•  

            En ce jour de la « Guru Purnima » (« Pleine Lune du Maître », ou la Pleine Lune du Cancer, voir ici et ), journée où il est de coutume en Inde d'exprimer sa dévotion à son Maître, qui est aussi le Sadguru Maître de l'Univers et le suprême enseignant pour tout aspirant à la Sainteté, je veux déposer sur ces pages l'expression de ma gratitude envers Celui qui m'a enfantée et à qui je dois la Vie.

     

    Gratitude

     

     

    Ô Maître, qui as tissé les pétales de mon Cœur,
    Ta Bonté est infinie et Ta Gloire sans mesure.

    Dans ces pétales Tu as glissé tout ton Amour,
    Aussi exhalent-ils vers Toi sans fin leur gratitude.

    On prétend qu'ils sont douze mais comment les dénombrerais-je
    S'ils sont une multitude ?

     

    L'un d'eux s'appelle Vie
    Et il s'étend partout, inondant tous les Êtres
    Et animant les choses.

    L'un s'appelle Beauté
    Et puissant comme l'or il couronne le front
    Du Serpent-Univers.

    Un autre est dit Lumière,
    On le voit se lever à l'horizon des mondes
    En robe de naissance.

    Un autre s'appelle Douleur ;
    On le voit se briser en cascades d'éclats
    Sur la glace acérée.

    Un autre est nommé « Je » !
    Il tisse à l'infini sa toile de méandres
    Comme un poulpe visqueux.

    Un autre est Enthousiasme,
    Et sa clameur s'élève en ondes de bonheur
    Comme un souffle d'Espace.

    L'un est nommé Courage
    Et sa splendeur résonne comme le Lion d'airain
    Surgissant des abysses.

    Un autre est Désespoir
    Et dessine aux tréfonds d'insondables abîmes,
    Les spectres des prisons.

    L'un d'eux est dit Amour ;
    Il fond comme nectar aux profondeurs diaprées
    De l'Océan parfait.

    Un autre est Innocence :
    Il est vêtu d'aurore et sanglote à genoux
    Devant l'Immensité.

    Un autre est Solitude
    Et sa terreur appelle au profond de la Nuit
    Comme une plainte humaine.

    Un autre est Dévotion
    Et il brille à jamais,
    Étoile du matin.

     

    Ces pétales, Seigneur, c'est Toi qui les animes,
    Et par Ton souffle seul,
    Ils frémissent et me portent.

    Au creux de leur Présence il est une fontaine
    Et sur cette fontaine il chante une colombe.

    Ô sois Béni, mon Maître, pour avoir bien voulu
    Que je l'entende, et qu'elle se glisse en ma pensée,
    En mes paroles.

    Car ce qu'elle dit,
    C'est que de mon cœur
    Tu es le Joyau.

     



    ॐ मणिपद्मे हूँ
    महाज्ञानचित्तोत्पाद
    चित्तस्य नवितर्क
    सर्वार्थ भूरि सिद्धक
    नपुराण नप्रत्यत्पन्न
    नमो लोकेश्वराय स्वाहा

    Oṃ maṇipadme hūṃ.
    Mahājñānacittotpāda,
    cittasya na-vitarka,
    sarvārtha bhūri siddhaka,
    na-purāṇa na-pratyutpanna.
    Namo Lokeśvarāya svāhā.


         (Le mantra d'Avalokiteshvara chanté par Imee Ooi ; la traduction en semble impossible cependant en voici une approche selon ma compréhension :

    « OM »,
    Joyau dans le Lotus,
    Point Suprême de l'Esprit,
    Toi qui n'es ni [ceci...],
    Ni [cela...],
    Hommage à Celui qui t'a révélé. 

     


    23 commentaires
  •  

              Serions-nous ce cours d'eau, qui ne se laisse perturber par rien de ce qui l'environne mais au contraire glisse imperturbablement en lui-même, intouché, inchangé, jusqu'à découvrir que plus rien ne le définit, car dans l'océan il est dissous ?

     

     La symphonie du Ruisseau 1 (Pierre Lescaut)

     

    Elle a surgi
    On ne sait d’où

    Ni comment

     

    Elle serpente à travers champs
    Gaie et chantante
    Sourit aux fleurs

    Aux herbes folles

     

    Elle serpente à travers bois
    Pénètre au creux des noirs fourrés
    Se glissant entre les racines

    Passe un goulet et ressurgit

     

    Elle serpente à travers monts
    File entre les rocs escarpés
    Saute des creux heurte des bosses

    Et plonge en cascade rieuse

     

    Elle s’étale dans la plaine
    En reflétant les blancs nuages
    Elle se rit du vent des grêles

    Et se grise des chants d’oiseaux

     

    Et puis soudain voici l’estuaire
    Et tout à coup plus de rebords
    Elle est dissoute dans le flux

    Où était-elle Que fut son cours

     

    Et puis voici c’est l’Océan
    Plus de limites de mouvement
    Point d’origine et point de terme

    Espace ouvert infiniment

     

     

    Océan

     

     


    35 commentaires
  •  

    Enseignement

     

     

    Le Maître est assis dans le parc
    Avec ses disciples

     

     Ils échangent une nourriture
    Que l’on ne voit pas

     

    Le Maître parle
    Mais on ne l’entend pas

     

    Les disciples écoutent
    Et dans leur cœur vibre une flamme

     

     Le Maître a seulement levé l’index
    Et le disciple s’est embrasé

     

    Le Maître est dans le parc
    Et la flamme brûle

     

    Gigantesque
    Unique

     

     

    Enseignement

     

     

     


    24 commentaires