• Pentecôte

     

    Pentecôte

     

     

    Le bois est plein d’oiseaux chanteurs,
    Les bosquets sont nappés d’argent,
    La nuit s’éclaire de la couleur des lampes ;
    Le vent remue les branches comme on presse un aimé :
    Il passe, effleure les cheveux des arbres
    Qui se dressent, puis retombent,
    Et il les prend encore,
    Comme pour les pétrir
    De son Amour impérieux et doux.

    Je le respire avec délices :
    Il est tendre et sucré, et parfumé et pénétrant,
    Et meilleur à mon cœur
    Que l’ambroisie la plus divine ;
    Il m’emplit
    De son Souffle ineffable.

    Je respire l’oiseau et je respire l’arbre,
    Je respire la terre et ses cheveux d’argent,
    Je respire le monde qui dort, et la nuit
    Qui descend, et bien plus,
    Et bien plus que cela…

    Je respire les roses, et les fleurs alanguies,
    Et les cœurs des humains qui sont comme des fleurs,
    Et leurs âmes qui sont ainsi que des pétales,
    À s’exhaler la nuit en senteurs enivrées,
    Et à s’ouvrir si lentement tout une vie,
    Mais bien plus que cela.

    Je respire la Vie ainsi qu’une senteur
    Douce et puissante issue de l’Univers,
    Je respire l’Amour qui revêt toute chose
    Du manteau blanc des noces,
    Je respire la Force et la Joie d’être là,
    La Volonté de Vivre, et vivre uniquement
    Toute l’éternité !

    Ô Souffle frémissant,
    Léger danseur,
    Amoureux tournoyant et compagnon du ciel,
    C’est l’été !
    L’été premier du monde peut-être ?
    Or la nuit est sans tache,
    Et bientôt elle scintillera de tout son éclat !

    … Mes yeux se sont ouverts ainsi que des fenêtres
    Et mon front s’est paré d’un astre fixe et pur ;
    La nuit tout embaumée immense me pénètre,
    Et mon œil transparent devient l’unique Azur

    Où se logent enfin les animaux couplés,
    Nouvelle Arche divine offerte pour survivre !
    Ô mon unique Amour… Soleil renouvelé,
    J’attends que Ton Vouloir lumineux me délivre...


     
     

  • Commentaires

    1
    Jeudi 30 Mai 2013 à 12:00
    Que de grandeur coule sur ses mots, à faire frissonner l'âme qui se laisse caresser! Hélène*


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