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    Seigneur, où que j'aille, c'est Toi que je vois.

    Où que je sois, Tu es.

     

    La beauté de ta maison

     

    Domine, dilexi decorem domus tuae
    Et locum habitationis gloriae tuae.

    Seigneur, j'aime la beauté de ta maison
    Et le lieu où habite ta gloire.

    Psaume 26, 8

     

        Ce verset de psaume est merveilleusement mis en musique par Olivier Messiaen à la fin de son œuvre "La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ", dans la section qu'il intitule : "Choral de la Lumière de Gloire".

         Malheureusement l'enregistrement ci-dessous, qui est excellent, est accompagné d'une image bien sombre ... Cependant il n'est pas interdit de s'interroger sur l'idée que, si tout est Sa Lumière, on trouve celle-ci même dans la douleur et l'obscurité.

     

     


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  •         Voici deux lectures qui se sont offertes à moi quasi simultanément et qui présentent un point commun : rien ne peut être changé à Ce qui est.

            Cependant, tandis que la première se positionne dans l'immuable, appelé Soi face au monde changeant et périssable, la seconde se positionne dans le manifesté, qui retourne à la poussière face à ce qu'elle appelle Dieu ou Élohim ("Celui qui fait être ce qui est") - question de culture, le premier texte étant d'origine védantique et le second hébraïque. 
     

    Ascète hindou  

     

    Asthâvakra Gîtâ, chap. 6 traduit par Jacques Vigne
    (éd. de L'Originel).

    Janaka dit :

    « Dans cet océan infini que je suis, la nef du monde est ballottée de-ci, de-là par l'effet de sa propre nature. Cela n'induit pas en moi de rejet.

    Dans ce grand océan que je suis, la vague du monde s'élève et redescend par l'effet de sa propre nature. Cela n'induit pas en moi d'augmentation ni de diminution.

    En moi qui suis l'océan infini, le monde n'est qu'un nom, une forme mentale. Je suis parfaitement paisible, dépourvu de modification, c'est sur cela seulement que je prends appui.

    Le Soi n'est pas à l'intérieur des objets, et il n'y a pas d'objets dans ce Soi qui est infini et immaculé. Je suis sans attachements, sans contact aucun, paisible ; c'est sur cela seulement que je prends appui.

    Oh ! Je ne suis que Conscience et ce monde est pareil à un tour de passe-passe. Ainsi donc, comment pourrait-il être question pour moi de ce que je dois rejeter ou accepter ? »  
     

    L'endroit et l'envers des choses
     

     L'Ecclésiaste (Le Qohélet) chap. 3 traduit par Jean-Yves Leloup
    (Presses du Châtelet).

    « Je sais que tout ce que Dieu fait demeure pour toujours ; à "Ce qui est ainsi", il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher. Élohim permet à l'homme d'éprouver cela et d'en frémir.

    C'est ainsi ; ce qui était, ce qui est, ce qui vient. En Dieu rien ne se perd.

    Mais qu'est-ce que je vois sous le soleil ? Non la droiture, mais le crime ; non la justice, mais le meurtre.

    Je me dis en moi-même : « Le juste et le criminel »,  Élohim, l'Être qui fait être tout ce qui est, les jugera. Il y a un temps pour toutes choses et pour toutes actions.

    Je me dis en moi-même, à propos des enfants des hommes : Élohim, l'Être qui les fait être, les éprouve pour qu'ils sachent qu'ils sont des bêtes. 

    Le joie de l'homme et la fin de la bête sont identiques, comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre et c'est un même souffle qu'ils respirent tous les deux ; la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, tout est illusion.

    Tout s'en va vers un même lieu : tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière.

    Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte vers le ciel et le souffle des bêtes descend vers la terre ?

    Je vois qu'il n'y a de bonheur pour l'homme que de se réjouir de ce qu'il accomplit, c'est là sa part ; pourquoi se soucierait-il de ce qui vient après lui ? »

     Tarot Dakini-13-Mort-Tranfiguration

     

                À nous de comprendre alors, que si nous nous situons dans le manifesté comme c'est le cas dans le second texte nous sommes semblables aux bêtes en effet, animés d'émotions, sujets à la souffrance et destinés à la mort ; mais qu'en nous est le germe de la Vie Divine, qui nous permet de nous rallier au plan de l'Immuable où comme le constate Janaka, le disciple d'Asthâvakra, plus rien ne nous blesse, notre Nature véritable étant incorruptible.

