•  
        Voici un poème dans lequel on ressentira la fréquentation de Tagore et de Kabir.

         Cependant sa composition correspond également à l'écoute d'une Étude de Liszt intitulée Vision (ici).

      

    Quand mon Bien-Aimé marche
    Le sol est ébranlé et les gazelles s’enfuient
    La poussière vole haut sous ses pas victorieux


    À son côté resplendit le glaive étincelant
    Mais la Lumière de ses yeux
    Projette des éclairs
    À l’infini


    Mon Bien-Aimé resplendit
    Plus que l’arbre et plus que la montagne
    Sa chevelure mystérieuse embrase les astres
    Il joue avec les fleurs
    Et se rit de ma peur


    Il me cueille et me pose
    Sur son épaule
    J’entends rouler les flots des océans
    Dans le creux de son rire


    Sa Force est ma Joie

      

    Shiva

     


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  •     Voici un texte trouvé sur le site "Regards sur l'éveil" et publié sur son forum à la page consacrée à Swami Ramdas par Joaquim son auteur, qui y a joint quelques réflexions dont je le remercie.

       Comme le texte d'Arnaud Desjardin cité à côté et que je publierai ultérieurement il est très riche d'enseignement.

      

     

     

    Sami Ramdas
    Image tirée du site consacré au saint.

     

       Râmdâs (le nom qu’il s’est lui-même donné, et qui signifie “esclave de Râm”) abandonna tout à l'âge de 38 ans et prit le bâton de pèlerin, pour s'en remettre entièrement à la grâce de Râm. Il décrit lui-même ainsi le cheminement qui l'a conduit à l'abandon radical de lui-même :

     

         «  Pendant près d’une année, Râmdâs se débattit dans un monde plein de soucis, d’anxiétés et de peine. Ce fut, par sa faute, une période terrible d’inquiétude et de tension. Dans cet état de misère désespérée, un cri jaillit du cœur de Râmdâs : “Où trouver le soulagement ? Où trouver la paix ?” Sa plainte fut entendue, et dans le grand vide retentit une voix : “ Ne désespère pas, aie confiance en Moi, et tu seras libéré.” C’était la voix de Râm. Cet encouragement fut comme une planche de salut jetée au nageur en péril qui se débat dans la mer déchaînée. Une grande assurance tomba sur le coeur meurtri du malheureux Râmdâs comme une douce pluie sur la terre assoiffée. Dès lors, une partie du temps occupée auparavant par les choses du monde fut consacrée à méditer sur Râm, qui octroya, dans cette période, paix et soulagement véritables. Peu à peu, son amour pour Râm, le Donneur de Paix, augmenta. Plus Râmdâs répétait le nom de Râm et méditait sur Lui, plus il ressentait de joie et de soulagement. Les nuits, qui étaient libres de tout devoir terrestre, furent consacrées, à part deux heures de repos, à chanter les louanges de Râm. Sa dévotion pour Râm progressait par sauts et par bonds.


       Le jour, alors qu’il était envahi par l’anxiété et le souci que lui causaient des ennuis d’argent, des soucis de toute espèce, Râm venait à son aide d’une façon inattendue. Aussi, dès qu’il pouvait se libérer, même pour peu de temps, de ses occupations matérielles, se mettait-il à méditer en prononçant le nom de Râm. En marchant dans la rue, il répétait : Râm, Râm. Il perdait toute attraction pour les choses de ce monde. Habits recherchés et toiles fines furent remplacés par le grossier khaddar ; une simple natte fut substituée au lit. Pour sa nourriture, il réduisit à un seul les deux repas de la journée, et plus tard, ce repas ne consista plus qu’en bananes et pommes de terre bouillies. Les piments et le sel furent complètement abandonnés. Il n’avait plus goût que pour Râm, et sa méditation sur Râm devenait continue, englobant toutes les heures de la journée et les prétendus devoirs sociaux.

        À cette époque, le père de Râmdâs, inspiré par Râm Lui-même, vint le voir et, le prenant à part, lui transmit l’initiation du Râm-mantra : “Shrî Ram, Jaï Râm, Jaï Jaï Râm”, et lui assura que, s’il répétait continuellement ce mantra, Râm lui accorderait le bonheur éternel. Cette initiation par son père — qu’il considéra dès lors comme son gourou — fit faire au débutant de rapides progrès dans la vie spirituelle. Râm l’invitait constamment à lire les Enseignements du Seigneur Krishna dans la Bhagavad-Gîtâ, ceux de Bouddha dans Lumière de l’Asie, ceux de Jésus-Christ dans le Nouveau Testament, ceux du Mahâtmâ Gandhi dans Jeune Inde et l’Ethique de la religion. L’influence de ces grands hommes créa ainsi, dans l’esprit de Râmdâs, une atmosphère chargée d’électricité où grandit la jeune plante de bhakti (dévotion pour Dieu). C’est à ce moment que son esprit s’éveilla lentement à l’idée que Râm était la seule réalité et que tout le reste était faux. Tandis que l’attachement aux jouissances terrestres l’abandonnait rapidement, la notion du “moi” et du “mien” s’effaçait aussi. Le sens de la possession et des relations entre individus distincts s’évanouissait. Tout, pensée, esprit, coeur et âme se concentra sur Râm, Râm recouvrant et absorbant tout.

