s’ouvrait un chemin,
    Quand l’éclaircie d’un sommet m’offrait sa parenthèse,
    Une vision plus vaste.

    Et puis tu es venue.
    Et j’ai perçu ce son comme une goutte d’or…
    Un timbre doux et clair,
    Aussi frais qu’un bouton de rose,
    Aussi lumineux et chaud
    Que l’appel nocturne d’une étoile.

    Ce son, j’aurais voulu le boire
    Et suis restée longtemps à te regarder, fascinée
    Par les chatoiements de la bulle scintillante
    Qui parfois s’amplifiait, éparpillant au loin
    Sa longue résonance limpide.

    Puis tu as disparu, me laissant sans lumière.
    Une grande vague est passée, effaçant tout,
    Nettoyant tout,
    Vidant tout de sa substance.
    Immobile et traversée moi-même
    Par ce souffle impérial,
    J’ai entendu le Son projeté en tous lieux.

    Immense et bruissant,
    Il chantait dans les arbres en milliers d’étincelles,
    Il pleurait dans les choses en gouttes d’arc-en-ciel,
    Vibrant à l’infini en ondes tournoyantes
    Et se perpétuant dans un mugissement
    Plus vaste que la mer,
    Il montait et s'enflait majestueusement.

    Glorieux et continu il éclairait le monde,
    Il irisait le ciel, riant, éblouissant,
    Irradiait des senteurs, faisait jaillir des fleurs,
    Roulait dans les abysses
    Et fusait vers les cimes
    En myriades de tintements joyeux.

    Il avait pris ta place.
    Il avait pris ma place.

    Tout était devenu
    D’Airain
    Et d'Or.

     

    Le Son

     

     


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  • (Suite de cet article)


            Je pratique le Pardon depuis si longtemps, qu'il m'était difficile hier de trouver une personne avec laquelle recommencer la procédure... encore que cela n'est pas interdit. Mais je savais qu'à la dernière minute le travail à faire me serait soufflé.

             Lorsque j'ai eu trouvé l'endroit idéal où m'asseoir au cœur des bois, j'ai entendu cette injonction :

    - « Ma vie ».

      Une autre voix s'est élevée en moi, moqueuse :

    - Non mais ça ne va pas ? C'est complètement idiot !!

       Alors je me suis dit aussitôt :

    - Bon, j'ai compris : si ça rouspète à ce point, c'est que je dois le faire... 


     *

        Et de fait, j'avais bien des griefs contre "ma vie", et mes larmes ont coulé. Elle ne m'avait pas faite comme il fallait, elle ne m'avait jamais donné ce que je lui demandais ; elle m'avait jetée dans des situations que je n'avais pas su gérer, m'avait rendue totalement ridicule, avait constamment détruit mes espoirs... D'ailleurs n'avais-je pas écrit à l'âge de 30 ans un roman commençant par ce vers d'Aragon :

    Dites ces mots Ma Vie et retenez vos larmes ?

       Il était urgent de le lui pardonner et de comprendre quels étaient mes torts, à moi.

       D'abord on ne juge pas d'une œuvre d'art avant que Son Artiste ne l'ait achevée... Ensuite, je La sentais autour de moi, immense et frémissante, d'une Beauté dépassant toute possibilité d'expression... Elle me nourrissait, elle me caressait, elle m'éclairait... Comment lui en vouloir ? Je compris peu à peu que j'avais eu tort de chercher à la posséder comme un objet qui s'acquiert ; de la poursuivre en permanence alors qu'elle était imprévisible.

         Et c'est seulement dans la nuit que j'ai fini par comprendre qu'elle ne m'appartenait pas ! Que le simple possessif à lui seul marquait toute mon immense présomption ! Comment réclamer, quand seule s'impose la Gratitude ! La Vie ne m'a pas été donnée, ni même prêtée : elle m'a créée, elle m'inonde, je baigne en elle...

            Et voici que sur le matin j'ai rêvé d'une fillette qu'un éléphant attrapait avec sa trompe pour la placer, non pas sur son dos où il avait déjà des charges, mais dans sa bouche ; et tandis que tout le monde autour hurlait d'effroi, la fillette n'avait pas peur. Délicatement il la déposait sous sa langue et de sa langue il la couvrait comme d'un immense pagne rouge ; et c'était BEAU !! Et la fillette souriait de bonheur et demeurait ainsi promenée par l'éléphant comme une reine.

      

    L'Eléphant

     

           Ainsi étais-je portée par la Vie... disparaissant si elle fermait la bouche, mais quelle importance ? Son Souffle me traversait tout entière.

            Or c'est hier soir, avant tout cela que j'ai écrit ce poème, pour "ancrer" mon travail avant que l'heure de la Pleine Lune ne soit dépassée.

           Voici.

     

     
    La Vie

     

    La Vie est venue à moi,
    Comme une fée sautant, dansant
    Dans ses voiles...

    La Vie m’a inondée de couleurs chatoyantes,
    Dansantes et chantantes.

    Mais en rêve
    Elle a changé d’aspect.
    Parsemée de piquants, elle m’a déchirée,
    Et son regard de braise a dévasté mon cœur.

    Alors je l’ai cherchée de l’aube au crépuscule,
    Au labyrinthe obscur
    Où j’avais cru saisir un pan de sa tunique.

    Je l’ai cherchée sans trêve,
    Mais n’obtenais jamais qu’un rayon orphelin
    - Parfois vert, parfois bleu,
    Parfois rouge ou doré -
    De son bel Arc-en-Ciel …

    Et j’entendais son Rire se perdre dans la nuit.

    Où étais-je, pleurant au Palais des Mirages ?

    Environnée de sa dentelle vaporeuse,
    Noyée dans son parfum,
    Je m’éveillai enfin dans des cristaux de larmes.

    Et Elle me portait,
    Splendide et transparente,
    Irradiant le bonheur jusqu’à l’Infinitude !

    Elle était mon coussin, ma livrée, ma couronne,
    Lumineuse et limpide,
    Elle était mon support, mon souffle et ma Merveille… !

    Je n’étais faite que d’Elle ;
    Sans Elle je n’étais rien.

    Et je la sentais bruire et caresser mes sens,
    Vibrante et plus intense
    Qu’un Océan d’Amour.

      

    La Vie

     

     


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