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      Le prophète Élie fait l'objet d'un récit dans l'Ancien Testament, dans le Livre des Rois. Cependant il revêt une puissance particulière puisque dans le Nouveau Testament les disciples de Jésus demandent à celui-ci si Jean-Baptiste n'en est pas la réincarnation.

         Et c'est en recherchant pour vous des précisions sur Wikipedia que je découvre, à l'instant, que son nom revêt une signification particulière : "Elijah" signifierait "Mon Dieu est Je Suis"... 

         Félix Mendelssohn, dont la famille d'origine juive s'était convertie au protestantisme, composa deux Oratorios, c'est-à-dire des œuvres de musique sacrée destinées à être exécutées en concert, Paulus et Elias ; et depuis que j'ai découvert le second j'en ai été transportée - particulièrement de sa seconde partie.
         Pourquoi ? À cause du texte bien sûr, qui sur le canevas de l'histoire que l'on connaît est essentiellement constitué de passages des Psaumes, des prophéties d'Isaïe ou de citations de l’Évangile, et se trouve très expressivement mis en valeur par la musique. 

         C'est donc surtout eux que je vais vous présenter...
      Vous pourrez si vous le désirez suivre la totalité ou des extraits du passage évoqué sur youtube ici, et vous reporter au texte intégral avec sa traduction ici.
        Youtube propose également un enregistrement en anglais qui est excellent ici.

     

       NB : Si vous trouvez ce texte trop long, je vous invite à aller lire ici la "Confidence" de Marlène. Elle dit en quatre petits vers ce que je développe sur plusieurs pages...  

     

    Le Prophète Elie- Julius Schnorr von Carolsfeld

     

           Après avoir évoqué dans la première partie de l'Oratorio (qui dure, comme la seconde, plus d'une heure !) les hauts faits du prophète (la résurrection du fils de la veuve de Sarepta, la destruction par le feu d'un holocauste présenté par les adorateurs de Bâal, et enfin le retour miraculeux de la pluie sur une terre désespérément desséchée), Mendelssohn aborde dans la seconde sa relation privilégiée avec Dieu (YHVH - Je Suis).

        

        La seconde partie s'ouvre sur un appel vibrant du Seigneur, représenté par une voix de femme... Le fait, constant dans cette oeuvre, de conférer constamment à Dieu une voix de femme est particulièrement bouleversant. Mendelssohn songe bien sûr à des Anges qui ont toujours des allures plus ou moins féminines ; mais comme vous le verrez les aspects ici doux et délicat (avec une voix élevée) puis plus loin maternel (avec une voix grave) du Divin sont ainsi mis en relief de façon saisissante. Et les anges ne sont-ils pas par essence l'expression même de Celui qui les envoie ?

         J'utilise la traduction évoquée précédemment (ici), mais en l'aménageant suivant mon ressenti ou les répétitions appliquées dans la partition. J'ai voulu conserver entre parenthèses les références signalées au texte biblique (qui bien sûr ne figurent pas dans la musique), et je souligne en italique certains passages que la musique met particulièrement en valeur.

     

        «  Écoute, Israël, écoute la voix du Seigneur ! (d’ap. Dt 6, 4 ; 8, 20) Ah, si tu étais attentif à son commandement ! (Es 48, 18) Mais, qui croit nos prédictions, et à qui le bras du Seigneur s’est-il manifesté ? (Es 53, 1) Écoute, Israël, écoute la voix du Seigneur ! Ah, si tu étais attentif à son commandement ! »

        Ainsi parle le Seigneur, le Rédempteur d’Israël, son Saint, à son serviteur qui est soumis aux tyrans ; ainsi parle le Seigneur. (Es 49,7)

      « Moi, moi, je suis votre consolateur ! (Es 51, 12) Ne faiblis pas, car je suis ton Dieu ! (Es 41, 10) Je te conforte ! Qui es-tu donc pour trembler devant des hommes qui pourtant meurent ? Et pour oublier le Seigneur qui t’a fait, qui a déployé le ciel et bâti la terre. Qui es-tu donc ? (Es 51, 12-13, 22). Moi, moi, je suis votre consolateur ! Ne faiblis pas, car je suis ton Dieu ! Je te conforte ! »

     

         Lui succède un chœur très entraînant qui vous donne un moral d'enfer :

     

      « N’aie pas peur, dit notre Seigneur, n’aie pas peur, je suis avec toi, je t’aide ! Car je suis le Seigneur ton Dieu, qui te dit : n’aie pas peur ! (Es 41, 10.13) Que mille tombent à ton côté et dix mille à ta droite, cela ne t’atteindra pourtant pas ! (Ps 91, 7)

     

            J'adore cette dernière phrase, chantée avec une assurance guerrière.

