• La petite pomme trop près du soleil

     

    Femme grecque parée pour la fêteFemme grecque parée pour un mariage.

     

          Sappho tenait une école pour jeunes filles, dans laquelle elle les instruisait de tout ce qu'il était nécessaire de savoir, dans la belle société raffinée de Mitylène au VIIe siècle avant notre ère, pour trouver un digne époux.

        Il serait erroné de s'imaginer que l'amour des femmes était au coeur de ce projet : ou alors il s'agirait d'une sorte de sacerdoce, afin d'offrir à chacune d'entre elles le meilleur moyen d'épanouir ses potentialités. D'ailleurs Sappho semble avoir eu dans sa ville une telle notoriété qu'il serait douteux d'imaginer qu'elle n'effectuait pas le travail demandé avec le plus grand sérieux.

          L'île de Lesbos à cette époque était un comptoir rapproché de l'Asie mineure et à ce titre vivait richement de marchés avec le Moyen-Orient. Aussi les jeunes filles fréquentant l'institut gouverné par Sappho y apprenaient-elles les manières du grand monde, d'abord la danse pour avoir un joli maintien, puis le chant pour posséder une voix mélodieuse, l'art de parler et de deviser avec intelligence, et éventuellement l'art de jouer d'un instrument pour être en mesure de charmer leur époux ; car leur but ultime était de trouver le meilleur parti possible.

     

         Ainsi la poétesse, décriée par la suite par les Romains trop pudiques qui s'offusquèrent de sa vie privée - pourtant demeurée privée - n'en avait pas moins écrit des centaines d' « épithalames », ou poèmes composés à l'occasion des noces de ses élèves quittant l'établissement (vous en avez un exemple ici).

     

        C'est parmi ceux-ci que l'on peut trouver aussi les quelques-uns qu'elle consacra à celles qui n'avaient pas trouvé d'époux - et que pourtant elle appréciait autant que les autres...

           Voici le plus complet, donc le plus agréable à relire. Je vous le communique dans le texte établi par Théodore Reinach pour "Les Belles Lettres", page 279 de l'édition de 1966 (fragment 112 du Livre IX, "Epithalames"). 

     

     

    Texte Sappho

     

        Et voici la traduction que j'en ai établie en vers libres  :

     

    Comme on voit le doux fruit rougir haut sur la branche,
      Si haut... les ramasseurs l'auraient-ils oublié ?
    Mais non, ils n'ont pas pu tout simplement l'atteindre.

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 25 Mai 2010 à 12:00
    L'art de vivre faisait partie de l'éducation, la femme ne revendiquait pas l'égalité, mais peut être que l'envoutement n'en était pas moins concluant, très joli ce texte que tu nous as traduit, bisous


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