• Mon Voyage en Afrique noire - 11


     
        Abordons à présent la deuxième grande partie de ce voyage... Une excursion jusqu'au Mali. Ci-dessous la carte de notre périple, avec le voyage aller dessiné en bleu (cliquez pour pour l'afficher en taille réelle).

    Mon Voyage en Afrique noire - 11


    Changement de cap


        De retour à Abidjan, nous n'y passâmes pas plus d'une nuit. Francis et Margaret nous proposèrent de visiter le pays par nos propres moyens, nous indiquant une route possible : monter vers le nord par le train, puis gagner Mopti, ville méridionale du Mali, au seuil du désert.
        D'Abobo-gare, nous nous embarquâmes donc en direction de Ouagadougou, qui était alors la capitale de la "Haute-Volta" (le nom de Burkina-Faso fut attribué à ce pays ultérieurement), avec pour mission de descendre à Ferkessédougou   , car il n'était pas conseillé d'entrer en Haute-Volta, de vives dissensions existant alors avec la Côte d'Ivoire.
     

    Mon Voyage en Afrique noire - 11Abobo-gare dans les années 70


        Comme je me plus dans ce train, fait de rames vieillottes vert bouteille, avec des sièges de bois et des fenêtres ouvrables jusqu'à moitié ! Il avançait tranquillement, jamais trop pressé, dans une campagne plus dégarnie, aux allures de savane, pour s'arrêter à des quais sans gare apparente, où les noirs l'envahissaient comme un métro, restant parfois sur les marche-pieds pour sauter un peu plus loin... A chaque arrêt ou presque, passaient sous nos fenêtres des femmes portant sur leurs têtes des bassines pleines de petites bananes locales, ou de mandarines vertes.

     

        Il suffisait de leur faire signe, de sortir quelques francs CFA, et on était comblé des fruits les plus délicieux que j'aie jamais connus... Quel bonheur, pour moi qui revenais de brousse et avais été privée de vitamines si longtemps ! J'en fis toute ma nourriture de la journée, et ces petites bananes toutes fraîches, je vous assure que je n'en ai plus jamais retrouvé le goût rare et profond en France... Est-ce parce que les nôtres viennent des Antilles ou d'ailleurs ? N'est-ce pas plutôt parce qu'on les envoie vertes afin qu'elles mûrissent en cours de route pour être mangeables dans nos supermarchés ? Décidément, l'adage selon lequel les fruits sont faits pour être consommés sur leur lieu de production, et non pour voyager, me parut là des plus exacts. Quant aux mandarines vertes... Quelle découverte ! Vertes, mais mûres : une espèce à la peau très fine et particulièrement juteuse, rafraîchissante. Ce voyage fut l'un des moments les plus délicieux de mon séjour.
        Robert, lui, s'amusait comme un petit fou des pratiques étranges des noirs, qui, pour prendre l'air car il faisait chaud dans le train, voyageaient sur le toit ! De vrais cascadeurs, dans ce pays, et pas un agent pour les réprimander ; tandis que la rame progressait paisiblement et sans heurt, une population masculine de plus en plus animée s'installait au-dessus de nos têtes !
     

    Mon Voyage en Afrique noire - 11
    Le paysage vu du train 


        À l'issue d'une journée qui me parut tout de même assez longue (environ 450 km en quelque 9 heures), nous descendîmes à "Ferké", fourbus et contents. L'air était plus agréable qu'en brousse, l'atmosphère moins pesante. Il nous fallait trouver où dormir, et, munis de notre "Guide du Routard", nous nous adressâmes comme indiqué à une mission catholique.
        Après quelques hésitations, un missionnaire accepta de nous laisser coucher dans une salle de classe, car il s'agissait d'une école alors fermée pour les vacances, sur des lits de camp. Ce fut là aussi une de nos plus belles nuits... Les pièces étaient propres, aérées, munies de grilles de bois ouvragé pour filtrer la chaleur des rayons solaires.
        Pour ajouter à la réussite de cette journée, nous sortîmes vers 20 heures dans les rues, en quête de nourriture, et fûmes attirés par des odeurs de viande grillée bien sympathiques. A notre grand ravissement, nous aperçûmes des barbecues à chaque coin de rue, avec toutes sortes de brochettes à vendre ! Dans la fraîcheur du soir, ce fut une véritable fête.
        Il nous fallait bien prendre quelques forces, car la suite du voyage allait s'avérer beaucoup moins confortable...

     

    Mon Voyage en Afrique noire - 11
    Me voici devant notre "palace". On ne dirait jamais que j'étais enceinte de deux mois !
    Je revins du voyage plus svelte que jamais, mais ce fut très rapidement rattrapé...

     
    Lire la suite ici.
     
     
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 29 Juin 2006 à 12:00
    Avec tes fruits tu piques ma curiosité, des mandarines vertes, je n'ai jamais vu cela. enfin vous avez tout de même pu manger quelque chose de bon, parce que d'après toi, l'éléphant faut en avoir envie ! Remarque, si tu as faim, tu manges... J'en suis toute retournée.
    2
    Mardi 10 Janvier 2017 à 19:08

    Toute belle... après un voyage agréable...

    Biz

      • Mardi 10 Janvier 2017 à 19:49

        J'étais toute jeunette !!

    3
    Jeudi 12 Janvier 2017 à 22:47
    durgalola

    ton voyage est très intéressant ; c'est un plaisir de le lire/ Bises 

      • Jeudi 12 Janvier 2017 à 22:57

        Merci Durgalola !



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