• Nature morte  aux Roses de Dominic Rozier

     

         Je ne fleurirai pas de roses tranchées l'outil parfait d'éternel enfantement que sont les mères.

     
        Transmetteuses de la vie elles sont la chaîne infinie du désir de se renouveler et de se perpétuer.

     
       Telles des poupées gigognes, elles  s’engendrent l’une l’autre sans fin.

     
        Boucle après boucle, elles dessinent la toile factice tissée par Maya sur l’Univers.


        Pensée après pensée, elles perpétuent l’apparence du monde.


        Puissent-elles, telles des pointes de dunes, se fondre dans le désert à perte de vue !


       Puissent-elles, telles des crêtes de vagues, laisser place à l’Unique Océan, immuable et tranquille, parfaite Plénitude !

     

     

    Océan

     


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  •      Voici le dernier des trois articles commencés ici.

      Je disais que le "lâcher prise" fonctionnait, et il se montra efficace particulièrement cet après-midi lors de ma promenade avec mes deux chiens, où je n'ai pas du tout pris de photos.  

            Pour une fois je les ai totalement lâchés dans un petit bois, décidant de leur faire confiance mais gardant tout de même une laisse dans la main, pour le cas où.

     

    Mes deux chiens photographiés il y a quelque temps

     
      Ils ont été super mignons. Attendrissants. Et moi, attrapant chaud au soleil de plus en plus généreux, vers la fin j'ai enlevé mon pull. De retour à la voiture j'ai jeté celui-ci à l'intérieur avant d'attraper chaque toutou pour le mettre dans le coffre.

         C'est là qu'un vent de panique a soufflé : où était passée la laisse que j'avais gardée en mains tout le voyage ?? ... Elle n’était plus ni par terre, ni dans le coffre, ni dans mes poches ; et sur le siège avant je ne voyais que le pull que je venais de déposer.

        Réaction : comme je suis toujours dans un film, il n’y a aucune inquiétude à se faire. Le scénario ne m’appartient pas et le réalisateur a certainement ses raisons. Il n'y a qu'à retourner là où j'ai enlevé mon pull. Cela prolongera ma promenade agréablement.

        Mais je me trompe un peu sur l'endroit où je suis passée ; je tourne plusieurs fois autour du talus abrupt que j’ai gravi en retirant le vêtement, sans rien trouver. C'est donc que je ne l'ai pas perdue à cette occasion... Or je ne me souviens de rien ! Il me semble l'avoir toujours tenue en mains !! 

       Je décide donc de refaire toute la promenade en sens inverse.
      Mais là je m’interroge : pourquoi perdre sans cesse des choses en ce moment ? Et pourquoi vouloir à toute force les récupérer ? Doit-on réellement revenir sur ses pas ? Chercher à se corriger ?

        Des réponses me viennent : j’ai tissé un réseau de devoirs ; ces chiens me sont confiés, la personne à qui ils appartiennent tient à sa laisse.

        Oui, mais rien ne m’empêche de rentrer et d’en racheter une en passant ! Quel est le scénario exact prévu pour ce film ? Je croyais qu’il ne m’intéressait pas ! Mais c’est le plaisir de prolonger cette promenade, bien sûr… Et je n'ose m'avouer que cela m'intrigue terriblement.

        Je le fais au pas de course, sans me tromper cette fois ; mais je suis de plus en plus ahurie de ne pas retrouver cet objet pourtant volumineux.

         Nouvelle question : y a-t-il quelque chose à comprendre ? S’agit-il d’une liberté retrouvée, puisque j'ai perdu un objet servant à maintenir en captivité ? Qui était attaché ? Était-ce moi ?!

        Petit à petit je reviens à ma voiture, et force m’est de constater que cette fois encore (ce n’est pas la première) l’objet égaré demeure introuvable. Cela pourrait être un constat d’échec mais je m’interdis tout sentiment, puisqu’il s’agit d’un film, et qui plus est, que le réalisateur a forcément prévu une fin qui m’échappe.

        Un soupçon me vient en approchant de mon véhicule... Elle est sûrement là, je ne peux que l’avoir lâchée en approchant ou en ouvrant les portes !

        Le chiens m’accueillent avec reconnaissance. Et quand je déverrouille ma portière, que vois-je ?

        La petite laisse est là, sur le siège avant ; tandis que le pull, dans lequel elle était restée enroulée, vient de tomber à terre.

