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        Cet été en Bretagne, nous avons eu la surprise de découvrir cette magnifique locomotive en gare de Paimpol :  la SCNF ne desservant plus le trajet Saint-Brieuc-Paimpol que par autocar, il s'agit maintenant d'une ligne touristique empruntée par de vieilles motrices à vapeur, et dont la course, plus à l'intérieur des terres, suit l'embouchure du Trieux (voir ici le site qui leur est consacré).

        Or quelle ne fut pas notre surprise de déceler en cette motrice une Pacific 231, celle même qui inspira à Arthur Honegger son fameux mouvement symphonique ! (voir ici).


    (Photo Cécile Maillard)

     
            Mais comment avons-nous su qu'elle portait ce nom ?

        Alors voilà, je vous livre un petit truc de cheminot.
        "Pacific" désigne évidemment le type de machine, mais
    le chiffre est un code destiné à nous indiquer le nombre de roues motrices :
        - deux pour la partie articulée (de taille moyenne)
        - trois pour supporter le moteur (grandes)
        - et une pour porter la cabine de pilotage (petite).
    (Pour plus d'informations, voyez ici l'article de Wikipedia)
        Ce chiffre est par ailleurs noté à l'avant de la machine, sous le phare droit.

        Voici donc un extrait du
    mouvement symphonique d'Arthur Honegger (composé en 1923), qui s'inspire de la course de la locomotive - ici son lent et puissant démarrage - par l'orchestre National de l'ORTF sous la baguette de Jean Martinon (enregistrement de 1971).

     

     

     

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    Vous vous souvenez de Sainte-Eugénie ?

     

    Ste Eugénie-Plouha

     

        ...Cette petite chapelle restaurée au XIXe siècle l'impératrice Eugénie puis à la fin du XXe par un collectif de donateurs tombés amoureux de son charme accueillant (voir ici et  en ce qui concerne mes propres articles, pour des informations plus officielles).

     

    Sainte-Eugénie vue de Bréhec

    La voici vue depuis la côte (au matin),

    Chapelles bretonnes

    ... et voici la côte vue depuis son pré (au couchant).

        Bien sûr, j'ai aussi des photos d'intérieur ; mais je ne les publie pas car on y a déjà volé plusieurs statues de style paysan SUR DES AUTELS et c'est une honte, une véritable honte ! Vous imaginez les autels de côté avec des piédestaux vides...
        Ne rentreront que les initiés, voilà !!


    Lanloup (Plouha)


        Voici maintenant l'église de Lanloup, avec son enclos paroissial et son cimetière. J'y ai suivi la messe durant des années, chantant à la fin des offices le cantique à Sainte Anne en breton... Hélas aujourd'hui il n'y a plus de curé à Lanloup, donc plus de messes.


        Devant la voiture et devant le personnage debout, vous apercevez une pierre levée facile à enjamber : c'était autrefois (avec d'autres identiques) un des seuls moyens d'accès à cet "enclos paroissial", le porche étant un ajout relativement récent. Les bretons croyaient qu'il fallait barrer par ces pierres la route aux âmes du cimetière qui erraient en rasant le sol.

    Lanloup (Plouha)


        C'est là, juste au creux du porche, que repose le compositeur Guy Ropartz (voir ici), avec son épouse et sa fille aînée qui l'a soigné toute sa vieillesse (Gaud, le nom doré du bas).
        Écoutons au passage un peu de la musique qu'il écrivit spécialement pour la jouer le dimanche sur l'harmonium de l'église de Lanloup... Un "Prélude Funèbre" interprété ici par le talentueux organiste Eric Lebrun sur l'orgue Cavaillé-Coll de Saint-Antoine des Quinze-Vingts à Paris (Guy Ropartz n'était-il pas avant tout un élève admiratif de César Franck ?)*



    Sainte Colombe à Lanloup (Plouha)  
     

        Voici enfin Sainte Colombe, petite chapelle sans prétention qui il y a dix ans encore disparaissait sous la végétation luxuriante d'un champ complètement en friches, prête à s'effondrer. C'est encore un collectif de passionnés qui a réussi à la faire préserver puis restaurer, pour le plus grand bonheur des visiteurs.

    Tombe de saint Méloir 

        Derrière la chapelle, étonnamment, ce n'est pas une fontaine que l'on découvre dans cet antre de verdure, mais une tombe ancienne, celle d'un saint méconnu : Saint Méloir.

    NB : - visitez sans faute ce très beau site, bien documenté, avec ses diapositives et sa carte interactive.
               - Toutes mes photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.


    *  Disque JAV 155 ©2005.
     

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    L'Anse Cochat (Plouha)

    L'Anse Cochat à marée haute (Plouha, Côtes d'Armor)
    Vous pouvez cliquer pour agrandir l'image.
      
         Chers amis,

        Si j'intitule cet article "enfin de retour", ce n'est pas évidemment pour me plaindre de la Bretagne, dont j'associe quelques photos à ce propos.
        C'est simplement pour vous annoncer qu'après mille problèmes associés à mon déménagement et à la conjoncture "vacances" j'ai subi une coupure de ligne téléphonique (et donc aussi d'internet) d'un mois et demi !!... Et que je récupère l'usage de mon ordinateur aujourd'hui seulement.... !

        Entre temps, j'ai essayé de me connecter de cyber-espaces, pour un résultat plutôt moyen (voyez les deux articles ci-dessous, que je viens cependant de corriger).

