•       Je vous propose aujourd'hui un petit texte de Siddharameshwar Maharaj et une très jolie musique.

     

    Cygne

     

     

    «  Dans le Hamsa guîta (chant du Seigneur Shiva), Sanaka demande au Seigneur Brahma de lui dévoiler le moyen d'atteindre le Soi. Ce dernier ne pouvant donner un tel enseignement, demanda conseil à Krishna  qui apparut à Sanaka sous la forme d'un cygne.

         Sanaka lui demanda de lui révéler sa véritable identité mais Krishna refusa, prétextant que celui qui faisait cette demande n'était pas prêt à recevoir cette révélation.

        Sanaka finit par admettre qu'il n'était pas libre des désirs qui limitent la conscience individuelle, et c'est alors seulement que le Seigneur Krishna lui enseigna que le seul moyen d'atteindre le Soi (= Krishna lui-même) était de vaincre tous les désirs qui entravent et limitent la conscience, et qu'ils ne peuvent être éradiqués que par la vénération au Soi

         Une dévotion indéfectible au Maître mène à l'accomplissement du Soi. Le Soi est si proche de vous qu'il peut être compris facilement ; mais un simple mortel qui brille de tous les feux de l'orgueil le trouve absolument incompréhensible, tant il est recouvert par l'ignorance. Aveuglé par l'ego, le mortel aspire pourtant à la conquête du monde, mais il ne pourra jamais, à cause de ce même ego, comprendre la nature unique du Soi. (...)

        La réalisation du Soi est le seul domaine dans ce monde où "qui perd gagne" ! Il est transfiguré dans le Tout-Puissant lui-même. Bien qu'il soit vivant, le vrai dévot est mort car son ego a été totalement détruit. Si le pot de terre comprend qu'il n'est rien d'autre que de l'argile, il cesse d'exister en tant que pot. »

    Embrasser l'immortalité, Ed. les Deux Océans.

     

    Lotus

     

     

          J'ai découvert récemment une merveilleuse musique composée par une jeune malaisienne du nom de Imee Ooi ; il s'agit d'un chant dévotionnel dédié au mantra :

    OM MANI PADME HUM 

    (qu'elle prononce à la tibétaine : "pémé" - vous en trouverez ici le sens).

        Elle vaut la peine d'être connue de tous ceux qui veulent exprimer cette dévotion pour le Parfait, l'Absolu, le Suprême.

     

     

    NB : cette vidéo contient une partie seulement du morceau (mais cependant l'essentiel car la suite reprend le début) ; si vous voulez l'entendre en entier, c'est ici ; et vous avez même une version où il est joué deux fois.

     

     


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  • La Charmeuse de serpents- Henri Rousseau
    La Charmeuse de Serpents - Henri Rousseau

     

        Ce tableau m'interpelle, car il me semble montrer l'illusion dont nous sommes victimes.

         Ce que nous voyons, percevons et ressentons n'existe pas, ce n'est que le reflet de la réalité.
          Mais la Réalité que nous sommes ne peut ni être vue, ni être perçue, ni être ressentie.
             De même nous ne voyons pas cette Charmeuse de Serpents, elle semble absente du tableau, elle ne se perçoit même pas elle-même.
             Et pourtant c'est elle qui anime le tout, et qui fait se mouvoir et les serpents (qui effraient) et les flamants roses (pacifiques) : autrement dit qui crée sa propre souffrance et sa propre joie, son monde duel.

     

           J'en profite pour vous proposer une autre interprétation du mantra de la Plénitude que j'ai mentionné dans l'article précédent, avec de nouvelles significations possibles. Ici il est complété par les trois invocations à la Paix qui normalement figurent en conclusion.




         Et en voici le commentaire possible :

      Ces versets développent la nature de "OM", l'Absolu, le Suprême au-delà de toute représentation. Comme c'est à partir de Lui qu'est apparu le monde, on peut dire :

    - Ceci est Plénitude (= Lui)
    - Cela est Plénitude (= Sa manifestation)
    - De la Plénitude (= Lui) se manifeste la Plénitude (= le monde) 
    - Et si le monde (le reflet) est ôté, alors seul demeure Lui (le Primordial).