        Ainsi Râm avait arraché Son esclave à l’étroit bourbier de la vie du monde et l’avait jeté dans l’immense océan de la Vie universelle. Mais Râm savait bien que pour nager dans ce vaste océan, il faudrait à Râmdâs de la force et du courage. Pour lui faire acquérir ces qualités, Râm fit passer son esclave ignorant et novice par une suite d’épreuves sévères sous Sa direction immédiate et avec Son aide. Une nuit, alors que Râmdâs savourait la douceur d’invoquer Son nom, Râm lui suggéra ces pensées :

        " O Râm, quand Ton esclave Te voit à la fois si puissant et si tendre, quand il sait que celui qui se confie à Toi obtient sûrement la vraie paix et le bonheur, pourquoi ne peut-il se remettre complètement à Ta miséricorde et renoncer à tout ce qu’il appelle “moi” ? Tu es tout en tout pour Ton esclave. Tu es le seul Protecteur en ce monde. Les hommes se leurrent quand ils disent : “Je fais ceci, je fais cela ; ceci ou cela est à moi.” Tout, ô Râm, est à Toi, et toutes choses sont faites par Toi seul. La seule prière que Ton esclave T’adresse, c’est de le prendre entièrement sous Ta direction et lui ôter son sens du moi."

       Cette prière fut entendue. Le cœur de Râmdâs poussa un profond soupir ; une vague de désir passa dans son esprit de renoncer à tout et d’errer par la terre en quête de Râm, sous la robe de mendiant. Alors Râm le poussa à ouvrir au hasard le livre La Lumière de l’Asie qui se trouvait devant lui ; il tomba sur la page où est décrite la grande renonciation du Bouddha : “Car maintenant l’heure est venue de quitter cette prison dorée où mon coeur a vécu comme dans une cage, et de trouver la Vérité que je chercherai désormais pour l’amour des hommes, jusqu’à ce que je l’aie trouvée”. Puis Râmdâs ouvrit le Nouveau Testament et lut le message sans équivoque de Jésus-Christ : “Celui qui, par amour pour Moi, a abandonné maison, frères et sœurs, père et mère, femme ou enfant et terres, sera récompensé cent fois et recevra la vie éternelle”. Il fut encore incité à ouvrir la Bhagavad-Gîtâ et y trouva le verset suivant : “Abandonne tous tes devoirs, cherche en Moi seul un refuge ; ne t’attriste pas, Je te libérerai de tous tes péchés.”

         Râm lui parlait ainsi par la voix de ces trois grandes Incarnations divines, Bouddha, Christ et Krishna, et tous trois indiquaient le même chemin : la renonciation. Râmdâs prit aussitôt la décision de quitter ce monde de samsara, de renoncer, pour l’amour de Râm, à tout ce qu’il avait serré sur son coeur et considéré comme sien. Il s’habilla très simplement de deux pièces de toile enroulées, l’une sur la partie supérieure, l’autre sur la partie inférieure de son corps. Le lendemain, il fit teindre en ocre rouge deux morceaux de toile ; la nuit suivante, il écrivit deux lettres, l’une à sa femme qui, grâce à Râm, n’était déjà plus qu’une sœur pour lui, l’autre à un bon ami que Râm lui avait fait connaître pour le délivrer de ses dettes ; et, à cinq heures du matin, il dit adieu à un monde qui n’avait plus d’attrait pour lui, et dans lequel plus rien n’existait qu’il pût nommer sien. Le corps, l’esprit, l’âme, il déposa tout aux pieds de Râm, l’Être éternel plein d’amour et de pitié.»

     

       Swâmi Râmdas, “Carnets de pélerinage”, Albin Michel, Coll. Spiritualités vivantes, 1973, p. 18.


     
      Cette renonciation totale me fait penser à celle de Saint François d’Assise, qui, conjuré par son père sur la place publique d’Assise d’abandonner sa conversion qui privait d’héritier l’entreprise familiale, se dévêtit intégralement et déposa ses habits au pieds de son père, pour ne plus dépendre des largesses de son père terrestre, mais uniquement de la Grâce de Dieu.

     


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         Voici un poème que j'avais déjà édité hier, puis supprimé... 

          Cela m'a permis d'en ôter le titre qui ne signifiait rien.

       Quant au contenu, à chacun d'y voir ce qu'il veut - l'illustration pouvant aider cependant à l'interprétation...   

     

    Bouddha

     

     

    Maître Toi seul existes
    je ne suis que l’espace qui T’environne
    l’haleine de Ton Souffle



    Je ne suis pas ce que j’ai cru être
    et l’îlot de mes perceptions
    se dissout dans l’infinitude
    de Ta Pensée



    Papillon je suis clouée
    et le frémissement de mes ailes
    disparaît sous la Force
    de l’Amour radieux



    Poussière
    S'envole

     

     


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        Ce matin, je décidai de me rendre à un cours auquel je n'avais pas assisté depuis quelque temps. Je me préparai et m'y rendis en voiture.