         Suivent les imprécations de la Reine Jézabel, qui pousse le peuple à retrouver Élie pour le mettre à mort.
       Averti à temps celui-ci s'évade dans désert et se lamente de ne pouvoir convertir le peuple qui cherche à l'assassiner.

     

         «  C’en est assez ! Seigneur maintenant, prends ma vie, je ne suis pas meilleur que mes pères. ( 1R 19, 4) Je ne veux plus vivre car mes jours ont été vains. (d’ap. Jb 7, 16)  J’ai déployé mon zèle pour le Seigneur, le Seigneur de l’Univers, car les enfants d’Israël ont rompu ton alliance, brisé tes autels, et égorgé tes prophètes avec le glaive ; et je suis resté seul, et ils cherchent à me tuer ! C’en est assez ! (1R 19, 4) Seigneur maintenant, prends ma vie... Je ne suis pas meilleur que mes pères. O Seigneur, maintenant prends ma vie ! »(1R 19, 4)

     

       C'est alors qu'il s'endort sous un genévrier et que des anges apparaissent pour le réconforter dans son sommeil. Suit un merveilleux petit chœur que je vous propose d'écouter en vous reportant à la vidéo de youtube (de 24'10 à 27'10), ou si vous le préférez en anglais ici (de 24'25 à 27'30).

     

    Vois, le berger d’Israël ne dort ni ne somnole. (Ps 121, 4) Quand tu évolues parmi les angoisses, Il te réconforte. (Ps. 138, 7).

     

          Un ange réveille alors Élie et l'exhorte à se remettre en route pour un long voyage jusqu'à la montagne de Dieu, le Mont Horeb. Ce dernier proteste à nouveau.

     

        « O Seigneur, je travaille pour rien ! Je donne ma force en vain et inutilement ! (d’ap. Es 49, 4) Ah ! que tu déchires le ciel et descendes ! Que les montagnes s’écroulent devant toi ! Oblige tes ennemis à trembler devant toi en accomplissant des miracles ! (Es 63, 19 ; 64, 1-2) Pourquoi les laisses-tu s’égarer de tes voies et s’assécher le cœur jusqu’à ne plus te craindre ? (d’ap. Es 63, 17) Oh ! Que je meure ! Que je meure ! » (d’ap. 1R 19, 4)

     

        C'est alors que l'ange lui répond de cette voix maternelle que j'évoquais plus haut, dans un air que je reproduis ici à partir d'un microsillon en ma possession, car l'interprétation trouvée sur youtube est très sèche on ne sait pourquoi. Cependant vous pouvez aussi l'écouter dans la version anglaise ici (de 29'30 à 32'30).

     

     

    « Reste silencieux auprès du Seigneur et attends-Le. (Ps 37, 7) Il te donnera ce que ton cœur demande. (Ps 37, 4) Confie-Lui tes chemins et espère en Lui. (Ps 37, 5) Renonce à la colère et à l'aigreur.»(Ps 37, 8)

     

        Et en effet Dieu va venir rencontrer Élie... À sa plainte enfantine, l'ange répond avec compassion.

     

    Élie
      « Seigneur, la nuit tombe autour de moi, ne reste pas éloigné ! 
    (Ps 22, 12-20) Ne me dissimule pas ta face... (Ps 27, 9) Mon âme a soif de toi comme une terre desséchée. » (Ps 63, 2)

     L’ange
         «  Allez, sors et monte sur la montagne devant le Seigneur, 
    (1R 19, 11) car sa magnificence paraît au-dessus de toi ! (Es 60, 1) Voile ta face, car le Seigneur approche. »(d’ap. Ez 12, 6).

     

        Suit un passage fabuleux qui évoque "le passage du Seigneur", chanté par le chœur.

     

    Le Seigneur passa ; et un vent fort qui déchirait les montagnes et brisait les rochers précéda le Seigneur ! (d’ap. 1R 19, 11-12) 
    Mais le Seigneur n’était pas dans le vent de tempête.
     Le Seigneur passa ; et la terre trembla, et la mer mugit !
    Mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre.
    Et après le tremblement de terre vint un feu !
    Mais le Seigneur n’était pas dans le feu.

    Et après le feu vint un calme, un délicieux bruissement...
    ...Et dans le bruissement s’approchait le Seigneur.