         Pour terminer, les trois invocations à la Paix évoquent les trois corps de l'homme (microcosme) et de l'Univers (macrocosme) qu'il faut pacifier tour à tour pour atteindre à la Vérité suprême, à la Source (OM) : les corps grossier (physique ou matériel), subtil (émotionnel et mental, ou atmosphérique) et causal (la nuit de l'oubli pour l'homme et l'espace infini pour l'Univers).

      


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  •    Aujourd'hui, je vous offre quelques mots de Sri Ranjit Maharaj (Bombay 1913-2000), maître  de l'Advaïta Vedanta, et une musique qui je l'espère vous plaira.



    Sri Ranjit Maharaj

     

    «   Tout le monde veut être un Maître. Même entre deux garçons, il y en aura toujours un qui voudra être le Maître de l'autre. C'est la nature du pouvoir qui réside à l'intérieur de l'homme.

         Si vous vivez par vous-même ce que le Maître enseigne, et si vous pouvez y apposer votre propre empreinte, alors cet enseignement est authentique. Sinon, la séparation demeure entre le Maître et celui qui cherche. En vérité, il n'existe aucune dualité entre eux. La question de la peur ne se pose donc même pas. Quand on en est pleinement convaincu et que l'on sent qu'il y a plus rien à acquérir dans le monde, alors on éprouve une paix totale. Cette satisfaction vient à vous. 

      (...)

          Comprenez vous-même que la mort n'est rien. Reconnaissez que : "Je suis sans naissance, Je ne meurs pas. Je n'ai jamais pris naissance et Je ne mourrai jamais ". Retirez les crochets à venin au serpent et jouez avec lui. Vous savez alors qu'il ne peut vous faire aucun mal. Chaque fois que vous dormez, cela ressemble a une petite mort. Pourquoi avoir peur ? Il n'y a rien. Tout est illusion. Gardez juste votre esprit dans cet état dépourvu de peur.

     (...)

         Il faut être courageux pour vivre véritablement. Si vous êtes courageux, la peur ne demeure pas. Soyez courageux et ayez foi dans le Maître. Faites ce qu'il dit, car vous et Lui êtes un. Ôtez le voile.

         Il est facile de quitter ce qui n'est rien, mais il est difficile de voir ce qui est présent et que vous avez oublié. »

    Ranjit Maharaj, extraits de Satsangs
    (rencontres avec un Maître réalisé) cités à cette page.

     

         J'ajoute à ces belles phrases une interprétation très inspirante de ces versets qui débutent l'Ishavasya Upanishad (l'Upanishad du Seigneur qui enveloppe tout) :

     

    OM ...
    Cela est plénitude ; ceci est plénitude. 

    De la plénitude naît la plénitude.
    Si de la plénitude vient la plénitude,
    Alors seule demeure la plénitude.

     

     

     

    En sanskrit :
    Purnamadah ; purnamidam.
    Purnat purnamudachyate.
    Purnasya purnamadaya,
    Purnam iva vashishyate.

     

     


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  •    Pour rebondir sur le commentaire posté hier par Ariaga ("Les chemins vers le Soi sont multiples ..."), je voudrais aujourd'hui évoquer une personne que bien peu de gens connaissent, et qui pourtant est une grande mystique chrétienne du XVIIe siècle, identifiée sous le nom de "Madame Guyon" (1648-1717).

    Jeanne Guyon - 1648-1717


         Comme vous pourrez le voir en suivant le lien ci-dessus pointant l'article de Wikipedia, elle ne fut pas reconnue par l'église (et en subit même les persécutions !) parce qu'elle n'avait pas (à son corps défendant il me semble) suivi la voie "classique" du couvent et de l'obéissance aux supérieurs hiérarchiques... Malgré un mariage et des grossesses forcées dès seize ans, son attirance vers la vie spirituelle se fit jour dès l'âge de 18 ans, et elle trouvera sur sa route les guides appropriés (un franciscain, puis la supérieure du couvent de bénédictines de sa ville natale, Montargis qui la présentera à un membre du cercle mystique "l'Ermitage de Caen", Jacques Bertot), si bien qu'à peine veuve (à l'âge de 28 ans) elle ne s'adonnera plus qu'à la sainteté, jusqu'à devenir à son tour l'inspiratrice et le guide de bien des aspirants à la vie mystique dont le célèbre Fénelon

