• Désespoir


           Parfois, l'espoir nous abandonne et, comme Élie persécuté par la reine Jézabel, nous pensons que nous sommes la chose la plus indigne et la plus éloignée possible de l'amour de Dieu. 

    «  Il marcha dans le désert un jour de chemin et il alla s'asseoir sous un genêt. Il souhaita mourir et dit :

         - C'en est assez maintenant, Yahvé ! Prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères. »

    I Rois, 19, 4

     

    Genêt de l'Etna 

     

            Et pourtant, que dit le starets Silouane à Jean-Yves Leloup alors qu'il se trouvait au Mont  Athos ? 

    « Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi orgueilleux que toi ! Demande à Dieu l'humilité, sinon tu es perdu. L'orgueil est à la racine de tous les maux, il est surtout à la racine du désespoir. Tant que tu te prends pour quelque chose, tu es dans l'attente ; "on te doit" de la reconnaissance, tu n'es jamais en paix, jamais heureux. Si tu es humble, tu sais que tu n'es rien, il n'y a plus de place pour l'inquiétude, tu es heureux. »

      Plus loin  Silouane prête ces paroles à Jésus :

          « Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas. »

        Paroles que Leloup explique ainsi :

        «  S'il y a désespoir, il y a encore un "moi" qui désespère, qui se savoure dans la douleur et qui se prend trop au sérieux. Si je renonce à moi, je renonce du même coup au désespoir. »

    Jean-Yves Leloup, L'Absurde et la Grâce p.109-111 


        Ce même désespoir semble-t-il, qui mena Judas tout d'abord à livrer Jésus, puis à se suicider.


           Dans le Tarot de Rajneesh (réédité sous le titre de Tarot de la Transformation) nous pouvons lire cette belle histoire accompagnant la lame intitulée l'Acceptation de soi :

     
    Tarot de Rajneesh-28-L'Acceptation de soi

         « Un jour, un roi constata que la désolation régnait dans ses jardins. Les arbres, les buissons et les fleurs, tout dépérissait...

         Il interrogea les végétaux, et apprit que le chêne languissait de ne pas ressembler au pin, que le pin se tourmentait de ne pouvoir porter des grappes comme la vigne, et que la vigne avait perdu le sourire parce qu'elle ne parvenait pas à fleurir comme le rosier !

         Dans un coin, le roi découvrit enfin une humble primevère fraîche et satisfaite comme d'habitude... Interrogée elle aussi, elle répondit :

       -  Lorsque tu m'as fait semer, je me suis dit que tu souhaitais voir une primevère dans ton jardin. Si tu avais préféré un chêne, un pin ou une vigne, c'est ce que tu aurais planté ici. Mais c'est moi que tu as voulue, alors je me suis dit que la meilleure chose à faire était d'être moi-même.

        Vous ne pouvez être que ce que vous êtes. Détendez-vous ! L'existence a besoin de vous tel que vous êtes. »

    Osho Rajneesh, Tarot de Rajneesh, le Voyage Intérieur, 1991

     

         Les échecs, les erreurs, l'incapacité à tenir une route souhaitée peuvent conduire à se comparer et à se dénigrer face à d'autres que l'on imagine mieux armés que soi ; mais qui nous a fait tels que nous sommes, et n'est-ce pas dans un but défini ? Si les autres nous semblent pourvus de qualités auxquels nous aspirons, ne seront-ils pas en revanche dépourvus de celles qui sont les nôtres... ?

         Pour terminer, Élie, par lequel j'ai commencé ce billet, reçoit en rêve la visite d'un ange qui lui offre à manger et lui ordonne de se lever pour aller trouver son Dieu.

         C'est en cherchant les références de ce texte et en m'arrêtant sur la magnifique illustration ci-dessous que j'ai été conduite au blog de l'Ordre Franciscain Séculier de Sherbrooke et au texte d'Élisabeth (lisez-le entièrement en suivant ce lien si vous le pouvez)...

    Elie au Mont Horeb

     

         En voici un extrait :

       «  J’entends le son ténu et silencieux de mon Bien-Aimé, douce brise qu’Élie entendit au Mont Horeb, voix d’un fin silence,  qui chasse tous mes bruits.

         Attentif, Il guette l'instant fugitif où par mes blessures ouvertes,  à travers le treillis de mon être meurtri, Sa lumière s’infiltrera tout doucement jusqu’à m’éclairer tout entière. S’Il vient me rejoindre au cœur de ma fragilité, dans le creux de mes failles c’est parce que c’est la seule place que je Lui donne... Je ne peux L’entendre hélas que lorsque les épreuves ont pulvérisé  la cuirasse de mes certitudes, le bouclier de mon orgueil, l'acier de ma volonté ; c'est alors seulement que je me laisse toucher et pénétrer par Son aimante présence. Combien j’aimerais qu’il en soit autrement, qu’Il me trouve à tout moment disponible, réceptive et accueillante ! Mais je ne sais pas... Il m’enseigne la voie qui me conduira à Lui,  me dit : " lève-toi, va pour toi, va vers toi !"

          Les mêmes paroles que Dieu avait dites à Abraham : Lève-toi,  mets-toi debout, en route pour aller vers toi-même, te connecter à ce que J’ai mis d’unique et de singulier en toi. Ce voyage est  le chemin  qui conduit à la Terre Promise et où Je demeure dans  ton corps devenu Temple.  »

     
        N'est-ce pas merveille ?... 