      

    L'ascète Asthavâkra enseignant au roi Janaka

     

     


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  •         Le temps est beau et chaud.

            Week-end du 15 août : tout "dort"... 

             C'est comme un grand vide soudain.

           Et curieusement, en examinant l'horoscope du jour j'ai été attirée par un  élément particulièrement éloquent sur ce point.

     

    Astrothème-carte du ciel actuelle
    (Source : astrothème)

     

             Cette carte des données célestes actuelles - qui concerne donc tout le monde - montre le soleil conjoint au nœud lunaire nord de transit1 .

        Celui-ci est généralement associé au but de l'existence lorsque l'on observe un horoscope de naissance. Mais ici,  de passage et souligné par sa proximité avec le soleil il peut évoquer une tendance générale, un but momentané de tous. 

            Pour le décrypter, on peut évoquer bien sûr sa position en signe (Lion, exaltation du Moi) et en maison (actuellement : maison 9,  idéaux et voyages). Mais le degré (24°13) qu'il occupe sur le cercle zodiacal est beaucoup plus évocateur, surtout si on va en chercher le sens, comme j'ai coutume de le faire, chez un initié comme Dane Rudhyar - dans le livre profondément inspiré intitulé "Symboles Sabians".
            

            En effet, voici ce qu'on peut y lire (je reproduis ici la disposition et la typographie spécifiques de la page) :

    PHASE 145 (LION 25°)


    UN GRAND CHAMEAU TRAVERSE UN IMMENSE DÉSERT SAUVAGE

    Se suffire à soi-même face à une aventure longue et épuisante.


    Le chameau représente ici un organisme vivant à même de se sustenter indépendamment de son environnement au départ d'un voyage éprouvant (la formulation originale ne mentionnait pas « un homme à dos de chameau »). L'organisme porte en lui ce dont il a absolument besoin pour survivre. Au niveau plus profond de la conscience humaine, il est aisé de voir l'importance qu'il y a à se suffire à soi-même et à pouvoir compter sur ses propres forces, lorsqu'on entre sur le Chemin occulte conduisant à une sphère plus dynamique et plus globale de l'existence.

    Séquence 29/Grade 5 : Le chameau porte sa réserve d'eau dans son organisme et, dit-on, le dromadaire peut retirer de sa bosse la nourriture dont il a besoin. Il est suggéré ici que, pour se détacher du « vieux monde », on devrait être totalement autonome sur le plan moral ; ayant absorbé la manne intellectuelle que cette vieille culture nous a donnée, nous sommes prêts à affronter le « désert », le néant, Sunya 2... avant d'atteindre le « nouveau monde ». Nous avons besoin d'une TOTALE INDÉPENDANCE vis à vis de notre environnement et d'une parfaite AUTONOMIE.

     

    Tarot Zen - La Solitude

     

          Ces propos ne concernent évidemment pas tout le monde, et c'est pourquoi astrothème choisit une autre source pour commenter ce degré (les symboles de Janduz, l'astrologue Jeanne Duzéa), où il est question de calme et de patience pour atteindre un bonheur matériel.

             Cependant pour ceux à qui ce texte parle - comme à moi-même - , sachez que le nœud nord séjourne quelque temps sur ce degré, où il est entré le 14 juillet  et dont il ne ressortira qu'au 11 septembre (avec un retour en arrière rapide le 18).


      1 Il s'agit d'un point de l'espace où l'orbite lunaire croise l'écliptique et qui dans la tradition est aussi appelé "Tête du dragon" - la "Queue" étant le point opposé ou nœud lunaire sud ; on le voit ici en haut du dessin représenté par une sorte d'arche avec un point au centre, à côté du soleil représenté par un cercle jaune avec un point en son centre également.

    2 Sunya = Vide - Voir ici à la fin de l'article, l'extrait du Sutra du cœur.

     


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    La Parole et le Souffle

     


            Relire et remettre à jour les anciennes publications de ce blog me permettent une vision nouvelle d'anciens comportements.