        L'église catholique, fidèle à la tradition des églises qui veut qu'elles soient systématiquement des "sépulcres blanchis", combat alors ce courant spirituel que l'on nomme "quiétisme" - issu d'Italie et s'inspirant notamment des écrits de Thérèse d'Avila - qui prône l'"abandon à la Présence de Dieu" et dont l'Ermitage de Caen est l'un des principaux représentants. Jeanne Guyon se trouve alors accusée de le promouvoir. Emprisonnée à l'âge de 40 ans elle sera libérée par l'intervention de Madame de Maintenon et par la suite, dans les écrits que l'on a d'elle et qui lui furent demandés par ceux qui recherchaient ardemment son enseignement, elle ne cessa d'essayer de montrer en quoi ses détracteurs se trompaient sans le savoir, pour n'être restés qu'à la surface du chemin spirituel au lieu de l'approfondir.   

         Pour revenir au propos d'Ariaga, spécialiste comme vous le savez de C.G. Jung et donc s'inspirant de ses écrits dans la recherche du Soi, je soulignerai la remarque lue dans Wikipédia et que j'espère exacte (car tout n'est pas exact à 100% sur ce site affirme-t-on), selon laquelle Etienne Perrot, continuateur de Jung, aurait vu dans la relation entre Jeanne Guyon et Fénelon une analogie avec la relation de transfert en psychanalyse jungienne (voir ici). Celle-ci aurait eu sur l'écrivain - qui la défendait et tomba en disgrâce pour cela (voir ici) - la même influence rayonnante qu'un analyste (idéal) aurait eu avec son patient.

          C'est dire je crois combien nous pouvons lire à travers ses écrits une image de la recherche du Soi proche de celle livrée par Jung.

          Or, le plus étonnant est que ce propos, pourtant parfaitement chrétien, est très proche également de celui de Siddharameshwar Maharaj que je citais la semaine dernière !! À quelques termes près, à quelques nuances dans l'expression, le fond reste identique. C'est pourquoi d'ailleurs les mystiques des Indes évoquent souvent les êtres réalisés avec le terme de "saints", comme nous le faisons pour nos modèles chrétiens ; et de même, si Mme Guyon ignore encore le terme de "Soi" et emploie à sa place le mot "Dieu" (que les Maîtres indiens utilisent également indifféremment avec celui de "Soi"), par contre il lui arrive parfois de remplacer ce mot par "le Maître", ce qui est encore plus inattendu ! Dieu selon elle se comporte comme un Initiateur qui prend peu à peu possession de l'âme de celui qui s'offre à lui, et elle le nommera volontiers "Maître" ou "Directeur", autant que "Bien-Aimé" ou "Seigneur".
          Par ailleurs celui que Jeanne Guyon identifie comme "le Démon" est exactement celui que les Maîtres orientaux nomment "le Mental"...

     

    Jeanne Guyon-De la vie intérieure

     
         Le texte que je voudrais citer est extrait d'une publication que l'on ne trouve plus actuellement en librairie quoique parue en 2004 mais en tirage limité, et que l'éditeur, je viens de le découvrir, a mise entièrement en ligne pour compenser cette disparition très regrettable en attendant une prochaine réédition augmentée. C'est pourquoi je n'ai pu personnellement la trouver que d'occasion mais je m'en félicite ! Vous trouverez ici le site où l'ouvrage de 482 pages est entièrement en ligne, et je vous  invite vivement à vous plonger dans cette lecture, dont le style suranné reste d'une simplicité toute familière qui laisse à imaginer la gentillesse et la proximité de son auteure.

     

    Courte idée de la Voie Intérieure
    (texte ici : j'effectue quelques coupures)

    «     Qu’est-ce que c’est que l’intérieur ? Commencer par chercher le royaume de Dieu au dedans de nous. Or cette recherche se fait par rentrer en soi en se séquestrant de tous les objets du dehors par un fort recueillement. On ne trouvera ce royaume qu’où Dieu l’a placé, qui est où je dis. (...)