    Gwin Segal (Plouha)

    Vue de la presqu'île de Gwin-Segal au soleil couchant (Plouha, Côtes d'Armor)
    Au fond, la Pointe de Minard au Nord-Ouest, vers Paimpol.
    (Vous pouvez cliquer pour agrandir)

     

        J'ai trouvé la Bretagne toujours aussi belle et vous en redonnerai quelques vues dès que possible. En attendant, c'est à moi de vous rendre visite...

     
     

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        Tandis que la totalité de la Gaule rôtit sous l'ardeur impériale du soleil vainqueur, un petit coin de Bretagne résiste encore à l'envahisseur et offre à ses habitants la délicieuse fraîcheur d'une oasis...

    Irréductible Armor



        C'est à Saint-Quay-Portrieux, près de Saint-Brieuc, sur la grève d'Isnain où les toutous sont acceptés (faveur exceptionnelle !) 
        Là-bas les Côtes rocheuses sont dignes de la Sicile et l'on croit y rencontrer Ulysse ou Calypso...
     

    Irréductible Armor

        Vue vers la presqu'île de Gwin-Segal et la pointe de Begastel, depuis la stèle élevée à la mémoire des résistants au-dessus de l'anse Cochat (Plouha, Côtes d'Armor).
     
         Bien sûr, on préfèrerait que ce site sublime ne soit point entaché par les cinq ou six campings-car d'une inélégance totale qui y stationnent... À quand le camping-car en treillis ?)
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          Si vous voulez vous rafraîchir, consultez la vidéo ci-dessous :

    (Il s'agit toujours de la grève d'Isnain à Saint-Quay-Portrieux, par marée haute)

     
     

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    Un matin d'été, en Bretagne, la nature m'offrit un baptême à sa façon.

          Je marchais seule sur un sentier en surplomb de falaises au bord de la mer, dans un endroit peu fréquenté rendu plus magnifique encore par le temps resplendissant. Le bronze des ajoncs et des bruyères se drapait du vert tendre des prairies parsemées sur la colline. La pointe rocheuse qui s’avançait vers la mer m’évoquait étrangement un dragon assoupi dont j’aurais gravi lentement l'échine. Dans la chaleur naissante, je frissonnais de penser qu’il viendrait à s’éveiller et que, se hérissant de toute ses crêtes pointues, dans un grand rugissement, il pourrait d’un moment à l’autre m’éjecter de son dos rugueux.

          La mer d'un bleu profond et transparent laissa soudain paraître une petite anse cachée, en contrebas, dont elle venait lécher les récifs. J'y descendis précautionneusement, attirée par la fraîcheur et la solitude du lieu. La lumière d'août étincelait sur les houles paisibles. Je m'assis sur un petit fauteuil naturel, au creux des roches, et découvris avec ravissement que déjà mes jambes se posaient dans l'eau claire : la température agréable du flot me séduisit. Je n'avais cependant ni maillot de bain, ni serviette… Mais qui passerait dans cet endroit caché à dix heures du matin ?

          Le soleil rayonnant m’adressa un sourire complice, et la petite crique isolée, parfaitement invisible à marée haute, me parut offerte de façon si impérieuse que je n’hésitai plus. Laissant mes quelques vêtements sur la dalle nichée au pied du talus, je me glissai au creux des ondes accueillantes, nue pour la première fois dans un bain de jouvence, émerveillée par sa fraîcheur, par sa douceur, par l’atmosphère troublante de piscine naturelle en même temps que de décor d’opéra romantique.





          Circulaire et creuse comme un bénitier entre ses piliers de roches brunes, cette petite crique me rappelait le prélude de l’Or du Rhin de Richard Wagner, où les sirènes cachées sous les eaux primitives surveillent jalousement les trésors du monde enfoui dans les profondeurs.

          Nageant doucement vers les extrémités du bassin, je réalisai avec effroi qu’à distance du rivage j’étais visible de la corniche, et que dans la transparence des eaux ma nudité ne serait que trop perceptible ! Cependant personne ne paraissait, grâce au ciel, et je repris ma route flânante vers l’autre bord. 

         L’onde tranquille me porta comme un fétu jusqu'au pied de la paroi rocheuse où l'ombre se projetait et, impressionnée par la profondeur du gouffre noir qui m’environnait, je me sentis soudain plus vierge que jamais, plus femme aussi, vulnérable à la vie et blessée par les éléments qui me caressaient et me régénéraient... C'était comme une consécration de mon corps, de ma chair, comme une merveilleuse harmonie retrouvée avec la Nature.

        Lorsqu’enfin je retournai m'asseoir sur le rocher, lavée jusqu'au plus profond de mon être, je n’eus qu’à me sécher au soleil... Sans maillot, cela ne me prit guère plus de cinq minutes ! Au ciel d'azur inaltérable l'astre flamboyait toujours de son rire bienveillant.



        

           Enfin je repassai mes vêtements et repris ma route sur le chemin rocheux qui remontait très raide, sur le flanc du dragon. Peinant comme si j'empruntais le chemin du Paradis, je levai la tête et aperçus alors un signe extraordinaire : juste au-dessus de moi, comme le but de mon voyage, se trouvait le soleil ; et autour de lui un petit nuage blanc s’était amassé, formant une boule cotonneuse où pénétrait peu à peu un oiseau en plein vol, se perdant dans ce nid de splendeur lumineuse…

           C'était l'image même de l’âme retournant à sa Source.
     

     
     

    Oiseau tranquille au vol inverse, oiseau

    Qui nidifies en l'air ...

    Apollinaire, Cortège (Alcools)
     
     
     

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