          Depuis l'âge de douze ans je suis persuadée que ce monde n'est pas ma véritable patrie ; et à tout âge j'ai toujours cru avoir trouvé "la  Vérité" - la souffrance rencontrée étant alors le seul indicateur me permettant de comprendre que j'avais encore du chemin à parcourir.

             Après lectures, thérapies, stages, expériences, disciplines de tous ordres, j'ai vu que l'enseignement se faisait de plus en plus proche, de plus en plus présent, de plus en plus intime :

    - à l'origine j'appliquais des principes issus d'enseignements transmis depuis des millénaires (par exemple avec la religion chrétienne) ;

    - puis je rencontrai des enseignements publiés secrètement il y a quelques siècles (avec l'enseignement de la Rose-Croix entre autres) ;

    - ensuite des enseignements révélés quelques décades plus tôt (avec la  découverte de « Un cours en miracles » notamment) ;

    - et enfin je reçus un enseignement vivant, présent, immédiat (quand la demande est impérieuse et que le disciple est prêt, le « maître » apparaît)  !


              Il y a quelques années je discourais sur le monde, sur la vie, sur l'« unité », disant : "voilà ce que je crois !" (voir ici) ; mais croire n'est rien !! Croire ainsi, c'est ranger des pensées dans un tiroir de son mental avec une petite clé d'or en s'imaginant posséder un trésor, et s'en faire une fierté ! Qu'est-ce que ça change intérieurement ? Cette connaissance n'est qu'une possession parmi d'autres, qui comme les autres pourrira avec nous dans le cercueil. D'ailleurs la vidéo a été supprimée depuis, car elle est  déjà la possession de quelqu'un d'autre !! C'est dire, si en réalité il  n'y a là aucune "unité" réelle !

          Sur internet fleurissent en ce moment les vidéos de "satsangs" (un mot sacré usurpé...) donnés par de jeunes "maîtres" à penser qui, ayant vécu certaines expériences fortes, sont pressés par les médias d'apporter leur aide aux innombrables chercheurs de Vérité assoiffés de soulagement dans les difficultés de leur vie. Leur témoignage aide certes au départ et chacun applaudit, car l'encadrement médiatique et l'absence de doctrine, de règle, de coloration religieuse mais  plutôt la présentation sous forme de "stages de développement personnel",  rassure. 

            Eh oui, mais qui rassurer sinon l'ego ? Cela reste "personnel"... ! Et ces pauvres enseignants de s'arracher les cheveux (j'en ai vu une hier sur youtube crier de désespoir réellement je vous assure) parce qu'ils ne réussissent pas à "éveiller" leurs auditeurs - et surtout parce que bien sûr les auditeurs, qui paient, exigent d'obtenir un résultat ! 

          Mais cette dame dont je vous parle était en train de leur enseigner justement à "être soi dans l'ici et maintenant"... À quoi peut-on bien s'éveiller je vous le demande si l'on s'efforce d'être présent dans l'ici et maintenant ? On est né présent à ici et maintenant, il n'y a donc rien à apprendre à ce sujet ! Et pour "se trouver" une bonne thérapie suffit.

          Cela n'a rien à voir avec la Vérité de ce que nous Sommes depuis toujours et pour l'éternité.

         
            Ces mots de Simon-Pierre me reviennent en tête aujourd'hui :

    « Tu as les Paroles de la Vie éternelle »

         Et en cherchant le texte je vois que  je commence seulement à le comprendre vraiment... Le voici, copié d'internet (ici) :

        Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » (Jean, 6, 54)

         Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! »
        Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
        Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
        À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
         Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »   (Jean, 6, 60-69)


         Il ne s'agit là, ni de cannibalisme, ni d'Eucharistie, ni même d'hosties consacrées (même si le symbole peut être beau et m'a longtemps séduite).