         Lorsque l’âme a recherché activement le règne de Dieu en elle, elle trouve qu’il se développe peu à peu, qu’elle a plus de facilité de se recueillir, et qu’elle commence à goûter une préférence de Dieu qu’elle avait ignorée jusqu’alors, car elle s’était imaginé que la présence de Dieu n’était autre chose qu’une pensée de Dieu, de sorte qu’elle se faisait une violence et un bandement de tête pour tâcher de penser à lui. Cela est bon en une manière, mais comme l’homme ne peut pas subsister longtemps dans cette pensée, et que le royaume de Dieu n’est point dans la tête mais dans l’intime de l’âme, on se donne beaucoup de peine avec peu de succès et rebuté qu’on est d’un travail si infructueux, on ne tarde guère à chercher des amusements au dehors. (...)

         Dieu voyant la bonne volonté de celui qui le cherche au dedans de soi, s’approche de lui, parce qu’il connaît le désir de son cœur, et il lui enseigne une modération exacte en toutes choses. Il en retranche tout l’excès et c’est alors que l’âme commence à s’apercevoir qu’elle a trouvé ce royaume. Elle éprouve alors au dedans d’elle un Directeur qui retranche tout le superflu, et non le nécessaire, qui ne donne pas la moindre chose de superflu à la nature mais qui prend soin d’un autre côté que l’amour propre et le Démon ne tournent point l’âme du côté de la pure austérité. Quand elle s’évapore dans les créatures, Il la rappelle. (...)

         Elle lui dit (...) : « Je vous ai cherché avec toute l’affection de mon cœur dans le lieu où vous m’avez dit que je devais vous chercher. Je vous ai donc trouvé, ô le Bien-aimé de mon âme. (...)  Je ne ferai plus rien autre chose que de vous laisser faire. Je vous donne tous les droits que j’avais sur moi-même et que vous m’aviez donnés par votre bonté. »

        L’âme devient alors passive, et ne fait plus rien que de regarder amoureusement l’opération de son Dieu. (...)

        Elle entend une voix dans le fond d’elle-même ou plutôt elle a une impression que Dieu veut régner seul. Cet exil lui est d’abord très pénible car il faut remarquer qu’entre la recherche de Dieu dans son fond et la possession du même Dieu dans ce même fond, il y a quantité d’épreuves, de peines, de tentations, car chaque état porte son purgatoire. C’est ce qui fait la méprise, et que l’on prend souvent la première purification pour la dernière. Mais lorsque Dieu veut être seul en nous sans nous, et qu’il veut détruire le moi, c’est bien autre chose ; et c’est où presque toutes les âmes se reprennent.

        (...) Lorsqu’elle est fidèle dans ce degré et qu’elle veut bien mourir réellement à soi-même, elle commence à se contenter de la beauté de son Époux. Elle dit : Sa beauté sera ma beauté. Mais il en faut venir plus avant, car après s’être désappropriée de sa propre beauté, ce serait une propriété bien plus forte de s’approprier celle de son Époux. Il faut donc qu’Il demeure beau pour Lui-même et en Lui-même sans y vouloir prendre part, qu’elle Lui laisse son tout, et qu’elle demeure dans son rien, car le néant est son propre lieu. C’est alors l’amour parfait qui ne regarde plus Dieu par rapport à nous, mais par rapport à lui-même sans qu’on se regarde soi-même. »

     
         Ce texte fabuleux parle tout simplement de la destruction de l'ego sans laquelle il est impossible au Soi d'apparaître - celui-ci prenant la place de l'ego détruit, tout comme Dieu s'installe dans l'âme de la créature "anéantie".

         C'est juste dans le texte suivant que Jeanne Guyon emploie le terme de Maître, mais je renonce à vous le citer car ce serait trop long... D'autant plus que vous pouvez le trouver vous-même à cette page ! Je vous y invite donc vivement, si le propos vous intéresse.

      

    La voie mystique chrétienne

     


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  •    J'ai déjà cité Sri Siddharameshwar Maharaj et son livre "Embrasser l'Immortalité".

