• Coeur de cité

     

     Bourges la nuit
    Photo Jean-Pierre Gilbert (gilblog)  


         Étroite rue montante
         En pavés inégaux
         Vers une cathédrale
         Et je bascule hors temps
     

        Je l'emprunte et voici
        La maison du luthier
        Des odeurs de vernis
        Emplissent mes narines
     

        Le tablier jauni
        Les cheveux en bataille
        L'artisan me sourit
        Dans l'atelier obscur éclairé d'une lampe
       Au chaud miroitement
     

        Des crins d'archets y pendent
        Et des formes galbées attendant l'assemblage
        Reposent dans les coins
        De hautes contrebasses
        Un violoncelle ambré dépouillé de ses cordes
     

        Et l'odeur de la colle ou de la colophane
        Et celle des vernis qui imprègnent le bois
        Pénétrantes et douceâtres
        M'enveloppent et me grisent
        Les larges établis couverts de vieux outils
        Et les petits violons
        Qui pendent au plafond
        Tout me fait chavirer
     

        Une antique fenêtre ouvre sur une cour

        Pavée de pierres grises
        Entre des murs austères
        Et soudain retentit le son grave et pensif
        D'une cloche tout près
        La cathédrale est là puissante et protectrice
     

        Je suis au moyen âge
        Dans un cocon de rêve
        Très loin avant les temps
        Que l'on prétend « modernes » et qui ne sont qu'éteints
        Au tréfonds d'un passé où dans le cœur des villes
        Lorsqu'on gravit les rues

        Juste en dessous de Dieu qui règne dans la pierre
        Il y a l'Instrument qui vibre dans le bois
        Afin de Le chanter.

     

          Nota : ce poème s'inspire de la boutique de Jacky Gonthier située rue Bourbonnoux à Bourges, mais aussi de deux autres boutiques de luthiers que j'ai visitées, l'une à Orléans juste en montant vers la cathédrale, et l'autre à Tours, non loin de celle-ci.  

          Ce qui rend les instruments à cordes si attachants, c'est qu'il y a un contact charnel et sensible avec l'instrument dans son dépouillement et sa fabrication. On les fabrique comme des poupées, on les habille, on les pare... Et cet art qui tient de la magie se plaît en compagnie des vieilles pierres et de la spiritualité.

     

  • Commentaires

    1
    MP
    Jeudi 29 Janvier 2009 à 12:00
    De la magie, du rêve, des mots ...Poétobisous


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