          Arrivée à proximité, la route était barrée : travaux. Je dus faire un détour.

          Une fois sur place, je ne repérai pas les véhicules des personnes accoutumées à le fréquenter et commençai à me poser des questions.

         La réponse fut vite trouvée : l'enseignant, qui avait des enfants, avait décidé de supprimer le cours de cette semaine pour partir au ski avec eux. Je n'avais pas été prévenue.

          Dépitée je décidai de me rendre dans un bois. Mais dans la champagne berrichonne, il faut faire plusieurs kilomètres avant d'en trouver un, et le plus proche était dans la direction où la voie était barrée.

         Je pris mon mal en patience et de détour en détour, parvins à ce bois.

         Il était encore entièrement dépouillé, et je marchais dans des sentiers glissants d'humidité. Parvenue au bord d'un surplomb, je m'appuyai à un tronc et demeurai immobile.

       Mais le tronc bougeait ! Derrière moi, je ressentais le mouvement, parfois imperceptible, parfois plus net de l'arbre qui me semblait danser comme un jeune animal.

            La faute au vent sans doute, qui passait victorieux, venu d'on ne sait où, filant on ne sait où, virant comme un cavalier triomphant parmi les végétaux charmés comme des serpents, le nez en l'air ! Et le soleil prudent glissait sous un nuage ainsi qu'un oeil sous la voilette, pour rejaillir bientôt plus chaud et riant que jamais !

         Je demeurai longtemps à me laisser traverser de ces effluves mouvants, ondoyants, capricieux, si infiniment et imperceptiblement variables !

            En voici la vidéo, de piètre qualité certes, mais témoignant qu'ici bas tout danse et rien ne demeure.

     

     

     


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        Ceci est la réédition d'un poème écrit en 1977, après l'incendie de mon immeuble.

          La partie essentielle en a été composée tandis que, rejetée au loin par des barrières de sécurité, je me morfondais à l'idée d'avoir perdu de précieux manuscrits qui me semblaient être ce que j'avais de plus intime ; et le dernier quatrain fut ajouté ensuite, lorsque je découvris que rien n'avait été touché.

            Il est publié dans mon recueil Renaître, dans la partie intitulée Labyrinthes et Flammes.

         Le terrible, c'est que l'on sait, mais que l'on ne fait pas. Ce qui est connu reste ignoré.

      

    Incendie

     

     

    « Je suis la Vérité et la Voix !

    Vois de mes mains l’éclat insoutenable !

    Regarde ! Regarde !
    Et Me reconnais-tu ?
    C’est moi que tu suivis jadis
    Par les chemins poudreux,
    C’est moi dont tu suivis la Voix,
    Fascinée, incrédule.
    Car ce que tu voyais,
    Ce que tu entendais alors,
    Ce n’était pas vraiment la Vérité !
    Ce n’était qu’apparence,
    Pour les enfants qui ont besoin d’images.


    Rencontre



    Bientôt tu n’entendis plus rien,

    Tu n’aperçus plus rien,
    Et tu me crus perdu.
    Où est-il donc passé,
    Celui qui me  promettait tout ?
    Disais-tu ; il ne m’a rien laissé !...
    Et cependant, écoute !

    Écoute cette rumeur,
    Écoute cette tempête,
    Ouvre tes yeux cachés !
    Tu trembles ! Tu ne vois rien,
    Parce que tu ne sais pas où il faut regarder.


    Ose enfin soulever les voiles de ton cœur,
    Là où tu dors depuis toujours,
    Dans la paresse de l’animal enfoui…
    Tu entendras craquer la mort,
    Comme la glace qui dégèle,
    Tu entendras gronder la nuit ;
    Écoute mon Silence !
    Dans cette flamme qui t’aveugle,
    Je Suis, Moi, le Ressuscité,
    La Voix impérieuse élevée du Silence
    Après l’éclatement du monde.


    Regarde autour de toi :
    Il n’y reste plus rien… Tous t’ont quittée !
    Et tu cherches ma Voix,
    Tu cherches mon Éclat ?
    Mais cette Voix est tienne, et cet Éclat aussi !
    Il y a si longtemps que je t’ai tout donné !...
    Ah ! Pourquoi ne m’as-tu jamais vu,
    Pourquoi as-tu scellé ton corps,
    Et banni de ton cœur la  mémoire de moi ?
    Je suis Ta Vérité, et tu ne peux m’éteindre !
    Aussi t’ai-je brisée,
    Jetée dans la tourmente et consumée,
    Afin qu’en ces décombres tu me reconnaisses
    Unique en toi.
    Car je Règne à jamais, et je ne connais point d’obstacle ! »

     

    Implosion



    Oh ! Silencieuse et pure,
    Mon âme intacte et neuve
    Brillait comme un anneau
    Quand la mer reflua…

     

     


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