• Les chemins forestiers

     

       Prendre les chemins forestiers, n'est-ce pas le moment, alors que paraît-il on y rencontre actuellement les plus délicieux champignons : des pieds de mouton ?

     

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        Hier soir avait lieu à Issoudun la première des quatre conférences proposées cette année par Robert Bichet sur la musique du XXe siècle, que j'ai annoncée ici sur le site qui lui est consacré ; et en amateur averti de ces espèces savoureuses il ne manqua pas d'y faire allusion, se promenant devant nous sur le plateau pour comparer sa découverte d’œuvres méconnues à celles d'un promeneur revenant sur ses pas et dénichant avec étonnement de magnifiques spécimens comestibles qu'il n'avait pas aperçus à son premier passage.

     

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    Robert Bichet


        Il pensait nous parler de Jean Françaix et de Jean-Michel Damase, musiciens "souriants", afin de nous apporter un peu de soleil lors de cette entrée dans l'automne. Mais malgré les similitudes entrevues entre ces compositeurs - tous deux éloignés des courants artistiques de l'époque, tous deux précoces dans l'art musical et particulièrement doués, tous deux enfin représentatifs d'une "musique à la française", plutôt gaie et raisonnée - il se demandait comment articuler son propos, surtout que pour Jean-Michel Damase les enregistrements et - pire - les anecdotes et témoignages de sa vie manquaient cruellement. En effet Jean Françaix, né en 1912, est non seulement disparu (en 1997) mais en plus fait l'objet cette année de publications multiples pour le centenaire de sa naissance ; tandis que Jean-Michel Damase, né en 1928, n'a pas encore atteint cette situation fatidique et avantageuse ! 

     

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    Jean Françaix

        Ce fut donc Jean Françaix qu'il cita, à travers cette phrase qui nous a ravis :

    « Aux autoroutes de la pensée, je préfère les chemins forestiers »

       C'est ainsi que Françaix semble-t-il justifiait son profond désintérêt pour les modes en matière de composition musicale. Plutôt gaie et primesautière, son abondante production nous était apparue cependant moins tendre et attachante que celle de son contemporain Damase, jusqu'au moment où, tel un champignon rare tardivement déniché, Robert nous fit entendre son "Apocalypse selon Saint-Jean", puis son concerto pour deux pianos ; œuvres qui ne furent enregistrées que récemment et que lui-même n'avait découvertes qu'à l'occasion de cette conférence. En suivant les liens ci-dessus vous trouverez de nombreux extraits à écouter de l'Apocalypse selon Saint-Jean, qui est dit-on l'oeuvre majeure du compositeur, mais moi sur deezer je vous ai seulement trouvé cette variation extraite de la Fantaisie pour Violoncelle et orchestre, enregistrée avec le violoncelliste Henri Demarquette en 1994.

     

     

         Devrons-nous de même patienter jusqu'en 2028 pour redécouvrir les œuvres méconnues de Jean-Michel Damase : à savoir toute sa musique symphonique, ses opéras et ses ballets, alors que pour le moment on ne trouve de lui pratiquement que de la musique de chambre ? Un site mentionne ici sa prodigieuse virtuosité d'écriture, montrant comme il a su, à la fin d'un opéra, insérer de facétieux pastiches de ses prédécesseurs romantiques. Mais voici que deezer nous propose tout de même son double concerto pour basson, harpe et orchestre ! Ayant eu une mère harpiste, Damase affectionne particulièrement cet instrument qu'il utilise à merveille. Écoutez...
     
     

        Ne sommes-nous pas là dans les plus ravissants chemins, colorés et souriants à souhait, et remplis de la plus grande tendresse ? 
     
     
    damase.jpgJean-Michel Damase


     
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 18 Novembre 2012 à 12:00
    J'aime bien , les pieds de mouton, la musique aussi ........ Bon et doux Dimanche Bisous timilo


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