• Les caprices de la langue

     

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    Molière peint par Charles-Antoine Coypel (1730)

     

         Un petit billet sur les irrégularités de la langue française.

        Oh ! Non pour en faire une liste exhaustive mais pour vous parler de quelques surprises que j'ai eues, auxquelles vous aurez tout le loisir de réagir en me donnant votre avis et vos commentaires (que  je pourrais d'ailleurs par la suite insérer dans cet article).

     

        Dans un de mes poèmes, j'avais écrit : "ses larmes le baignirent "...

        Et puis soudain, une lumière se fit dans mon esprit et je me dis :

    -  Mais c'est le verbe "baigner" !! Premier groupe !! Donc : "le baignèrent" !!

        Et voilà que je restai pantoise en me disant :

    -  Pourquoi ai-je si fort en tête "le baignirent" ?...

     

        Parce que des verbes en "aigner" ou "eigner", il n'y en a presque pas. La plupart sont en "aindre" (comme "se plaindre", avec lequel je faisais confusion), en "eindre" ou en "oindre", et sont du troisième groupe.

        Et les pires du genre sont les deux verbes : "peigner" (la girafe ?) et "peindre" (une girafe !). Quel rapport de sens peuvent-ils bien avoir entre eux pour se ressembler à ce point ??1 Pourtant lorsque l'on dit "je peignis" on prend bien le pinceau, alors que lorsque l'on dit "je peignai", on prend le peigne, hé hé !!

        Quelle difficulté pour les étrangers... Encore que les étrangers, en fin de compte, s'attellent au travail et apprennent d'arrache-pied, alors que nous, nous croyons "savoir" puisque c'est notre langue "maternelle" n'est-ce pas ? Et c'est là que le bât blesse : finalement l'étranger s'exprimera mieux que nous. Qui plus est, il sera ravi de découvrir un bon moyen de ne pas mélanger deux verbes qui se ressemblent et qui pourtant présentent deux sens radicalement différents.

         Ainsi, pour rien au monde je ne voudrais que l'on changeât quoi que ce soit à notre superbe langue française, qui tient ses irrégularités de son histoire, et surtout de son âge, de sa longue évolution à travers les siècles. En cela elle est encore bien loin de la langue grecque, dix mille fois plus complexe et plus subtile ! C'est un tel bonheur de se promener dans ce dédale de règles qui sont toutes faites pour être transgressées, pleines d'anomalies et d'exceptions... qu'évidemment je suis bien loin  de connaître toutes. Mais en français, vous vous rappelez vos cours de grammaire ? Il y avait toujours :

       1) la règle : ... ...

    Puis :

       2) les  exceptions : ... ... ... (chou, hibou, caillou, genou... ; la dictée, la pâtée, la montée, la portée...)

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         Alors, quelle importance aussi pour les jeunes d'aujourd'hui que de suivre assidûment des cours de langue française, afin de la posséder correctement ! D'ailleurs on n'est pas à même de tout assimiler totalement lorsqu'on est jeune ; bien sûr la pratique de la lecture des grands auteurs apporte l'essentiel de l'entraînement indispensable, mais conserver chez soi un bon "dictionnaire des difficultés de la langue française" à l'âge adulte reste à mon avis nécessaire. Il y a des tas de règles compliquées que je n'ai réellement retenues qu'à l'âge adulte à force de me référer à ce type d'ouvrage.

     

        Hélas, ce n'est pas la génération "internet" (en anglais) ou "est-ce-et-messe" (en langage télégraphique) qui vont nous aider à soigner notre beau langage.

         Je n'entre pas dans la polémique... J'avoue que la langue est une chose "vivante", qui a manifestement beaucoup évolué depuis le parler de la Renaissance et celui de Molière (et notamment a évolué différemment suivant qu'elle était employée en métropole, au Québec ou dans les îles !),  ce qui suppose qu'elle doit évidemment continuer à évoluer.

     

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    Affiche pour la fête de la langue française en Belgique

     

        Mais encore une fois, j'adore ces difficultés qui font justement d'elle une matière, comme un être de chair qui n'est jamais totalement parfait parce qu'il a un bouton ici ou les deux yeux légèrement dissemblables... ce qui fait précisément son charme... !

     

         Qu'en dites-vous ?

       

    1 D'après le dictionnaire "Le Robert" les étymologies sont fort différentes, le verbe "peigner " descendant du latin "pectinare ", et "peindre " découlant de "pingere "... La confusion actuelle résultant de l'évolution des prononciations et des usages successifs qui ont été faits de ces termes.

     
     
     

  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Septembre 2013 à 12:00
    Quel bon article Valentine! Les règles avec leurs petites et grandes clôtures à sauter, et voilà qu'une langue n'est plus parlée mais chantée, parfois elle est si ronde qu'on la dirait dessinée. Elle appartient avant tout au peuple et qu'on le veuille ou non, que l'on apprécie ou pas les dernières expressions entrées dans la course, c'est tout d'même les gens d'un pays qui l'habillent de son originalité. Hélène* (curieusement, j'ai eu hier une discussion sur ce sujet avec une amie)


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