• L'espace n'existe pas

     

           Il me semble nécessaire de faire suite à l'article précédent ; d'ailleurs justement les impressions correspondantes m'étaient parvenues simultanément.

           Le temps et l'espace ayant toujours été indissolublement liés, déclarer le second aussi inexistant que le premier paraît une évidence pour l'esprit ; mais l'expérimenter est une autre affaire.

     

           L'espace, comme le temps, sont des composantes du monde matériel que nous expérimentons à travers notre corps physique, monde dont la principale caractéristique est de se manifester à travers des objets définis et distincts. Dans cet univers tout est mesurable : ainsi naissent les notions de temps pour mesurer la durée, et d'espace pour mesurer le mouvement.

         Mais dès que nous nous plaçons dans l'univers de la pensée, l'univers mental, ces éléments disparaissent : comme je le disais précédemment, par le jeu de la mémoire je rends présent un événement d'un lointain passé ; de même, par l'imagination ou le visionnement particulièrement télévisé je peux me projeter dans un lointain pays. Et la chose devient encore plus évidente lorsque nous utilisons un "téléphone" car c'est courant aujourd'hui : l'individu contacté est avec nous, quoique loin dans le principe. Or l'effet de la voix perçue est assez saisissant car il touche en profondeur, véhiculant plus d'émotion que la vision, comme en témoigne par exemple ce passage de "La Voix humaine" de Jean Cocteau :

    « Autrefois, quand nous étions couchés, et que ma tête reposait à sa petite place au creux de ton épaule... j'entendais ta voix exactement la même que ce soir dans l'appareil ! »

            Notre nature profonde n'est donc pas située dans le corps, puisque par le monde de la pensée elle l'englobe. Mais elle n'est pas non plus située dans le monde de la pensée puisque nous pouvons voir celle-ci se dérouler, puisque nous pouvons constater des émotions qui la traversent puis s'éloignent, des sensations qui vont et viennent, des événements qui passent, des actions qui se sont déroulées, un effort qui s'est produit puis un repos.  

             Et c'est là que j'en viens à ce que j'ai constaté. Parfois il arrive que quelqu'un dise quelque chose qui nous touche profondément. Il ne s'agit pas de sa voix, ni de ses mots, mais de l'idée véhiculée ; et cela peut se produire autant en présence de la personne qu'à distance, et parfois même par le biais d'un message écrit, ou même d'une lecture publique. Il se produit alors un contact "d'âme à âme" qui crée en nous une sorte d'embrasement momentané... Je dis "embrasement" car il nous semble "prendre feu" et brûler en dedans comme une torche, et pourtant on pourrait tout autant dire "embrassement", car c'est alors d'une communion qu'il s'agit entre ce que l'autre a "émis" et ce qui est en nous.

              Jésus a dit :

    «   Lorsque deux ou trois d'entre vous sont réunis en mon Nom, Je Suis au milieu d'eux. » (Matthieu 18, 20)


             Or le Nom de Dieu est "Je Suis" (YHWH). Et si seulement deux personnes réussissent à créer entre elles une communion à ce niveau, alors l'embrasement du "Je Suis" se produit, notre nature réelle devient sensible et évidente ; bien sûr, en dehors de chaque "personne" visible, dépassant largement toute chose... dans un ressenti que l'on qualifie parfois d'amour, mais qui est bien au-delà : une béatitude sans nom.

              Ce ressenti peut d'ailleurs être éprouvé au spectacle de la nature dans certains moments exceptionnels, ou par rapport à une situation extrême ; il est le contact avec ce que nous sommes vraiment, et c'est ce bonheur véritable que nous recherchons activement toute notre vie.

            Cependant si des événements semblent le déclencher, en fait ils ne permettent que de dévoiler momentanément une vérité permanente que nous avons enfouie sous nos conditionnements et croyances. 

             Certains maîtres à penser prétendent que pour la retrouver il suffit de se situer dans "l'Ici et maintenant"... Le présent et la localisation seraient la clé...  On sent maintenant l'absurdité de cette pensée qui nous ramène au corps physique que nous ne sommes aucunement !!

            Disons que ces enseignants cherchent avant tout à nous aider à sortir du monde des pensées qui nous  entraînent vers le passé, le futur et l'imaginaire ; leur but est de nous permettre de créer un alignement entre l'Être que nous sommes vraiment et le mental qui nous tient en otage. Mais en présence de l'Être, il devient alors essentiel d'abandonner l'ici (espace) et le maintenant (temps) par l'absorption en dedans - en soi-même - comme en témoignent Phène, ici  et Mooji, (de 30'15 à 36'40). 

