• Les racines de la foi

     

         Lisant actuellement l'excellent livre de Frédéric Lenoir "Comment Jésus est devenu Dieu", je suis sidérée de découvrir le nombre d'interprétations diverses qui ont pu être apportées à la personne et à l'enseignement de Jésus dans les siècles qui ont suivi son passage sur la terre ; et en même temps je réalise qu'il est logique que l'on n'ait pas attendu le XXe siècle pour discuter de sa véritable nature, le sujet se posant avec plus d'acuité au démarrage d'une croyance qu'après plusieurs siècles d'affirmation dogmatique.

       C'est ainsi que je trouve avec surprise déjà supposées les prétendues "vérités" affirmées ultérieurement par différentes "sectes" venues apporter de nos jours des clés méconnues : Jésus, né véritablement homme, ne serait "devenu Dieu" que par ajout de la divinité à sa personne humaine au jour de son baptême ; ou encore, étant divin et ne devant pas mourir, il aurait été remplacé par quelqu'un d'autre au moment de sa crucifixion.

     

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       Il est vrai qu'au moment d'établir un dogme il fallait bien se battre pour trouver un point de vue commun, alors qu'aujourd'hui l'interprétation personnelle de chacun nuit peu à la vision générale. En effet, la seule vérité est que l'univers spirituel n'a rien à voir avec le monde matériel, si ce n'est que ce dernier est apte à le refléter de façon pâlie en certaines circonstances, et que nous nous sommes perdus en lui. Les Pères de l'Eglise avaient donc pour tâche de trouver la formule la plus proche du symbole le plus parlant, afin que leur dogme éclaire suffisamment la voie à suivre.

       Je reconnais maintenant que dans le domaine spirituel, moins on en dit, et mieux ça vaut, et c'est pourquoi précisément Jésus nous a laissé si peu d'indices ; ou plutôt des indices  essentiellement symboliques. Car si l'on ne peut décrire le monde spirituel, du moins faut-il pouvoir donner des pistes à ceux qui le cherchent. Le langage de Jésus, comme celui des maîtres orientaux, est fait de paraboles, de contes, ou repose sur la démonstration.

        Ainsi il se révèle complémentaire (comme l'est l'enseignement des maîtres de vie intérieure) aux grandes religions du Livre que sont la Bible et le Coran, destinées plutôt à donner des règles de vie pour ce monde, règles d'ailleurs édictées il y a si longtemps qu'elles gagneraient parfois à être revues à la lumière de notre évolution.

     

    Père Noël

       Parmi les symboles destinés à nourrir une foi en un monde différent, il y a celui du "Père Noël". Comment ai-je pu croire autrefois si fermement à ce mythe, au point de le défendre encore passé vingt ans devant des jeunes outrés ? Parce qu'il n'avait rien à voir, dans mon esprit et dans ce que m'en ont montré mes parents, avec ce qu'il est aujourd'hui. Un "mythe" est un support spirituel, il ne doit exister que dans l'esprit. Un Père Noël à qui l'on écrit, que l'on rencontre dans les Grands Magasins, qui flirte avec internet, la télévision et la grande distribution, qui s'encombre de rennes et de lutins, ne peut exister. C'est tout juste un personnage de film, un acteur dans un monde d'images.

     

       Le Père Noël de mon enfance était tout simplement la matérialisation de l'amour de mes parents. On ne le voyait pas, mais il laissait une trace subtile au pied de la cheminée (dont le tablier cependant restait soigneusement fermé) : petit gâteau à demi-consommé, carotte croquée par son âne ; il disposait harmonieusement des jouets non emballés évidemment, et que l'on découvrait avec stupéfaction sans les avoir même devinés auparavant (juste souhaités !) ; et bien sûr lorsque les grands-parents prétendaient que "le Père Noël était passé chez eux pour nous", on n'en croyait pas un mot ! Comment le Père Noël pouvait-il s'être trompé de maison ? Le Père Noël sait bien où se trouvent les petits enfants... !

     

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    La belle histoire de Michka

     

       Si mes parents avaient été pauvres et avaient garni la cheminée d'une simple orange, aurais-je réagi différemment ? Je ne le crois pas, car l'importance était dans le symbole ; et c'est ce que j'ai défendu, passé vingt ans, face à ces jeunes outrés : dans notre société pourrie par l'argent, nous avons besoin de "miracles", c'est-à-dire de découvrir une trace d'amour gratuit ; la trace de quelque chose qui tombe du ciel, sans que l'on en connaisse la provenance, et qui soit pur bonheur. Et c'est cela, le monde spirituel ... C'est l'Amour dont Noël ou la naissance d'un "sauveur", l'apparition d'une porte ouverte sur la Lumière, est le témoignage le plus émouvant.

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 3 Janvier 2013 à 12:00
    L'amour d'abord je suis d'accord, c'est lui qui reste quand l'assouvissement des jouets est satisfait, ou n'est plus approprié, mais il est là tout au long de l'année pour nos petits, alors un jouet à Noël fait partie de la fête, sans entacher nos nobles sentiments. Bonne soirée Valentine bisous


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