• Fin de la Quête


        Il me vient à l'esprit un article publié sur le blog que j'ai supprimé. Comme je l'avais conservé dans mes archives ce m'est l'occasion de le republier ici, en référence à ce que je vais ajouter aujourd'hui sur le sujet.

          Ce m'est l'occasion de créer une rubrique dans laquelle ces anciens articles pourront  réapparaître.

     

         J'y évoquais en effet une lame de l'ancien tarot de Rajneesh, aujourd'hui difficilement trouvable car évincé par son tarot ZEN, plus élaboré certes mais moins orienté vers la réflexion sur les textes des Maîtres.

     

    Tarot de Rajneesh- La Quête

     

          Elle s'intitule La Quête, et comme toutes les autres cartes de ce tarot, illustre un texte d'un maître de sagesse, ici de Tagore (voir le détail sur mon article précédent).

          Le récit de Tagore, qui évoque comme vous le voyez sur l'image une personne en fuite devant la porte d'or où il est écrit "Dieu", est destiné à faire réagir le lecteur. Quelque chose ne va pas ! Pourquoi celui-ci (le personnage représenté dans l'histoire, mais aussi le quêteur qui a tiré cette lame du tarot) a-t-il toujours cherché si ardemment, et au moment où il trouve, repart-il en courant ?  Est-ce vraiment parce qu'il ne veut pas cesser de faire des pèlerinages, de chanter des chants religieux, de pleurer et de méditer ?

         Bien sûr, on peut le penser... La nostalgie des années d'étude... 

        Mais alors pourquoi cette quête ? Qui nous y a poussé ? Que cherchions-nous ? Étions-nous aveugles, fous, au point de désirer la quête pour la quête ?

         Non, forcément il y a autre chose. Et les rêves que j'évoquais dans le même article et qui sont relatés dans mon récit "Béatrice ou l'art du chant" (en effet un travail sur le souffle à l'occasion de cours de chant avait déclenché en moi de grands rêves très impressionnants) indiquent bien une peur terrible, viscérale, de ce que l'on appelle Dieu et qui est la Transcendance.

        En fait, ce récit est une révélation ; l'aveu de celui qui a compris...

    " Cela fait des milliers d'années que je fuis. "

         Voici ce qu'il constate avec terreur.

        Un abîme s'ouvre soudain, celui de mon néant. Quelle est donc cette misérable petite chose rampante qui ne cesse de se "carapater" , de détaler comme un lapin ?

        Celle qui "cherche", pardi. Celle qui réfléchit. Celle qui est sérieuse, et qui fait bien son travail, comme le "gros monsieur rouge" du Petit Prince qui fait sans cesse des additions.

        

         Mais Tagore évoque aussi l'idée que l'adresse lui est connue.

    " La maison de Dieu m'obsède, elle est gravée dans ma mémoire. "

       Ainsi en vérité il n'y aurait pas de quête : le lieu recherché est déjà connu !!  Le seul problème viendrait du colmatage effectué par la conscience sur ce souvenir terrorisant !

          " Je sais mais ne veux pas savoir": voici donc le discours de l'ego conscient, du je qui affirme cependant chercher... et qui tourne dans l'illusion comme un rat dans une cage, ajoutant des mots aux mots, des péripéties aux péripéties, des images aux images, des allégories aux allégories, et des voyages, et des souffrances, et des maladies, et des morts, et des naissances, et des guerres, et des attentats, et des miracles, et des guérisons, et des saluts imaginaires, et  des mondes, et des découvertes, et..., et... à l'infini.  

         En fait, il n'y a pas de porte ; elle n'est pas en or ; et il n'y a rien d'écrit dessus.

          C'est juste l'ego du chercheur, qui l'a mise entre lui-même et sa propre Réalité transcendante pour ne plus La voir et pouvoir courir partout, partout, partout où Elle n'est pas... c'est-à-dire nulle part puisque seule existe la Réalité et qu'il la refuse.

         Il s'est donc condamné lui-même à ne pas exister ; et il est donc naturel qu'il en souffre. Cela peut donc durer infiniment longtemps... mais dans un "temps" irréel ! Car seul existe l’Éternel.

         Pour rentrer chez soi, c'est à dire EN SOI, il faut abandonner le chercheur.

         L'abandonner à sa triste quête qui n'existe pas et n'a jamais existé.

          Même s'il croit mourir. Même s'il dit qu'il meurt. Même s'il proteste véhémentement ! Même s'il oppose de beaux et clairs arguments, très très convaincants ! Il ne sait faire que des additions ! Il ne sait que comparer, mesurer, chercher ! Il ne sait qu'affirmer, conclure ! Mais qu'est-ce donc que cela ?? Qu'est-ce donc que cela ??

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 13 Janvier 2015 à 22:51

    passionnant le langage des cartes. 

    bonne soirée

    clem

    2
    Mercredi 14 Janvier 2015 à 08:06

    Des cartes ? Vraiment ? 

    3
    Jeudi 15 Janvier 2015 à 16:30

    la quête se comprend mais est illusoire, il faut y aller mais tout est déjà là pourtant, l'ego sent sa fin approcher ? il a peur, il pense mourir..

    4
    Jeudi 15 Janvier 2015 à 16:40

    Tout à fait...



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