         « Il regarda et voici qu'il y avait à son chevet une galette cuite sur les pierres chauffées et une gourde d'eau.

          Il mangea et but, puis se recoucha. Mais l'ange de Yahvé vint une seconde fois, le toucha et dit : "Lève-toi et mange, autrement le chemin sera trop long pour toi."

         Il se leva, mangea et but puis, soutenu par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, l'Horeb. »

    I Rois, 19, 6-8

     


    Gratitude, improvisation au piano - Martine Maillard

           

      


  • Commentaires

    1
    Lundi 7 Mars 2016 à 16:49

    Bonjour Aloysia,

    Un très bel article. Le résultat de tout cela c'est qu'il faut s'accepter tel que l'on est, rester humble c'est-à-dire ne pas se croire supérieur ni inférieur aux autres, et surtout ne pas envier les autres. Gardons notre juste place dans le monde. Le désespoir ne mène à rien qu'à nous affaiblir car le moral est très important sur la santé du corps.

    Bises Aloysia

      • Lundi 7 Mars 2016 à 17:26

        C'est une force d'âme qui est peut-être innée chez certains, mais s'acquiert avec le temps pour les autres...

    2
    Lundi 7 Mars 2016 à 17:15
    Daniel

    Ne rien attendre, ne pas se comparer aux autres, s'accepter tel que l'on est....Vivre tout simplement....C'est ça le bonheur !  Je m'y emploie tous les jours avec plus ou moins de succès !!

      • Lundi 7 Mars 2016 à 17:28

        As-tu la sagesse parfaite héritée de Saturne ? Oui, je sais que tu t'y emploies bien sûr.
        Mais sans une faille, par où Dieu peut-Il entrer ?

    3
    Lundi 7 Mars 2016 à 19:19

    un pot fêlé, et voilà que la fêlure laisse entrer la lumière mais laisse sortir l'eau  smile

    et voilà pourquoi je dis: heureux les fêlés (fêlés=simples d'esprit, ceux qui sentent leur pauvreté spirituelle, ceux qui sont humbles) oui, heureux les fêlés car le royaume des cieux où brille la lumière et où tombe la pluie (les deux sources de vie) est à eux.  wink2

      • Lundi 7 Mars 2016 à 22:24

        money   Oui oui oui. glasses  Bisous bisous.

    4
    Lundi 7 Mars 2016 à 19:59

    J'admirais déjà les primevères car je les ai vu fleurir au milieu de fougères et d'herbes hautes. Leur jaune pure attirait mon regard. je les trouvais courageuses de croitre ainsi  et d'embaumer au milieu de plantes étrangères. C'est vrai 

    qu'elles poussaient ainsi cachées , mais moi je savais où les trouver. Alors peu importe où je suis, et où je me cache , celui qui veut me trouver , saura le chemin. Et me voilà en train de philosopher , alors que je suis ignorante de tellement de choses !!  

      • Lundi 7 Mars 2016 à 22:28

        Blandine, si tu sais où trouver les primevères, tu n'es pas ignorante !! cool

    5
    Lundi 7 Mars 2016 à 21:00

    juste pour le plaisir de te faire un petit coucou, je reviendrai demain pour lire avec attention et intérêt ton article. Bises - de la neige et un petit coup de fatigue. Bises 

      • Lundi 7 Mars 2016 à 22:30

        Oui, nous avons vu les flocons mais il semble qu'ils aient été beaucoup plus virulents chez toi! Repose-toi bien Durgalola-Andrée. smile

    6
    Mardi 8 Mars 2016 à 08:46

    Tel que je suis, je viens à Toi....
    belle journée Aloysia !

      • Mardi 8 Mars 2016 à 09:23

        Merci Fontaine pour cette formule si juste. Belle journée à toi !

    7
    Mercredi 9 Mars 2016 à 00:40

    S'accepter soi-même, cela semble si simple - et pourtant c'est souvent l'effort d'une vie entière. L'ultime sagesse.

      • Mercredi 9 Mars 2016 à 10:27

        Oui, une vie peut même ne pas y suffire. Mais tout dépend du but que l'on s'est fixé... sarcastic Bises, Carole.

    8
    Mercredi 9 Mars 2016 à 14:34

    le désespoir de Judas ; il rendit l'argent et se pendit. Nous pouvons être déçus par nos gestes, nos attitudes profondément. Nous pouvons être dégoutés par nos actes. Pourtant ce sont des leçons qui nous apprennent beaucoup. Soyons humbles .merci pour ton morceau de musique. 

    oui, il a neigé (c'est fondu maintenant) oui il fait froid (vent froid) plus qu'en janvier. 

    bises 

      • Mercredi 9 Mars 2016 à 15:59

        Tu es sage Durgalola ; oui, si nous comprenons que nous sommes ici pour apprendre, il nous suffit de considérer nos échecs comme autant de leçons. Merci d'avoir aimé ma musique. Bisous.

    9
    Vendredi 11 Mars 2016 à 05:48

    Justement, hier, j'ai vu de jolies primevères, toutes simples. Et tout près d'elles, des pâquerettes, encore plus petites et plus simples. Elles m'ont réchauffé le coeur.

    Bonne journée.

      • Vendredi 11 Mars 2016 à 10:35

        Moi aussi ! Bises, Bonheur du Jour. glasses



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