     

    Création de Namaste Om
    Création de Namasté Om

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 10 Avril à 11:39

    Bonjour Aloysia, moi je trouve très bien de se situer dans l'ici et maintenant car ce qui s'est passé avant est passé et ce qui se passera après on ne peut le savoir ! Donc vivons l'instant présent. Je sais que tu ne seras pas d'accord à la lecture de ce que tu  as écrit ci-dessus. Chacun sa perception. Bisous

      • Lundi 10 Avril à 12:03

        Danaé, disons que tu cherches à simplifier et c'est excellent quand on se situe "dans la Vie".  C'est le premier pas... Donc c'est peut-être en effet la clé... Mais après le premier pas, tout commence !!

    2
    blandine
    Lundi 10 Avril à 13:29

    Je comprend ce que tu dis Aloysia mais je ne puis comme Danae te répondre en mots. Tout est compris intérieurement. Cette sensation ou émotion m'a souvent envahi dans des conversations  téléphoniques, outre atlantique. La personne était la au bout du fil(plus que sa voix) et je sentais ses émotions. Nous sommes là et nous sommes ailleurs .Comme présentement où je t'écris  en pensant à toi , en imaginant une image de toi! et ainsi de suite. bises xxx

      • Lundi 10 Avril à 13:42

        glasses  Adorable Blandine, moi aussi je te sens toute proche et sans t'avoir rencontrée il me semble te connaître.

    3
    Lundi 10 Avril à 15:47
    Durgalola
    Hier après midi j'etais dans une forêt au parterre de fleurs blanches et de mini feuilles. Seul ce moment precieux existait. Un embrassement avec la nature. Plus de mental, plus de passé, plus de lien avec les aimés. Le temps est inconsistant... poutant notre corps est éphémère et nous en sentons les transformations. Bises ensoleillées Aloysia.
      • Lundi 10 Avril à 17:41

        Le bonheur, un miracle, et pourtant la seule Réalité qui soit !! Bises, chère Durgalola.

    4
    Rose63au
    Lundi 10 Avril à 18:04

    Le bonheur dans la vie ce n'est pas de le chercher, de vouloir le palper , il est invisible , 

    C'est un regard, une odeur , un moment à soi de faire ce qui nous plait , à partager au mieux 

    L'instant présent c'est tout ce qui compte pour moi, avant  c'était avant , après j'ai le temps de voir venir , demain est un autre jour, et la vie fait que je ne me pose plus de questions, je conjugue l''instant ......., 

    @  bientôt , prends soin de toi 

     

      • Lundi 10 Avril à 19:08

        L'instant présent contient en bouquet toute la saveur de l'Être et mérite à ce titre d'être goûté intensément.

    5
    Mardi 11 Avril à 14:46

    Oui d'âme à âme, l'espace n'existe pas... C'est ce qui se passe lorsqu'on est sur la même longueur d'onde...

    J'ai beaucoup apprécié ton article. Tu abordes avec doigté les points essentiels de notre existence.

    Pour répondre à ta question, voici un lien pour définir le mot "Synalèphe" (qui ne sert pas à grand chose dans la langue française) :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Synal%C3%A8phe

    Bises Aloysia

      • Mardi 11 Avril à 15:31

        Merci, Kimcat. Oui pour synalèphe j'étais allée chercher, bien sûr ; je ne manque jamais de m'informer sur les termes  colorés que tu nous enseignes !

    6
    Mercredi 12 Avril à 09:23

    Bonjour Aloysia

    Quand nous dormons nos rêves mêlent être réels et situation improbable espace et temps sont évanouis. Ils me laissent perplexe.

    Quand nous communiquons avec des êtres très loin par le biais de vidéo en direct la proximité de la scène abolie l'espace et le temps.

    Belle journée Aloysia

    Bisous 

      • Mercredi 12 Avril à 09:29

        Le monde de la pensée modifie les perceptions ; les perceptions sont donc aléatoires et sujettes à caution. Ce que nous sommes dépasse cette dimension. Bises, Océanique.

    7
    Samedi 15 Avril à 17:34
    Daniel

    Moi je me contente de vivre  du mieux possible et c'est déjà difficile. Je suis un petit terrien qui cherche à 'élever et à ouvrir a conscience. C'est déjà pas mal !! 

      • Samedi 15 Avril à 17:42

        Il y a beaucoup de petits terriens qui cherchent à élever leur conscience ; mais ils tourneront éternellement dans la bulle de la conscience tant qu'ils n'auront pas accepté de la laisser éclater.



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