     

    Promenades : 3 - La laisse perdue

     
        C’est comme l’éléphant que l’on cherche dans la jungle et qui est à la maison...
     (voir ici

     


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  •     Voici donc la promenade annoncée dans le précédent article

     

       D'ailleurs il y en a deux, si l'on inclut celle de l'après-midi avec les chiens (voir l'article suivant).

    (Toutes les photos peuvent être agrandies)

    Promenades



         Ce matin, me voici donc partie au hasard : en effet, je m'imagine être dans un film dont le réalisateur ne m'a pas donné le scénario...  Je trouve tout d'abord un chemin bien entremêlé de ronces et me demande pourquoi. C'est que les ronces, les broussailles, ça prolifère si l'on n'y prend pas garde ! La vie pousse dans tous les sens sauf si l'on y met bon ordre, et que l'on coupe par exemple les arbres trop vieux comme cette belle souche.


    Promenades


        Je débouche bientôt dans une allée plus vaste, m'inquiétant d'un point de repère pour retrouver le cas échéant le chemin embroussaillé dont je m'extrais. Il y en a tous les vingt mètres et le paysage est partout identique ! Le réalisateur du film doit bien savoir comment l'héroïne va s'en sortir. Il n'y a qu'à lui faire confiance.

    Promenades

         Avançant droit devant moi je ne tarde pas à déboucher sur une vaste allée que je reconnais... C'est tout simple ! Cela fera un parfait rectangle. Et j'avise bientôt des fleurettes qui vont certainement plaire à mes amies de blog. Alors essayons de les photographier.

    Promenades

    Promenades

     Promenades

    Promenades


          Ne s'agit-il pas là justement de la fleur trouvée sur le blog de Jamadrou ?

    Promenades

     
           Enfin, on dirait, mais la qualité de l'image n'y est pas.
        J'arrive à la route de laquelle je suis partie quelques centaines de mètres plus loin, la traverse et m'engage dans les champs qui font face à la forêt dont je viens.

    Promenades

    Promenades


        C'est le paradis des graminées. Et puis il y a des haies partout ! C'est le Boischaut, le bocage berrichon.

     

    Promenades

    Promenades

    Promenades

    Promenades


         Il y en a dans tous les styles, pour tous les goûts... Cela occupe, de prendre des photos et de regarder tout ce qui passe !

    Promenades

    Promenades

    Promenades

    Promenades


        Le seul problème, c'est que bientôt le chemin oblique sur la droite alors que je dois revenir par la gauche. Et qu'à gauche, le champ est barré vers la route d'une solide haie, haute et touffue.

    Promenades


       On y trouve de jolies fleurs ! Dommage que le téléphone n'en saisisse pas la belle couleur rose.

     

    Promenades


       Et d'autres étranges plantes de campagne.

    Promenades


        Mais pourquoi partout des barrières ? Qui met les barrières ? Tout à l'heure le réalisateur du film avait ôté les épines ; là, il a sûrement prévu un passage...

    Promenades


        Eh oui ! Il y a un passage !!! Et non seulement un, mais plusieurs !! Et de plus en plus larges !

    Promenades


       Les graminées sont devenues somptueuses. De vrais tableaux de maître.

    Promenades

     
       Et là-haut, qu'y a-t-il au fait ? 

    Promenades


       Des nuages, vraiment ? C'est quoi, des nuages ?

    Promenades

     
          Derrière la touffe d'ajoncs surgissent des bolides prêts à me faucher au passage, comme l'on fauche les graminées.

            Mais je photographie encore le chèvrefeuille. 

    Promenades

    Promenades

       
          Et sans le savoir, sans l'avoir prévu, je rentre pile à l'heure souhaitée. 

         Depuis quelque temps, je m'applique à laisser faire, laisser aller...
       Ça marche.

     
    (à suivre)

     


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  •      Pour ceux et celles d'entre vous qui aiment les récits de promenades, je vais y revenir aujourd'hui.

          Mais avec ce bémol : les photos, prises avec un téléphone portable, ne sont pas de qualité exceptionnelle. Et cet avertissement : la promenade n'est pas une fin en soi, elle est porteuse de messages qui seront diversement insérés dans le récit.