     

         Revigoré, Élie devient alors une torche vivante à travers le monde, puis est emporté hors du monde dans ce qui ressemble à un "char de feu" (chanté par le chœur, ici de 48'10 à 51'10).

     

     Et le Prophète Élie jaillit comme un feu,
    et sa parole brûla comme une torche.
    Il a renversé d’orgueilleux rois.
    (2R 1, 10)
    Il a entendu sur le Mont Sinaï le futur châtiment,
    sur l’Horeb la vengeance.
    (d'ap. Ml 3, 22)
    Et lorsque le Seigneur voulut l’emporter vers le ciel,
    regarde, là arriva un chariot de feu avec des chevaux de feu,
    et dans l’orage il monta au ciel.
    (2R 2, 11)

     

        Ce passage fulgurant m'a inspiré il y a quelques années un dessin que je vous invite à  voir ici.

          Je terminerai sur ce texte radieux chanté par le ténor, extrait en ce qui concerne sa première phrase de l'Évangile selon Matthieu (parole de Jésus). La suite est librement inspirée d'Isaïe (écoutez-le à partir de 51'10 ; il s'enchaîne directement au chœur précédent).

     

       « Alors les Justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père ! (Mt 13, 43) Bonheurs et joies les saisiront. Mais peines et souffrances s’éloigneront d’eux. » (Es 53, 10)

      

    La Transfiguration de Jésus

       

         PS : Pour ceux que la découverte d'Elias intéresserait, je conseille particulièrement l'exécution en concert du 27 juin 2014 en la Basilique Saint-Denis sur youtube ici ; chaque partie faisant 1h05, la seconde commence exactement à 1h05 du début. Cette interprétation est remarquable.

     

     


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    Le Prophète-Martine Maillard

     

     

     


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  •     Le Tarot de Rajneesh, composé par le célèbre instructeur Zen avant le Tarot d'Osho (ou Tarot Zen), n'est plus guère répandu mais cependant fort intéressant. 

           Chacune de ses 60 cartes propose une méditation sur un thème de travail sur soi, représenté par un dessin généralement très expressif, et qui illustre chaque fois une petite histoire relatée dans le livret d'accompagnement, qui peut être tirée de toutes les sources d'enseignement spirituel qu'elles soient orientales ou occidentales : ainsi l’Évangile est souvent cité, à côté de récits tirés de la vie de Bouddha ou d'évocations des faits de grands mystiques de toutes confessions.

     

        La carte n° 29 (chiffre d'une grande puissance spirituelle en numérologie) évoque la Gratitude. Voici l'histoire qu'elle recèle :

    «  Rengetsu est une des rares femmes à avoir atteint l'Éveil par le zen. Un jour au début du printemps, elle se mit en route pour effectuer un pèlerinage. Le soir elle arriva dans un village, mais comme le soleil était déjà couché, personne n'accepta de l'héberger. C'était sans doute un village bouddhiste traditionnel. 

          Rengetsu, chassée de la localité, se retrouva en rase campagne. Il faisait froid et elle avait faim. Blottie au pied d'un cerisier, elle finit par somnoler.

           Vers minuit, quelque chose d'indéfinissable lui fit ouvrir les yeux. Dans la clarté brumeuse de la lune, elle vit le cerisier se couvrir de fleurs. Bouleversée, Rengetsu se leva et s'inclina en direction du village :

    "Parce que vous avez eu la bonté
      de ne pas m'héberger,
      je me suis trouvée sous les fleurs
      en cette nuit de lune voilée."

        Le cœur plein de gratitude, elle rendit hommage au village dont les habitants lui avaient permis de vivre cette merveille : l'épanouissement du cerisier, la vibration de la lune, le grand silence de la nuit. 

          Rengetsu était sans rancune. Elle accepta la situation et bien davantage : elle l'accueillit et se sentit pleine de reconnaissance.

     

    La Gratitude

     

           La vie est sans limite. À tout moment elle vous apporte des milliers de cadeaux. Mais, perdu dans vos désirs, aveuglés par les exigences et les opinions de votre mental, vous ne les voyez pas ou les refusez.

          L'être humain devient un bouddha le jour où il accepte avec gratitude tout ce que la vie lui apporte. 

    Message 

       Quand votre coeur déborde de gratitude, les portes qui semblaient fermées vous livrent le passage vers des bienfaits de plus en plus grands. 

     

           Cette dernière phrase est sans doute la plus importante. Rester fermé sur ses revendications et rancœurs conduit au dessèchement du cœur qui ne ressent plus que froid et tristesse. Par contre, exprimer la gratitude lui permet de s'ouvrir et c'est cette ouverture qui offre le passage à d'autres bénédictions.