         En voici un autre extrait, correspondant à un satsang (enseignement émanant d'un maître et transmis gratuitement et simplement à tous ceux désireux de le recevoir) qu'il aurait donné le 15 décembre 1928 à Bombay (p. 159-160 du livre). 

     

    «   Le Soi est qualifié de saguna, c'est-à-dire "avec attributs" quand il est manifesté et nirguna, "sans attributs", quand il est non manifesté.

         Manifesté (saguna), il est la matière en constant changement, c'est la nature primordiale ou prakriti associée à la "Mère". Non manifesté (nirguna), le Soi stable et sans changements est purusha associé au "Père". L'homme est éveillé lorsqu'il devient UN avec sa propre nature.

         La connaissance est plus subtile que l'atome, c'est un point minuscule mais suffisant cependant pour dissiper la totalité de l'ignorance qui nous a recouvert ! Le sage parle de la connaissance comme d'une étincelle bleue luminescente. Saint Toukaram dit : "Vois dans ton mental ce point bleu qui est ta libération !"

        La Réalité ne peut pas être montrée. Elle ne peut être "vue" qu'après avoir transcendé les quatorze mondes qui font obstacle. Il s'agit des dix sens, du mental, de l'intellect, de la connaissance individuelle et enfin de l'ego (1). Faire comprendre ce qui ne peut pas être compris, c'est ce que fait le maître ! Sous sa direction vigilante le disciple peut "expérimenter" sa vraie nature. Mais vous devez pratiquer avec sérieux et vous rappeler que la persévérance est nécessaire pour surmonter la difficulté. Pratiquez en utilisant toute la finesse de votre intellect et tenez à distance les six passions (2). Savakash (sa, six ; avakash, garder au loin) est une pratique qui demande de la persévérance, elle consiste à garder les six passions à distance pour protéger les organes des sens des altérations : gorakshana (go, sens ; rakshana, protéger et contrôler). Gor signifie également "vache" et goruksha est celui qui protège les vaches. Krishna, le vacher, avait pour fonction de garder et protéger les vaches ; il s'acquittait de sa tâche avec diligence : il se préservait des six passions grâce au mantra qu'il avait reçu de son maître... Le mot gaye en marathi a deux sens : l'un est "chanter" et l'autre "vache" ; on dit que 330 millions de dieux et de déesses résident dans une vache, ainsi lorsque l'on chante le mantra donné par le maître, 330 millions de dieux et de déesses chantent avec nous ! Maintes histoires à propos de Krishna racontent qu'il se régalait de la crème volée dans les fermes environnantes. Cela signifie qu'il a baratté le beurre dans la méditation du mantra et s'est délecté de la crème de la connaissance de soi. »

    Sri Siddharameshwar Maharaj, 
    Embrasser l'immortalité (Amrut laya),
    Méthode pratique pour se libérer du faux.
    Éditions Les Deux Océans, Paris, 2007

    (1) Les écritures indiennes distinguent 5 organes perceptifs et 5 organes d'action, plus les quatre fonctions mentales précisées dans le texte.
    (2) Les six passions sont, selon le Vedanta : le désir, la colère, l'illusion (ou égarement), l'orgueil (ou arrogance), la cupidité (ou avidité) et l'envie (ou jalousie). 

     

    Krishna et les vaches

         Dans l'extrait que j'avais cité précédemment, le maître commentait et expliquait des passages du Dasbodh, un traité de spiritualité pratique écrit au XVIIe siècle par Saint Samarth Ramdas.

         Dans cette partie de l'ouvrage, il commente et explique les différentes légendes évoquées dans le Mahabharata, épopée que tous les indiens connaissaient par cœur - à l'instar de L'Iliade et l'Odyssée pour les grecs  - mais qui pour eux avait une valeur fondatrice équivalente à notre Ancien Testament. Il montre le sens caché et puissant de ces aventures héroïques dont la dimension mythique recèle un trésor d'enseignement.

         Ainsi "garder les vaches" peut signifier observer ses passions et les maintenir à distance ; et "baratter le beurre" puis "se délecter de la crème", évoque une méditation soutenue suivie du profit qui en est retiré. 

     


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