• Le Silence véritable


               Quand les Initiés parlent du Silence, de quel Silence parlent-ils ? 

            Est-ce de celui dont les romantiques se délectent, de cette paix que l'on rencontre loin des bruits de la ville mais qu'agrémente le bruissement du vent dans les feuillages et le gazouillis des oiseaux ou le murmure d'un ruisseau ?

        Est-ce le silence profond qui règne dans les vieilles églises, au creux des abbayes ou dans la solitude de la chambre du méditant ?

        Ce silence-là repose les sens il est vrai. Il permet au corps de se décontracter et à l'esprit de calmer sa danse effrénée. Mais ce n'est pas encore le Silence véritable, celui qu'on peut associer au Divin en nous.

          Car le Silence recherché n'est pas à l'extérieur, mais à l'intérieur. Il peut même être présent dans le vacarme le plus assourdissant ; car c'est notre propre voix qu'il s'agit de faire taire : cette voix de l'ego qui identifie, nomme, porte des jugements, émet des désirs ou des choix, exprime des déceptions, applaudit, oriente, décide, crée des scénarios, des dialogues, et ne cesse pas d'emmagasiner, de stocker des informations, de se dessiner une route, de la commenter... Parfois quand on s'éveille le matin on l'entend clairement, cette voix qui continue de parler toute seule depuis le rêve de la nuit ; mais en fait dans la journée c'est pareil, à l'état de veille aussi ça parle, ça parle sans cesse comme si on avait une radio dans le crâne !

         Écoutons Betty Quirion nous parler du véritable Silence. La belle image que j'ai reproduite ci-dessous a été associée par elle-même à ce texte.

          Pour Betty comme pour Ramana Maharshi, nous sommes des rêveurs éveillés, et le responsable du rêve est l'ego. La vie que nous croyons mener tout comme le personnage que nous croyons être sont des illusions issues du besoin du mental de tout identifier et de tout étiqueter.

     

    Le véritable silence

     

         Le silence n’a rien à voir avec le bruit ou l’absence de bruit dans le monde de la dualité, le monde de la forme.
         Le silence est l’absence de soi ; l’arrêt du rêve d’individualité, du mécanisme de l’ego.

         Le corps sans le rêveur est paisible. Il ne veut rien, ne demande rien. Il ne s’interroge sur rien. Il ne discute pas, il vit simplement, intensément dans l’instant.
        L’absence de soi c’est l’arrêt du bavardage mental, c’est l’arrêt de l’identification au personnage rêveur, la fin du monologue intérieur.

          Le silence c’est un non-état intemporel, insaisissable, indéfinissable.
     
                                                                                                                     Betty
     
         

  • Commentaires

    1
    Hélène***
    Mardi 10 Mai 2016 à 16:52

    Le Silence c'est Dieu qui chante une berceuse à notre âme! smile

    2
    Mardi 10 Mai 2016 à 20:16

    C'est dans le silence que l'on peut entendre la voix des anges !

    Bonsoir chère Aloysia

      • Mardi 10 Mai 2016 à 21:23

        Là oui, il faut vraiment tendre l'oreille... sarcastic Mais en effet, la voix des anges est le son primordial "Aum".

    3
    Mardi 10 Mai 2016 à 20:59
    durgalola

    je te remercie pour ton commentaire ; nous les humains sommes d'abord des animaux avant d'être des hommes ! Pourquoi cette conscience que nous avons est si incomplète ? Bises

    je reviendrai pour lire calmement ton texte et y apporter un commentaire. Bonne soirée Aloysia. 

      • Mardi 10 Mai 2016 à 21:26

        Notre conscience s'identifie à l'animal que nous sommes et malgré tous nos efforts (car nous savons que nous pouvons faire plus et le tentons au maximum), tant que nous restons identifiés nous sommes limités par la peur de la mort.

    4
    Martine
    Mercredi 11 Mai 2016 à 07:12

    Le silence? Finalement il n'existe pas. Car, dans notre corps, notre tête, il  y a toujours du bruit plus ou moins fort. Pas facile de le faire cesser.

    Si on y parvient, alors, oui, on doit pouvoir entendre quelque chose venu de très loin... de la lumière bienfaisante...

    Merci ce moment de réflexion à mon lever

    bises

    smile

      • Mercredi 11 Mai 2016 à 09:28

        Exactement : dans le monde manifesté, il n'y a pas de silence possible ; on entend même le sang circuler dans nos oreilles. C'est le résultat de l'agitation de notre mental : c'est lui qui traduit sans cesse, traduit, traduit les pensées émanées de l'ego. Ainsi le Silence qui est accès au Temple Divin est la disparition de l'ego.

