• Illimité n'est pas néant


              Y a-t-il des "limites" à dépasser ou à franchir ?

               Y a-t-il des murailles à détruire ?

              La conclusion de mon précédent récit pourrait donner à penser que le salut est dans l'abolition de tout, et le Néant un but en soi.

     

    Trompettes de Jéricho

     

            Pourtant je me suis efforcée d'exprimer que cet espace illimité découvert à la fin était en même temps un Cœur vibrant et véritablement vivant.

           Or bien sûr ce qui vibre est de nature énergétique, donc matérielle ; et ce qui est vivant est définissable.

           Le Sutra du Coeur (du "coeur", justement), passage principal de la sublime "Prajna Paramita" ou art d'atteindre à la Suprême Sagesse du Bouddha, commence par ces mots très puissants : 

    « La forme est vide ; le vide est forme.

      La forme n'est pas autre chose que le vide et le vide n'est pas autre chose que la forme.

       Là où il y a forme il y a vide et là où il y a vide il y a forme. »

     
         Il est temps de cesser ce mouvement de bascule entre le fini et l'infini, de cesser d'opposer l'illimité au limité.

              L'infini a le visage du Vide ; le limité a le visage de la Forme. Mais il ne faut pas en conclure que l'infini ne serait pas habité ; ni que le mot limite serait réduit à l'idée de structure mentale.

           La Forme a l'aspect du Vide parce qu'elle n'est pas nommée, elle échappe à tout concept ou définition ; mais elle demeure en tant que contact, sensation, preuve de la Vie de l'Être.

            Le Vide a l'aspect de la Forme parce qu'il est vivant, sensible, expressif, qu'il se déploie en manifestation joyeuse et riche, quoique dénué d'appartenance comme de parties séparées.

            La seule limite que nous ayons à ôter est donc ce tracé mental qui sépare en catégories le vivant et en fait des choses soumises à perpétuelle évaluation. En d'autres termes : ce qui substitue sa loi au réel et que nous avons coutume de nommer ego, car il se résume à un je - "je vois, je pense, je dis, je fais"... "Je" illusoire puisque le Réel s'accomplit de Soi-même.

           Ainsi, comme l'écrivait Phène :

    « L'Être est à la fois la Lumière et Cela qu'elle éclaire. »

     
    Lotus

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 14:47

    J'aime infiniment cette pensée de Phène qui s'harmonise si bien avec ton récit !

    Je m'octroie quelques secondes pour venir chez toi, je suis tout emmaillotée dans mon art .................IMMENSE bisou : sabine.

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 18:16

        "Emmaillotée" ! Quel joli mot ! Alors j'ai  la visite du petit jésus ! clown Merci !

    2
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 14:47

    Je te remercie Aloysia d'être passée sur ma page où furtivement j'ai donné quelques nouvelles de mon été.

    J'ai lu attentivement ton article et me sens encore vide et en petite forme pour être pertinente.

    Je t'embrasse

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 18:17

        La pertinence est secondaire. Ce qui compte c'est Toi ! Je t'embrasse de tout coeur, Océanique.

    3
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 15:36

    Il me semble que la nature énergétique est immatérielle contrairement à ce que tu dis. Elle n'est pas palpable.

    Forme et vide pour moi c'est un peu complexe et je pense que pour nous tous aussi !!!

    Bonne soirée ma belle qui sait si bien explorer le fond de l'être !!!

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 18:22

        Eh bien non, quoique non palpable, l'énergie est de nature matérielle. La preuve c'est qu'on en ressent les effets ; la foudre peut détruire. Toucher le courant électrique envoie une forte secousse qui peut arrêter le cœur. De même l'air est de nature matérielle, puisqu'il est compressible.

    4
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 21:00
    durgalola

    alors si nous ne savons rien de ce Rien, de cet ici et maintenant et au delà de la mort, vivons chaque jour intensément. Je sens , ressens que l'Amour occupe ce Rien, ce Vide, Ce Néant. Bises

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 21:32

        Et tu as raison, Durgalola !

    5
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 21:10

    L'infini petit, l'immensité de l'Univers, le néant, le vide se mêlent dans mon esprit pas très loquace ce soir. La fatigue sans doute. Mais j'ai bien aimé ta réflexion sur les limites à franchir ou à ne pas dépasser...

    Bisous Aloysia

    Béa kimcat

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 21:33

        En fait, c'est juste une invitation à ne pas se prendre trop au sérieux... comme les chats ! Bisous, Kimcat.

    6
    Jeudi 22 Septembre 2016 à 15:55

    Nos trop-pleins se déversent seuls et s'écoulent en larmes ou en rires, pour alimenter la mer qui jamais ne sera pleine, qui jamais ne sera comblée.

      • Jeudi 22 Septembre 2016 à 16:06

        Jamais, Jama.... sarcastic

    7
    gazou
    Vendredi 23 Septembre 2016 à 18:39

    Bien sûr il y a des limites à franchir et des murs  à ouvrir...Mais la peur nous guide trop souvent

      • Vendredi 23 Septembre 2016 à 21:18

        Parfois la peur s'évanouit d'elle-même... et les limites disparaissent.

    8
    Lundi 5 Juin à 13:31

       Pour avoir vécu l'état de mort imminente en 2014,je dirai que l'infini n'est pas vide,il est peuplé de gens qui ont quitté leur corps!

      • Lundi 5 Juin à 21:50

        Je connais aussi cet état, qui est situé dans la conscience ; et étant contenu dans la conscience, il reflète donc la pluralité des existences... Cependant ce que nous prenons pour des individus n'est que des modulations d'une conscience unique, modulations de passage que les bodhisattva ont reconnues comme étant éphémères, et donc vides de nature réelle.



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