• Pluie


    (Réédition)

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    Pleurez oiseaux bleus du printemps

    Pleurez oiseaux verts de l’automne

    La pluie triste et douce chantonne

    En larmes chaudes sur l’étang

     

    Calmes soirées sous les averses

    Bleuités troubles du ciel gris

    Où tremblent des rayons épris

    De feuilles vertes qu’ils transpercent

     

    Larmes de vent larmes du cœur

    Larmes d’espace où l’or ruisselle

    Larmes aux sourdes étincelles

    De désespoir et de douleur

     

    Ô douce voix qui t’es brisée

    Dans le sous-bois un soir d’hiver

    Quand l’oiseau mort sous le couvert

    Perdait ses plumes irisées

     

    Ô blanches gouttes sur ton front

    Qui était ceint de la couronne

    Et de ta gloire qui rayonne

    Et de tes cheveux plus que blonds

     

    Ô larmes bleues sur tes joues pâles

    Ô spectre du passé qui meurt

    Ô nuits mortelles de terreur

    Qui déchirent nos blancs pétales

     

    À présent c’est la pluie qui vient

    La pluie qui règne enveloppante

    Qui nous transit et nous enchante

    Et nous endort et nous retient

     

    Elle est fraîche comme un sourire

    Elle est froide comme la mort

    Elle résiste à notre effort

    Et nous soumet à son empire

     

    Nous ne sommes plus que du froid

    Où dégouline un peu de lierre

    Nous sommes pareils à la pierre

    Qui reçoit la pluie sans émoi

     

    Ce sont larmes si tristes douces

    Larmes vertes et bleues sans fin

    Que l’on croirait voir le matin

    Se fondre au soir parmi les mousses

     

    Ce sont pleurs si mystérieux

    Coulant sur les fleurs en silence

    Que l’on dirait que le ciel pense

    Au-delà des arcs radieux

     

    Et quand l’averse recommence

    Un chagrin si bouleversant

    Que la rosée en se berçant

    Glisse à terre en pleurs d’impuissance 

     

    Poème extrait de "Pour Survivre",  publié en 1974 à Paris
    sous le titre global "Le Rossignol d'Argent"
    par les éditions Saint-Germain-des-Prés

     

     

  • Commentaires

    1
    Mercredi 2 Mai 2012 à 12:00
    Ne dirait-on pas quelquefois que le ciel pleure à la vue des hommes qui manifestent la haine au lieu de l'amour ? Que le ciel pleure à la vue des malheurs que le péché a fait entrer dans le monde ? Que le ciel pleure à la vue de l'incrédulité des coeurs ? Mais le ciel pleure aussi de joie, à la vue d'un pécheur qui se repend et se donne à Christ !!! Bonne fin de journée Valentine. Bien fraternellement


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