• Mardi 13 février ou une journée à vivre... (2)

     
     
        Pour faire suite à mon article du 29 juillet, voici la troisième version annoncée de cette série d’œuvres sur le thème d'un quotidien étrange... Je vous rappelle que, rattachées par leur titre à une lithographie du peintre Michel Salsmann, elles sont toutes trois inspirées d'un poème écrit par Robert Bichet sur l'île de Naxos : "Escale"...

     

    ESCALE

    Les bateaux se préparent lentement
    Leurs antennes se tendent comme des doigts

    La lune oublie d’éclairer cette nuit sans ombre
    et le temps passe comme un chat silencieux
    l’escale fugitive…
    partir sans jamais arriver…

    Tant d’espoirs foisonnant mais en vain…

    Ce beau miroir d’argent
    Ce ciel demi-ouvert
    Et cette mort latente suspendue à son fil…
    Ce pourrait être celui d’Ariane ou de Kronos
    ou celui d’une attente mystérieuse.

    Détestable araignée
    tu tisses encore une histoire triste
    et tes yeux de verre s’illuminent
    comme ceux des cargos
    qui vont bientôt partir
    nonchalamment, paresseusement.

    Et la nuit magicienne transportera leurs rêves…

    © ROBERT BICHET
     

        À chaque fois l'artiste s'est intéressé à un groupe précis de musiciens pour lesquels il a écrit une partition destinée à évoquer la fuite du temps au sein d'une journée très ordinaire.
        La présente pièce fut écrite en 1990 pour la soprano dramatique Catherine Boni et son accompagnateur d'alors Jean-Paul Cristille. Une bande de sons y est ajoutée, comprenant des voix enregistrées, une partie de piano préenregistrée, ainsi que des cris de mouettes et un départ de chalutier... La soprano, qui s'est vivement intéressée à la création de l'oeuvre, chante tantôt sur des extraits du poème (qui sera entièrement lu à la fin), tantôt sur des onomatopées,  y ajoutant même parfois des chuintements destinés à évoquer le bruit de la mer. Son oreille musicale est extrêmement sollicitée, car elle évolue sur des mélodies complexes entièrement écrites tandis que le piano module de façon planante et répétitive, à l'image du flot étale d'une eau paisible.
     

     Voici un extrait de l'oeuvre,
    enregistrée le 6 décembre 1991 lors du vernissage d'une exposition à Issoudun
    avec Catherine Boni, soprano et Robert Milardet au piano

     
     
     

    Mardi 13 février ou une journée à vivre... (2)

    Photo prise à la Maison du Berry d'Issoudun par Michel Vasseur (Nouvelle République).
    De gauche à droite :
    Robert Bichet, compositeur,
    Robert Milardet, pianiste
    et Catherine Boni, cantatrice .

    Au mur, des encres et des plis postaux de Robert Bichet.

     
     
     
     
     

  • Commentaires

    1
    Vendredi 1er Septembre 2006 à 12:00
    Toujours des surprises très envoutantesque celles que tu nous offres en faisant se rejoindreRobert Bichet compositeurPoètepeintre...j'ai beaucoup apprécié ce travail de la voix sur l'ostinato de l'instrument, c'est très très intéressant.Joli timbre de voix en prime.


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