        C'est pourquoi en fin de compte cet article que j'avais prévu unique va être divisé en trois... En effet, il m'apparaît maintenant beaucoup trop long pour vous pauvres lecteurs, avec tous les thèmes qu'il aborde.

         Et la première partie sera une sorte de préambule philosophique....

         Souvent dans les contes, nous avons des petites filles qui partent en promenade. 

    Boucle d'Or

     

         Entrant dans un bois, elles voient plein de jolies fleurs et se précipitent pour les cueillir. Mais alors, dans le cas par exemple de Boucle d'or, elles se perdent... Et s'il n'y avait pas eu trois ours (trois, le chiffre n'est pas anodin : le Père, la Mère et l'Enfant) celle-ci n'aurait pas retrouvé le chemin du retour.

    Promenades


         Dans le cas du Petit Chaperon Rouge, que nous connaissons bien aussi, ce n'est pas vraiment qu'elle s'égare ; mais voici qu'elle rencontre un Loup ! Celui-ci prend la place des fleurettes et devient le Tentateur.

    Le petit Chaperon rouge

       Il l'avale ! Ce qui remplace le fait de se perdre. Et sans le valeureux chasseur qui passait dans les parages et qui ouvre le ventre du loup pour en faire ressortir la malheureuse enfant, c'en était fait d'elle.

    Chasseur-image Dreamstime

     

             On voit qu'il ne s'agit pas de banales promenades ! Il y a un "sens caché".

         Et justement cet après-midi, en partant avec mes chiens en liberté, la laisse dans la main, je chantonnais le début de "la Belle Meunière" de Schubert, dont le texte est écrit par un certain "Guillaume Meunier" (=Wilhelm Müller) qui dit ceci (traductions libres de moi-même) :

    « La marche est la joie du meunier !
    Un meunier qui ne marche pas
    N'est pas un vrai meunier. »

    (1er poème : "Marcher") 

    « J'entendis le murmure d'un ruisseau
    Au fond d'un creux de roche ;
    Il descendait vers la vallée,
    Frais et magnifiquement clair.
    Je ne sais pas ce qui me prit,
    Ni qui m'en donna l'idée (1) ,
    Mais je me sentis forcé de descendre auprès de lui
    Avec mon bâton de marcheur.
    Toujours plus bas, de plus en plus bas... (2)
    Et le ruisseau chantait de plus en plus frais,
    De plus en plus clair !
    Où vais-je, dis-moi
    Où me conduis-tu ?
    Ah ! Ruisseau, avec ton gai murmure

    Tu m'as totalement grisé, tu m'as ravi l'esprit !
    - D'ailleurs que dis-je ?
    Ce n'est pas ton chant que j'entends, 
    Mais celui de sirènes ! A coup sûr,
    Ce sont des Ondines qui se cachent dans tes flots... »

    (2e poème : "Où vais-je ?")

    Vous pouvez l'écouter ici en entier, et en trouver ici le texte entièrement traduit

     

       Je ne vous raconte pas tout (le seul poème indispensable à connaître après cela est le 20e et dernier, la berceuse du ruisseau ou "comment rentrer à la maison" - qui demande d'autres développements), mais il est aisé de comprendre qu'il s'agit de la même histoire ! Avec les notes que j'ai insérées on retrouve :

       -   en (1) le loup - ou les fleurettes tentatrices - ;
     -  et en (2) la chute (bien marquée cette fois puisqu'il ne fait que descendre !) traduite dans Boucle d'Or par l'égarement dans les bois et dans Le Petit Chaperon rouge par le fait d'être avalée par le loup. D'ailleurs le poète souligne que son héros avait perdu l'esprit et qu'il s'agissait probablement du "chant des sirènes"... 

    (à suivre)

     


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  •    J'ai souvent cité quatre tarots : le Marseille, le tarot des secrètes Dakinis de Nik Douglas et Penny Slinger, le tarot Zen d'Osho et le Tarot de la transformation, d'Osho également mais que j'ai acquis dans son ancienne présentation de "tarot de Rajneesh". Ce sont les seuls que j'utilise en variant suivant le besoin du moment et ce sont vraiment des supports très riches, notamment les trois derniers qui avec leur livret d'accompagnement permettent une introspection efficace dans le cadre d'un travail sur soi.

         J'aimerais aujourd'hui vous présenter une carte tirée du Tarot d'Osho dit "de la Transformation".