    5
    Mercredi 11 Mai 2016 à 08:10

    Parfois dans le silence de mon environnement il y a un tel tumulte dans ma tête que je ne l'entend pas

    Souvent dans le bruissement du vent et le chant des oiseaux sur les chemins le silence venait de l'harmonie de mon âme avec la nature.

    Pas de silence sans la sérénité.

    Belle journée Aloysia

    Bisous

      • Mercredi 11 Mai 2016 à 09:29

        Oui, Océanique, toi qui as marché tu connais cela. Bisous.

    6
    Mercredi 11 Mai 2016 à 08:52

    Aloysia je t'offre le silence des fleurs.

    http://jama.e-monsite.com/pages/mes-pages-de-mai/belle-de-nuit.html

      • Mercredi 11 Mai 2016 à 09:30

        Merci Jamadrou. J'aime tes fleurs !

    7
    Mercredi 11 Mai 2016 à 16:08
    Daniel

    J'aime de plus en plus le silence. Il me parle beaucoup !

    Dans la vie , il faut bien un peu d'égo.....Juste ce qu'il faut....Pas trop

    Dans la vie , il ne faut pas se prendre au sérieux.

      • Mercredi 11 Mai 2016 à 17:10

        "Dans la vie"... Je ne peux pas te dire. je ne suis pas assez qualifiée.

    8
    Mercredi 11 Mai 2016 à 21:44
    durgalola

    le silence en soi est paix et vide stable ; et ce silence en soi permet d'être vrai avec les autres ; la mort est un questionnement et le silence de la paix ne peut s'accompagner que de chants comme le bruissement des abeilles, les chants des enfants dans les petites classes. Bises et merci pour tes articles qui alimentent la réflexion. Bises et bonne soirée

      • Mercredi 11 Mai 2016 à 22:18

        Et merci à toi, chère Durgalola, de ta présence affectueuse et de tes commentaires remplis de richesse et de profondeur.

    9
    Jeudi 12 Mai 2016 à 08:40

    Ecoute et entends...

      • Jeudi 12 Mai 2016 à 09:57

        Avec le joli nom que tu portes j'entends le glouglou de la fontaine... glasses

    10
    Jeudi 12 Mai 2016 à 12:22

    le silence pas facile, le mental est tjs à l'affut, on s'est conditionné !! bonne journée

      • Jeudi 12 Mai 2016 à 15:43

        Oui, conditionné est vraiment le mot... Bisous Witney, merci de ta visite.

    11
    Jeudi 12 Mai 2016 à 17:37

    Le vrai silence c'est comme tout, ça s'apprend petit à petit, comme la méditation ou la prière méditative, ou

    encore le sourire. Mais pour cela, il faut accepter de faire des coupes dans nos emplois du temps si importants.

    S'extraire, se poser, écouter le silence, c'est à dire tendre l'oreille pour écouter Dieu.

     

    Bonne soirée Aloysia !

     

      • Jeudi 12 Mai 2016 à 18:12

        Oui, petit à petit le Silence reprend Sa place.

    12
    thierry
    Jeudi 19 Mai 2016 à 18:30

    Silence et science , affaire de mesure et d'acoustique, de chambre anéchoïque mais aussi de température, avec l'agitation moléculaire, au degré absolu il n'y a plus de bruit mais pas grand monde pour l'entendre, d'abord parce qu'on ne sait pas franchement l'atteindre  on s'en approche mais c'est comme toutes les asymptotes !

    Ensuite de quels initiés parle t on ? et le silence ne doit pas être pris au sens symbolique et plus largement de l'écoute y compris de soi, comme dit le proverbe chinois on a deux oreilles et une bouche utilisons chacun à due proportion.

    Enfin silence des agneaux dans une autre acception cinématographique celle là qui laisse à penser sur la nature humaine et ce qui peut se passer dans les têtes.

      • Jeudi 19 Mai 2016 à 21:25

        Tu évoques le silence relatif aux oreilles, mais ce n'est pas de celui-là qu'on parle.

    13
    thierry
    Jeudi 19 Mai 2016 à 18:31

    Le silence c'est aussi la capacité à faire taire le moi jacasseur comme disait ma prof de sophrologie

      • Jeudi 19 Mai 2016 à 21:25

        Ah ! Tu vois, il y en a un autre ! happy

    14
    thierry
    Jeudi 19 Mai 2016 à 18:33

    Silence parce qu’il ne peut en être autrement

    Quand seul le silence est encore acceptable qui peut engloutir le désespoir du temps présent, rendre moins pesant aussi des certitudes rancies sur ce qui ne changera plus, alors il faut y consentir pour sentir en soi cette profondeur et accepter de ne plus laisser de relief sonore ni d’aspérité vocale pour un temps qui peut être prolongé parce que le silence et tout ce qui le remplit ça peut être suffisant pour une vie à cet instant.