          On trouve parfois ce principe exprimé sous cette forme : "c'est en donnant que l'on reçoit". En fait il s'agit du même processus : pour donner de l'amour, le cœur s'ouvre, ce qui lui permet d'en recevoir.

     

      


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        Aujourd'hui je vous donne le choix de la musique à écouter. Et comme vous le verrez, entre les deux mon cœur balance...

           - Soit une musique fraîche et douce de Bach (elle danse dans ma tête depuis un moment !)

        - Soit une musique sombre et impressionnante de Wagner (qui m'est venue à l'esprit aujourd'hui).    

     

              Je le sens déjà, vous allez me dire : 

        « C'est tout choisi, ce sera Bach ! » 

         Oui, Bach, en allemand le ruisseau, la Source qui coule seule ! Mais que ferez-vous du Rhin (du grec rheïn  qui veut dire couler, avec un clin d'oeil à l'adjectif allemand rein qui veut dire pur), du fleuve cosmique qui à la fin du Crépuscule des Dieux reprend ses droits ?

         De Jean-Sébastien Bach, je voudrais vous faire découvrir, si vous ne le connaissez pas déjà, le ravissant petit duo qui figure en seconde position de sa cantate BWV 78 pour le 14e dimanche après la Trinité, et qui commence par ce chœur : "Jésus, toi qui par ta mort amère a tiré mon âme de l'abîme ténébreux du démon" (voir ici tout le texte, il figure en allemand et est traduit en anglais en vis-à-vis : c'est bien pratique !).

        Il est si mignon que je cherchais au départ un chœur d'enfants ; mais non, il s'agit simplement d'un duo entre une soprano et une contralto (remplacée par une haute-contre dans l'enregistrement ci-dessous), dont les propos enfantins et attendrissants sont ici particulièrement bien rendus (alors que l'auteur de la vidéo, un espagnol, ignore quels sont les interprètes !).

     

     

        Je vous en donne ici les paroles avec une traduction française, afin que vous puissiez apprécier le "rendu" musical :
     

    Wir eilen mit schwachen, doch emsigen Schritten,       
    O Jesu, o Meister, zu helfen zu dir.
    Du suchest die Kranken und Irrenden treulich.
    Ach höre, wie wir
    Die Stimmen erheben, um Hülfe zu bitten!
    Es sei uns dein gnädiges Antlitz erfreulich!

    Nous nous hâtons avec des pas chancelants, mais pressés,
    Ô Jésus, ô Maître, pour te demander de l'aide.
    Tu cherches fidèlement les malades et les égarés.
    Ah ! Entends comme nous,
    Nous élevons nos voix pour te prier de nous aider !
    Que ton visage compatissant nous réconforte !

     

         Quand on entend cette charmante musique, on pense vraiment à ces petits enfants que Jésus aimait à voir autour de lui (les pas ne sont-ils pas "chancelants, mais pressés" comme ceux des tout-petits qui savent à peine marcher ?) ; mais elle n'est pas non plus sans me rappeler la lame n°5 du tarot de Marseille, intitulée Le Pape, et qui montre un pontife (et pourquoi pas un Maître, comme est également appelé Jésus dans le passage ci-dessus) bénissant deux suppliants agenouillés à ses pieds : des petits enfants... ?

     

    Marseille-V-Le Pape

     

    *  *  * 

     

        Après ce sourire enfantin, évoquer Wagner ne semble pas une bonne idée. Ce serait comme d'osciller entre l'aurore et le crépuscule...

          En effet, beaucoup des personnes que je rencontre craignent Wagner. Il serait "trop" envahissant.
       Ceci ne fait aucun doute, car Wagner n'a jamais composé de musique de passe-temps - du genre que l'on peut écouter, vous savez, en fond sonore dans les supermarchés... Wagner n'évoque qu'une seule idée, toujours la même : le drame humain ! L'arrière-plan de son oeuvre est toujours philosophique et ses opéras, dont il écrit lui-même les livrets, ne sont que des allégories, des méditations, des légendes à double sens, des paraboles dont on n'a jamais fini de démêler les sous-entendus cachés. À demi-oniriques, ils réclament une "atmosphère spéciale" pour être exécutés, l'obscurité d'une salle entièrement orientée vers le spectacle proposé tandis que l'orchestre est caché dans une fosse quasi fermée (= le Festspielhaus de Bayreuth). Autant dire que, véritables joyaux pour l'école jungienne, ils sont la démonstration même que toute la vie n'est qu'un long rêve... dont les légendes dévident peu à peu le fil conducteur afin de conduire à l'éveil.  