    Rajneesh-22-L'innocence

     

    L'innocence

       C'est une notion dont je viens d'éprouver la puissance... Beaucoup plus élevée que la notion de "dévotion" que je mettais initialement au premier plan.

        Dans la carte du même tarot qu'il intitule "la Dévotion" précisément, Rajneesh met en garde le candidat à l'amour divin en ces termes : 

    « Si vous voulez devenir comme Meera [une princesse indienne éperdue de dévotion] il vous faudra d'abord assouvir vos besoins d'affection humaine. Sinon, votre Dieu ne sera qu'une illusion, un produit de votre imagination, une projection de vos désirs refoulés. »

      

        Et en effet, le mot "innocence" porte dans sa composition toutes sortes de résonances profondes qui permettent d'aller beaucoup plus loin, même s'il est associé comme l'autre à celui de "folie" dans l'amour.

          Avec son  étymologie - de "in" privatif, et "nocere", causer du tort à quelqu'un, nuire -, ce terme évoque la qualité d'un être quasi transparent, qui ne touche rien et que rien ne touche... Qualité bien illustrée par ceux que l'on appelle innocents et qui sont comme des étrangers en ce monde, des "inadaptés". Dans le "massacre des innocents" perpétré par Hérode à la naissance de Jésus, on les assimile aux tout petits enfants, aux nouveaux-nés !

           Et pourquoi les nouveaux-nés sont-ils innocents ? Parce que rien du monde ne les a encore touchés. Ce qu'on appelle le péché du monde, ce sont tous les attachements que l'on se crée en s'incrustant petit à petit dans un univers de mensonge. Un innocent est un peu identique à l'agneau de Dieu : il se laisse immoler sans même s'en apercevoir. Il ne connaît encore ni la vie, ni la mort, en quoi serait-il donc affecté ? Il disparaît comme il est apparu.

         Mais écoutons le commentaire d'Osho pour cette carte. On y trouve d'abord en italique le résumé de ce qui est à retenir ; puis vient le récit qui s'y associe : une évocation de François d'Assise, car dans ce tarot l'enseignant se réfère aux traditions mystiques du monde entier sans restriction de culture aucune.

      « Le coeur peut parler au rocher. Ce mystère est révélé par l'amour absolu. Devenez fou dans votre cœur.

        Aujourd'hui, Saint François d'Assise serait sans nul doute enfermé dans un asile psychiatrique. Il parlait aux arbres et demandait à l'amandier :

      -  Mon frère, comment vas-tu ?

      Actuellement, on ne vous laisserait pas dire à un arbre :

      - Chante-moi les louanges du Seigneur !

      Et encore moins entendre l'arbre chanter. Vous subiriez un traitement médical. Saint François s'entretenait avec la rivière et les poissons lui répondaient. Il parlait aux rochers. Faut-il une preuve de plus pour diagnostiquer la folie ?

         Il était fou, mais n'aimeriez-vous pas être comme lui ? Imaginez ce que cela doit être d'entendre chanter un amandier, d'avoir un cœur qui reconnaît des frères et des sœurs dans les arbres, qui bavarde avec les pierres, qui voit Dieu partout sous des formes innombrables. Un tel cœur est plein d'amour absolu, car seul un amour sans limite accède au mystère de l'existence. Aux yeux de l'intellect, ce n'est que délire.

       Pour moi, rien d'autre n'a vraiment un sens. Si vous le pouvez, devenez fou, un fou du cœur. »

    Osho Rajneesh, le Tarot de la Transformation, éd. Véga


          Oui, mais pour cela il faut d'abord savoir être muet ; et écouter. Bien écouter.


    Chakra du coeur


          L'une des qualités principales du chakra du cœur, le chakra anahata, est l'écoute.  L'un des indices de son ouverture est l'aptitude au silence. 

          François d'Assise s'était construit un ermitage dans la montagne et il avait coutume de méditer chaque jour dans une grotte. Le fait de renoncer au monde et de méditer n'implique ni le développement du mental, ni la fermeture de l'esprit ; au contraire ce doit être le signe d'un profond abandon de soi, abandon de sa propre identité tel que la fraternité avec toutes les choses de la vie devient une parfaite évidence.

         La "folie" dont parle ici Rajneesh est en plutôt le fait de redevenir simple : un simple d'esprit, de ceux que Jésus appelait "les pauvres en esprit".

        Un innocent, quoi... 

     

     


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