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           Voici la merveilleuse prière de Mooji, enseignant spirituel particulièrement attachant né en Jamaïque en 1954 et disciple de H.W.L. Poonja, appelé couramment "Papaji" qui fut lui-même le disciple direct de Ramana Maharshi, grand maître reconnu de l'Advaïta vedanta.

     

            Mooji l'exprime en anglais mais les sous-titres sont en français, et elle présente ces deux qualités exceptionnelles :

    -  d'actualiser le "notre Père" chrétien en nous faisant comprendre que ce que nous demandons est déjà accompli, dans la mesure où Il est ce "Je Suis" qui Est, à jamais Présent.

    - d'y associer la figure féminine du divin, comme cela s'est toujours fait en Inde et comme nous aimons à le faire en priant Marie, avec un "notre Mère" qui montre que cet aspect féminin (le manifesté) nous imprègne constamment en tant que Nature, Vie, Liberté, Vérité, Paix, Amour...

     


     

           En première image de "la Mère" (et ci-dessus en filigrane sur l'écran de présentation) vous reconnaîtrez le visage de Mâ Ananda Moyî, qui sera suivi par celui de la Vierge de Lourdes. Puis en conclusion de la vidéo, après une représentation de Jésus vous verrez défiler les visages souriants de Papaji, Nisargadatta, d'un personnage que je n'identifie pas, puis d'Amma (= Mata Amritanandamayî), Râmakrishna, et enfin de Ramana Maharshi avant celui de Mooji lui-même suivi d'une vue de la colline d'Arunachâla, considérée comme sainte depuis que Ramana Maharshi y a établi son ermitage et l'a déclarée "demeure de Shiva".

     

     


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    À l’instant même où l’eau cesse de heurter la roche
    Et la folie de déverser ses rancunes,

     Le prisonnier s’échappe de sa prison souffrante
    Et le voyage vers l’inconnu commence…


    C’est le silence d’une étendue sans fin
    Où le soupir se pose sans un bruit.


    Je dors, ouverte à l’espace étoilé
    Qui libère sans fin ses flammes bienfaisantes.


    Et le Cœur souriant, aveuglé de promesses,
    Grandit à l’infini nourri de Sa lumière …

     

     

     

     Instant

     

     

     


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                "Ulysse aux mille ruses" représente le mental.

                Balloté de ci, de là, sur des flots incohérents à vivre mille expériences sans réussir jamais à retrouver le lieu d'où il vient, et entraîné dans des aventures que tout désigne comme hallucinatoires, puisqu'il y a le pays des mangeurs de lotus (où l'on consomme une drogue d'oubli), les sirènes (dont le chant diabolique engloutit), la magicienne Circé (qui vous fait oublier qui vous êtes et vous condamne à n'être que des animaux, c'est-à-dire des corps sans conscience de soi), la grotte du cyclope dont on ne peut sortir, ou enfin Calypso qui figure le désir de séjourner aux antipodes de sa véritable patrie, il est bien l'image de notre condition lorsque nous sommes esclaves du mental.

              Et sa magistrale idée pour échapper à ce "trou de la mort" que représente la caverne de Polyphème (dont le nom signifie "celui qui parle à tort et à travers", donc pour ne rien dire) est bien l'unique moyen que nous possédions pour échapper aux ruses de notre mental attaché  à l'identification de toutes choses au moyen de mots.

            N'être "personne" libère.  Plus rien ne peut vous atteindre.

            Écoutons Phène (dont le nom signifie "apparence").

     

    ________________

     

    - Qui meurt ?

    - Personne !

    - Comment ?

    - L'apparence est une pensée...

     

    *   *   *

     

    Le Poète

    parle

     

    personne                                      personne

     

    ne dit

    mot

     

    Phène
    Feuillets Apocryphes
    (éditions Caractères, 2012)

    ________________

     

     

    D'où vient la parole ?

    Où s'en va-t-elle ?

    D'où vient la pensée ?

    Où s'en va-t-elle ?

    D'où vient le corps ?

    Où s'en va-t-il ?

    D'où vient la flamme ?

    Où s'en va-t-elle ?

    D'où vient le souffle ?

    Où s'en va-t-il ?

    D'où vient l'action ?

    Où s'en va-t-elle ?...

     

     

    Bouddha au lotus par Altayr

     

     


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  •       Depuis que je me suis remise en quête de Vérité, il y a maintenant un peu plus de deux ans, je n'ai pas cessé de voir survenir autour de moi des décès.