         Venons-en au fait. Fin du "Crépuscule des dieux"...

          J'ai toujours été étonnée du fait que dans la mythologie nordique les dieux puissent mourir ! C'est pourquoi sans doute certains dessinateurs puis cinéastes contemporains en ont fait de simples extraterrestres. Pourtant, d'un certain point de vue la chose apparaît comme prémonitoire...

     

    Brünnhilde

     

         Si le cosmos évoqué dans le mythe wagnérien de la Tétralogie représente la conscience humaine, le dieu créateur et volontaire qui en tire les ficelles est sans nul doute Wotan.

          Or il est remarquable de constater qu'il a lui-même dessiné sa propre fin par les êtres qu'il a engendrés... Siegmund et Sieglinde, un couple humain frère-soeur évoquant le couple animus-anima* qui est voué à la mort mais a réussi à engendrer un fils, le Libérateur Siegfried ; et une fille guerrière parmi ces petites déesses à cheval, la Walkyrie Brünnhilde, qui en s'associant avec cet enfant des hommes signera sa perte !

      Si la génération des "Sieg-" (racine signifiant victoire) représente l'incarnation terrestre, les Walkyries par contre, exécutrices des ordres du dieu, sont manifestement des pensées, parmi lesquelles Brünnhilde, différente parce que "la plus pure", est donc celle qui trouvera la faille dans le comportement de son père et le mènera à sa perte.

     

     

     " Je sais tout aujourd'hui
     Aujourd'hui j'ai tout compris"

      Voici précisément le passage qui m'est revenu en mémoire aujourd'hui : lui renvoyant ses "corbeaux", qui sont les émissaires de sa volonté, elle lui intime de s'endormir du sommeil de la mort...

    « Repose ! Repose ! Ô Dieu...»

        Wotan, ici, représente l'ego ; l'ego qui organise son monde à sa façon mais qui, lorsque la Pensée Pure a rencontré l'Amour, doit disparaître au profit de Celui-ci.

     

     

          Dans ce passage justement célèbre, Brünnhilde, après avoir rendu au fleuve primordial "Rhin" l'anneau fatidique (là interviennent toutes sortes d'éléments légendaires que je laisse de côté mais qui rappellent que l'OR est une donnée alchimique spirituelle et non matérielle**), pousse son cheval qui hennit joyeusement, et se jette dans le bûcher allumé sur le corps de Siegfried, son Amour.

           En d'autres termes la Pensée Pure se dissout dans le feu de l'Amour absolu ...
    (Siegfried signifie mot à mot Victoire de la Paix).


          Je vous fais grâce maintenant des dernières mesures, car je ne souhaite pas insérer les vidéos de youtube, qui ne sont pas coupées comme j'aimerais et imposent des images inutiles ; et quant à l'enregistrement que je possède, dirigé à Bayreuth en 1991 par Daniel Barenboïm avec Anne Evans en Brünnhilde, il n'est pas forcément le meilleur.  

          Mais sachez-en du moins ceci : dès que l'ordre est revenu dans le cosmos apaisé par le retour de l'or à sa juste place, les flammes dévorent tout, y compris les demeures des dieux qui s'effondrent.

        Quel règne alors sur un univers entièrement vidé de toute trace personnelle (d'hommes, de géants, de nains ou de dieux) ?

             Seul demeure l'Amour, qu'exaltent les dernières phrases musicales, comme toujours chez Wagner.
          Wagner était un grand mystique... 

     


     * La dualité engendrée par l'ego ? qui elle-même dans l'amour crée l'harmonisation des contraires, germe du Soi ?) 
    ** Quand les Filles du Rhin clament par trois fois, pour pleurer l'or volé : "Rheingold, Rheingold, Rheingold ! ", on pourrait tout autant comprendre : "Or pur, Or pur, Or pur !" (reines gold - au sens de non souillé, clair, transparent).

     


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  • Ô Toi dans la Lumière

     

     

    Ô Miracle incarné
    Ô Merveille des Merveilles

    Je voudrais Te chanter
    Mais je ne suis qu’un gong qui sonne
    Une cymbale qui retentit


    Je ne sais pas parler
    Je ne sais pas écrire


    Toi seul écris
    Toi seul chantes


    Toi seul graves à travers moi
    Les mots qui Te conviennent


     Toi seul soulèves la boue de mes paupières
    Et me révèles Ta splendeur


    Que Ton Nom règne à jamais
    Sur mes lèvres muettes


     

     


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