• Paul-Jean Toulet, la vie...


    (3e volet d'une évocation commencée ici)

     

    PJ Toulet

     

     
          Plus je relis Paul-Jean Toulet, et plus j'ai du mal à choisir ce que je veux vous en offrir...

         Il y a tant d'humour dans certains de ses poèmes qu'il serait dommage de les négliger ! Cependant je reste sur le nostalgique encore aujourd'hui, avec la dernière des "Contrerimes".

        On y sent une oeuvre de la maturité, empreinte de ce désenchantement face à l'amour qui traverse toute la pensée de son auteur. D'une simple petite touche la mort est évoquée, et c'est dans un murmure que le poète avoue l'insomnie et la peur.

        Les expressions aussi élégantes qu'elliptiques apportent musique et rythme à cette confidence en clair-obscur ; une pointe d'hermétisme rapproche un peu ces quatrains de certaines oeuvres d'Apollinaire ("La Chanson du Mal-Aimé", "Le Bestiaire d'Orphée") : on est en plein 1900, l'époque de Toulouse-Lautrec ; mais dans le sud ! Car toujours cette lumière de l'Espagne s'y devine en filigrane.

     

         Mais c'est dans le mystère que disparaît le poète ; comme l'on sort de scène, à petits pas. Il continue de vous parler, comme il l'a toujours fait. Et c'est peut-être là le secret du style si poignant propre à Toulet : toujours il vous parle, jamais il ne parle de lui.

        Il semble s'en aller dans un fondu au noir, et ses propos flottent encore derrière lui, comme chuchotés...

     

     

     

    La vie est plus vaine une image

    Que l’ombre sur le mur.

    Pourtant l’hiéroglyphe obscur

    Qu’y trace ton passage

     

    M’enchante, et ton rire pareil

    Au vif éclat des armes ;

    Et jusqu’à ces menteuses larmes

    Qui miraient le soleil.

     

    Mourir non plus n’est ombre vaine.

    La nuit, quand tu as peur,

    N’écoute pas battre ton cœur :

    C’est une étrange peine.

      

    Paul-Jean Toulet,
    Contrerimes, n°70 (la dernière)

     

      

     

  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Septembre 2010 à 12:00
    Bonjour, Je me sens vraiment inculte car je ne connaissais pas ce poète et pourtant, quelle belle plume....Merci de me l'avoir fait découvrir ! Gros bisous à toi et bonne semaine, Sandra


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