          Jusque là cela avait été fortuit, exceptionnel. Mais depuis deux ans, c'est sans cesse, comme un martèlement perpétuel, tout d'abord dans ma famille ou dans celle de très proches, puis maintenant parmi mes voisins immédiats, des gens que je côtoyais sans cesse et dont je partageais presque l'existence.

     

    Rose


           Non seulement je m'y implique de plus en plus, mais à chaque fois la cérémonie d'obsèques relance le questionnement  et porte à réfléchir.

            Je ne fréquente plus beaucoup les offices catholiques et pourtant trouve qu'il est essentiel qu'au moment d'un décès il y ait cette ouverture vers l'affirmation d'une vie qui dépasse l'apparence, et que le départ du disparu soit accompagné d'un rituel apaisant. Cependant c'est bien plus que cela : la cérémonie réunit à l'église des quantités incroyables de gens, qui en l'espace d'une heure, autour d'un défunt, sont en parfaite communion. Communion par le cœur, car ce sont les sentiments d'amour qui les rapprochent, et communion par la destinée, car chacun est soudain renvoyé à sa condition mortelle, et obligé de méditer sur ce qu'il est, ce qu'il croit, ce qu'il sait de lui-même.

            Et alors, étrangement, c'est précisément celui dont le corps se trouve là-devant exposé, anéanti comme fumée, qui nous rappelle le bonheur d'être en vie, par le souvenir qu'il nous laisse de sa gaieté naturelle, de son goût pour la danse et l'accordéon musette, de son amour des fleurs ! Et chacun sourit en songeant que même pour ses obsèques il nous a convoqué le soleil.

           Des lectures sont apportées pour nous permettre de réfléchir, et l'une d'elles m'a interpellée si bien que j'aimerais vous en donner mon interprétation.

             C'est le discours prêté à Jésus sur le Jugement dernier dans l’Évangile selon Matthieu au chapitre 25, versets 31 à 46. Je ne recopie pas le texte qui est long, mais vous le trouverez en suivant le lien indiqué.


                En effet, c'est pour des affirmations de ce genre que l'on quitte la religion catholique. Il y a dans ce dogme des aberrations, une vision de "Dieu" et de son "comportement" qui prêtent à sourire voire incitent au rejet. Si Dieu il y a, ce n'est pas un père fouettard, ni davantage un individu quel qu'il soit !! Ce texte, qui avait été choisi parce que le défunt avait toujours mis au centre de sa vie le dévouement aux autres, méritait sans doute que l'on rappelât à chacun le second commandement : "tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Matthieu 22, 39), qui est central puisque nous sommes un seul Être dans l'Amour.

           Mais comment pouvez-vous imaginer une minute qu'à "la fin des temps" (quand ça ?), le "Fils de l'Homme" (c'est-à-dire Jésus ?) vienne "dans la gloire" (accompagné d'anges sonnant de la trompette dans le ciel ?) pour mettre les "moutons" à sa droite et les "boucs" à sa gauche, afin de féliciter les premiers et les faire rentrer dans son Paradis, et de condamner les seconds en les jetant dehors ? Mon père me dit-on, était farouchement contre l'incinération car il espérait "ressusciter au dernier jour" pour connaître ce "Jugement dernier". Quel mythe ridicule !

          Ce texte est à comprendre tout à fait différemment. Il est imagé, comme toutes les paraboles...

     

    Jugement dernier

     

            Ne croyez-vous pas qu'en réalité ce "Jugement" se déroule en nous-même, et qu'il n'est "dernier" que parce qu'il intervient au moment où enfin, nous nous dévoilons à nous-même et comprenons qui nous sommes ? Ce n'est pas de la fin des temps qu'il s'agit, mais de la fin du temps, c'est-à-dire de notre sortie de l'univers mental.

            Le Fils de l'Homme alors n'est pas Jésus, l'homme Jésus qui fut un instructeur mais a disparu depuis bien longtemps - emporté avec tout l'univers mental d'ailleurs - mais l'instance la plus élevée de nous même.