    Rien ne vient, rien ne sort, tout est donc enfouit enfin peut être pas mais quand il faudrait tant d’énergie pour extirper de soi plus que des impressions fugaces et faire remonter en surface du vrai du lourd du très concret et que non décidément on n’est pas près de lever l’ancre ni que de faire sécher l’encre comme autant de larmes qui suintent et fourmillent de la tête aux mains.

    Eh bien soit c’est ainsi il n’y a rien à redire, juste observer et comprendre que sans jamais se complaire dans une attente vaine, la source de notre moi qui recèle tant d’émois est ainsi non tarie mais juste en suspens entre trop de gravité, et une inanité qui nous ferait dynamiter à moins que ce ne soit d’inanition que nous tombions faute d’assez de nourritures terrestres qui par l’observation entretiennent et l’action et le besoin de fiction.

    Enfin j’ai dit et sûrement bien dit parce que ça fait maintenant un bout de temps que j’attends non mon tour mais au détour d’une phrase sans me détourner de mes préoccupations je ne cesse de chercher à accumuler encore plus de souvenirs qui comme autant de trésors à dévoiler lentement pourraient redonner à mon récit vigueur et saveur et nourrir cette langue qui me gâte et dont je tâte ordinairement sans effort particulier.

    Silence recueilli sans doute pour cueillir du printemps les premiers effluves comme si justement il fallait déconnecter un sens pour rechercher l’autre et privilégier un canal à la fois faute de quoi sans risque de saturer cette sensorialité on diluerait dans l’espace et le temps le moindre des espoirs de devenir content.

    Car les sens ont cette exigence qui se nourrit encore et encore de bien des expériences et faute d’entretenir la source on finit les lèvres closes, pour autant faut il que ces orifices qui peuvent aussi participer aux vices sans occulter les questions en suspens demeurent indéfiniment cousus et que la bouche sèche la langue pâteuses et la gorge enrouée on peine à déclencher du mécanisme tous ces automatismes qui autrefois faisaient merveille dans l’insouciance de la facilité et jamais ne paraissaient de nature à être grippés.

    Agrippé j’étais à ces textes qui coulaient comme miel au soleil et venaient comme du baume confronter au pluriel des apports l’unicité d’un effort pour rassembler le tout dans des descriptions imagées.

    Détaché je suis presque non que plus rien ne soit gradué dans les efforts qui restent mais les priorités tardent à se définir et l’horizon fuyant de la reprise des hostilités phraséologiques me fait juste penser que je ne suis tout simplement pas assez concentré et en somme distrait par trop de pensées qui murissent à la fois et s’amalgament mal  au creux de cet esprit débile.

    Enfin l’hibernation va cesser et les températures printanières ne sont plus comme des lanières dont le cuir froid marque la chair et retient auprès d’un foyer consolateur, c’est vers l’extérieur que je vais me tourner justement pour opérer ce revirement ce débord de l’âme qui au dessus du gouffre fera souffler une nouvelle flamme et que s’échapperont les vrais démons sans besoin de chaperons ni que de guides.

    Continuer dans la patience non de nourrir le vide de la désespérance mais bien au contraire alimenter en contraste et substance par le plaisir partagé et parce qu’il y a toujours du bonheur à donner renouveler des vœux de témoignage au monde pour faire venir en pleine lumière notre monde secret celui où se crée tant de choses parfois à notre insu et que dans cette alchimie transformatrice la pierre philosophique n’en finit pas de se polir avant que de se blottir en notre sein réconfortant.

    Pour un silence il en devient contraint et bien assourdissant alors laissons et retournons au monde, celui de nos pères mais aussi de nos prochains pour éviter non les reproches mais les tentations de repli qui ne sont pas de mise et agiter à notre guise de nouveaux instruments qui éloignerons la sourdine et déboucherons sur de vrais partages.

    15
    Jeudi 19 Mai 2016 à 21:31

    Ton discours est comme la source qui devient ruisseau, puis rivière et coule agréablement jusqu'à se faire fleuve, puis estuaire... Et alors, après toute cette rêverie qui court comme l'eau de Bachelard, qu'est-ce que le SILENCE ? Sinon la dispersion parfaite du courant dans l'immensité de l'OCÉAN ... Non le vide mais l'INFINI : ce qui n'a ni limite ni identité ! Ce qui est plénitude d'être et mouvance perpétuelle.



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