           L'explication est notée dans l'Évangile de Philippe :

    « Qu'est-ce que sa chair ? Sa chair est la Parole (Logos, le Verbe).
     Son sang est le Souffle (Pneuma, l'Esprit).
    Celui qui accueille la Parole et le Souffle (le Verbe et l'Esprit),
    celui-là a vraiment reçu une nourriture, une boisson, un vêtement. »

    Et juste ensuite :  

    « Ce que tu dis, tu le dis dans  un corps (...) :
    Il faut t'éveiller dès ce corps,
    ressusciter dès cette vie. »

    (Page 59, Planche 105 - adaptation de Jean-Yves Leloup)

     

          La véritable Rencontre est celle que l'on fait avec le Christ - seul Maître ou Enseigneur - sous les traits d'une personne en qui l'on reconnaît la Réalisation parfaite, et donc à qui nous sommes adressés par "le Père" - notre Source Intérieure.


          Aucun   éveil n'est possible tant que ne s'est pas réalisée cette Rencontre avec la Parole Vivante. 


            La "Vie éternelle" n'est pas une Vie imaginée pour le futur dans un super Paradis ! C'est celle qui nous anime depuis toujours, avant même que nous soyons nés, mais que nous avons oubliée...


           La Parole de l'Être Réalisé que nous avons rencontré (= Christ) est nourriture pour notre Être profond ; ce Souffle émanant du Maître Vivant est absorbé en nous comme un Sang vigoureux qui mène à une totale Résurrection - et ce, dès cette existence.


           Ceci est indépendant de toute doctrine, règle, discipline. La Vie éternelle est transmise depuis toujours, de même que la vie charnelle se transmet de mère à enfant.

     
        On ne la trouve pas dans les livres ni dans les églises.


           Elle s'absorbe comme le lait maternel...


           Dans la Béatitude absolue...
     comme l'enfant qui tète.

     
           E
    n oubliant totalement qui l'on est, qui l'on a cru être, où l'on est, tout ce que l'on a cru faire - et surtout cette fameuse "mission sur la terre", dernière tentative meurtrière de l'ego pour reprendre le pouvoir !


          Car alors on n'est plus Rien, on ne fait plus Rien ; la Vie se vit d'Elle-même, s'exprime par Elle-même en actes, en paroles et en ressentis. Mais nous n'y sommes pour rien... Nous ne faisons que La recevoir, participer d'Elle !

           

    N
    otre seule réponse, si nous pouvons en avoir une,
    c'est Gratitude, Adoration pour Ce Qui Est

    Et pour celui - ou celle
    qui nous a transmis la Vie...

     

     

     Note : lisez ici ("pranisme")... : parution fraîche du jour et qui étonnamment correspond exactement à la personne que j'évoquais sur youtube...


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    L'Ecclésiaste

     

     

    « Illusion, tout est illusion.

    À quoi bon toute la peine des humains sous le soleil ?

    Les générations se succèdent, la Terre est encore là.

    Le soleil se lève, le soleil se couche.

    Il va vers là d'où il vient, le vent tourne,  du midi au nord, il retourne au vent.

    Les fleuves coulent vers la mer et la mer n'est pas remplie, ils n'en finissent pas de couler.

    Toutes les paroles sont usées, incapables de dire, l’œil n'est jamais satisfait de ce qu'il voit, l'oreille n'est jamais remplie de ce qu'elle entend.

    Ce qui fut sera, rien de nouveau sous le soleil.

    Quelqu'un dit : « Voici du nouveau » ; cela était dans les siècles qui nous ont précédés.

    On ne se souvient pas de ce qui était, on ne se souviendra pas de ce que nous sommes.

    Moi, Qohélet, j'ai été roi d'Israël à Yeroushalaïm.

    De tout mon cœur j'ai cherché la Sagesse et observé tout ce qui se passe sous le ciel ; c'est un dur travail qu'Elohim, « l'Être qui fait être tout ce qui est », donne aux enfants des hommes pour qu'ils s'y exercent.

    J'ai observé tout ce qui se passe sous le soleil : tout est illusion et illusoire, poursuite du vent.

    Ce qui est tordu reste tordu, ce qui manque ne peut être mesuré.

    Je me suis dit à moi-même : voici que j'ai amassé et accumulé toutes sortes de savoirs plus que quiconque avant moi à Yeroushalaïm.

    J'ai acquis science et sagesse pour comprendre la bêtise et la folie : je sais maintenant que cela aussi est illusion, poursuite du vent. »


    L'Ecclésiaste (Le Qohélet)
    Adaptation de Jean-Yves Leloup
    (Presses du Châtelet, 2016)

     

     


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