              Et à ce moment, à cet instant qui est hors temps et qui donc est maintenant - maintenant quand nos yeux s'ouvriront - , nous prenons conscience de tout ce qui doit être abandonné, de tout ce qui pèse inutilement en nous retenant dans l'inconscience ("les boucs" : nos attachements, nos pensées illusoires) et nous devenons capables de nous en détacher ; tandis que nous apparaissent clairement les qualités divines qui sont en nous, l'Amour qui nous permet de voir le Divin resplendir en toutes choses et de nous y consacrer, de nous y abandonner (comme des "moutons", remplis de douceur et d'innocence).

               Je dirai même qu'à chaque instant le "Fils de l'Homme" en nous voit cela et que notre identification négative (attachement au matériel, croyance à un soi séparé) fait de nous des malheureux coupés de la Source (des boucs dans la peine éternelle), tandis que la vision du Divin en tous et en toutes choses dans un joyeux don de soi nous apporte une félicité sans égale. En effet, les souffrances évoquées (avoir faim ou soif, être malade, étranger ou en prison) sont exactement celles dans lesquelles se maintiennent les premiers, qui n'ont pas su se nourrir de la Source, boire à la Source du Divin en eux, mais sont demeurés dans la prison de leurs croyances, étrangers à leur véritable nature, et malades de ne pas se connaître en tant que pure émanation du Divin.

     

    Bouddha

     

           Nous sommes tous les "bénis de notre Père", car comment pourrait-il en être autrement ? La Création est immaculée, les scories sont poussière et tomberont d'elles-mêmes...

             Que la Pure Lumière soit toujours avec vous.

     


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  •       Voici un film prétendu "documentaire", et qui pourtant s'inspire d'une histoire cent pour cent vraie : celle d'une toute jeune femme qui, après la naissance de son premier enfant, a vu celui-ci atteint d'une malade mystérieuse - et ce, de nos jours, malgré les prétendues connaissances de la médecine actuelle ! - et l'a vu peu à peu dépérir, malgré ses efforts et ses prières, et mourir à l'âge de douze mois. (Voir ici de qui c'est inspiré).

     

             Comment se remettre d'un tel traumatisme ? La chair de sa chair, tout l'amour de son être, soudain réduit à néant ! Toute sa propre capacité de don de soi, soudain anéantie et gommée comme fumée ! Toute sa foi, toute son espérance soudain niée et condamnée ! Son projet de vie, son aptitude à se renouveler soi-même... Enfin, je n'en finirais pas de tenter de détailler ce que représente un enfant pour une femme.

           Dans les siècles passés, les enfants mouraient souvent en bas âge il est vrai ; mais les femmes y étaient préparées, et comme la contraception n'existait pas, pouvaient y voir un effet bénéfique de l'équilibre naturel, se hâtant de les remplacer. Mais aujourd'hui, avoir un enfant s'apparente à une création à part entière, et la femme qui s'y adonne en toute conscience a en premier chef la sensation de se remettre au monde elle-même.

            Que se passe-t-il donc quand celui-ci s'éteint peu à peu sous ses yeux, sans que rien soit possible pour retenir le processus, même les prières les plus ferventes ? C'est un arrachement si puissant à soi-même que, si vous le surmontez, il peut vous ouvrir les yeux sur ce qu'est véritablement la Vie : un processus incontrôlable et sans cesse renaissant qui vous pousse en avant, toujours en avant, sans se préoccuper des chairs mortes et de tout ce qui tombe et rejoint la terre à chaque instant. Une Force insaisissable qui n'a que faire des formes et des apparences, et qui vous anime malgré vous, à votre insu - ou peut vous quitter à tout moment.

            Pourquoi donc ne pas la célébrer, cette Force si mystérieuse et si puissante ? Le film est sensé s'employer à vous guider en ce sens, vous tous qu'un deuil a éprouvé, ou plusieurs, ou des échecs répétés qui s'apparentent à autant de déchirures vives.

          Allez à cette page, lisez-en le contenu, et si le coeur vous en dit, aidez un peu les producteurs - 10€ suffisent.

    http://www.etjechoisisdevivre.com/

     

    Et je choisis de vivre

     

            Pour finir, j'ajoute que c'est aujourd'hui une fête de la Vierge Marie : on fête Notre Dame de Lourdes.

            Or la première chose que nous savons de Marie n'est-elle pas qu'elle a perdu son premier enfant dans des conditions atroces ? ... Et 33 ans pour un enfant, ce n'est pas vieux aux yeux d'une mère, qui elle-même n'avait que seize ans à sa naissance...

     

    Michel Ange-Pieta

     


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